_
Il est des moments où le football s'imprègne d'éléments inexplicable voire surnaturels. C'est ce qui s'est passé durant la rencontre entre le Brésil et l'Allemagne avec cette incroyable défaite des auriverde. Sept buts à un ! Une fessée. Un carnage. Comment expliquer l'inexplicable ? Comment trouver une logique à tout cela au-delà du beau jeu et efficace pratiqué par les Allemands ?
On parlera pendant longtemps de la faiblesse psychologique des Brésiliens. De leur émotivité exacerbée, de la pression populaire qui s'est exercée sur les joueurs, de leurs larmes pendant les hymnes. Dès le départ, lors du match contre la Croatie, on a senti que cette équipe n'était pas un grand Brésil. Exception faite d'un attaquant hors pair, Neymar, et d'une charnière centrale solide, on avait la sensation de voir évoluer une vulgaire équipe européenne de deuxième division.
On parlera aussi de la tactique frileuse imposée par Scolari à l'image d'un Oscar interdit de franchir la ligne médiane lors du quart de finale contre la Colombie. On parlera encore et encore de Fred et de Hulk, deux joueurs qui n'ont rien de brésilien et dont on se demande ce qu'ils faisaient dans cette équipe. On pourra même regretter certaines absences : Coutinho, Lucas et même Ronaldinho sans oublier Kaka. De même, on se demande pourquoi Maxwell n'est pas entré sur le terrain au moment où il était évident que Marcello avait du mal à tenir son couloir.
Mais une chose est certaine. Les joueurs brésiliens ne sont plus ce qu'ils étaient. Le football brésilien a changé. Il a muté. Et la mondialisation en est responsable. Il fut un temps où les joueurs brésiliens ne partaient en Europe qu'à l'âge mûr, après avoir gagné leurs galons chez eux. On pense notamment à Falcao, Zico ou même Socrates sans oublier le roi Pelé qui n'est allé au Cosmos de New York qu'avec le statut de semi-retraité.
Aujourd'hui, les joueurs brésiliens partent très jeunes. Arrivés en Europe, ils perdent de leur spontanéité, s'obligent à lisser leur jeu, à renoncer à la fantaisie et au romantisme qui font le beau jeu. Avec ses contrats mirobolants et son industrie des transferts, la mondialisation tend à uniformiser le jeu dans le sens voulu par les clubs les plus riches, comprendre les Européens. C'est à cela que devraient réfléchir les responsables du football brésilien. Mais une chose est certaine : la défaite du Brésil face à l'Allemagne est peut-être le signe que le beau jeu auriverde n'est rien d'autre qu'un souvenir du XXème siècle. En matière de football, le XXIème siècle a commencé au stade de Bello Horizonte.
_
Blog au fil des jours, quand la chose et l'écriture sont possibles.
Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
Affichage des articles dont le libellé est Coupe du monde 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coupe du monde 2014. Afficher tous les articles
mardi 8 juillet 2014
vendredi 4 juillet 2014
dimanche 22 juin 2014
Jeu à l'algérienne et stress
_
HuffPost Maghreb | Par Akram Belkaïd
Publication: 22/06/2014 23h52 CEST | Mis à jour: 22/06/2014 23h52 CEST
A l'Algérienne, dans la douleur et le stress | twitter.com/fifaworldcup_fr
Il y a des matchs qui vous en rappellent d’autres et font soudain remonter à la surface des souvenirs mitigés. En suivant la rencontre entre l’Algérie et la Corée du Sud, je n’ai pas pu m’empêcher de revenir à un certain Algérie-Chili (3-2) lors de la Coupe du monde en Espagne (24 juin 1982).
Que s’était-il passé ? A la mi-temps, les Verts menaient par trois buts à zéro, tout comme en ce dimanche 22 juin 2014. Joie intense donc mais petite inquiétude avec cette question insidieuse : vont-ils tenir le résultat ou, plutôt, vont-ils savoir tenir le résultat.
En Espagne, le Chili a failli arracher le nul en marquant deux buts à l’EN. Deux buts qui, au final, ont pesé lourd dans le goal-average et ont ouvert la voie à ce fameux match arrangé entre l’Allemagne et l’Autriche qui a éliminé l’Algérie.
On comprendra donc l’inquiétude éprouvée quand la Corée est revenue à 3 buts à 1 puis à 4 buts à 2. Je voyais poindre le scénario catastrophe. Un nul ou même pire, une défaite sur le fil avec son lot de regrets, de soupirs et de mises en causes.
A l’Algérienne
Mais le plus important est que ce match a démontré que le " jeu à l’algérienne " existe. Nous l’avons vu se déployer en première mi-temps et en quelques occasions lors de la seconde. Passes courtes, déviations, jeu en avant, positionnement entre les lignes avec un extraordinaire trio Feghouli – Slimani – Brahimi. On attend désormais la suite contre la Russie. Avec impatience.
_
Que s’était-il passé ? A la mi-temps, les Verts menaient par trois buts à zéro, tout comme en ce dimanche 22 juin 2014. Joie intense donc mais petite inquiétude avec cette question insidieuse : vont-ils tenir le résultat ou, plutôt, vont-ils savoir tenir le résultat.
En Espagne, le Chili a failli arracher le nul en marquant deux buts à l’EN. Deux buts qui, au final, ont pesé lourd dans le goal-average et ont ouvert la voie à ce fameux match arrangé entre l’Allemagne et l’Autriche qui a éliminé l’Algérie.
On comprendra donc l’inquiétude éprouvée quand la Corée est revenue à 3 buts à 1 puis à 4 buts à 2. Je voyais poindre le scénario catastrophe. Un nul ou même pire, une défaite sur le fil avec son lot de regrets, de soupirs et de mises en causes.
A l’Algérienne
Finalement, l’Algérie a gagné malgré le fait qu’elle a reculé en deuxième mi-temps. Mais, regardons les choses en face. C’est un peu la marque de fabrique de cette équipe algérienne que de gagner dans la douleur et le stress. Cela fait au moins quatre ans que ça dure et il va peut-être falloir s’y habituer.En tous les cas, l’auteur de ces lignes fait partie de ceux qui préfèrent gagner par 4-2 que par un terne 1-0 mais chacun sa philosophie…
Mais le plus important est que ce match a démontré que le " jeu à l’algérienne " existe. Nous l’avons vu se déployer en première mi-temps et en quelques occasions lors de la seconde. Passes courtes, déviations, jeu en avant, positionnement entre les lignes avec un extraordinaire trio Feghouli – Slimani – Brahimi. On attend désormais la suite contre la Russie. Avec impatience.
_
Inscription à :
Commentaires (Atom)
