jeudi 27 novembre 2008

Une mère

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Il y a deux jours, une courte séquence du JT du soir de France 2 m’a donné l’impression que le temps s'était soudainement suspendu. Il s’agissait d’une mère de famille condamnée par un cancer généralisé. S’attendant à une mort prochaine, imminente, elle a entamé des démarches pour que ses quatre enfants – qu’elle élève seule – ne soient pas séparés après son départ.

Dans ce reportage, plusieurs images et paroles étaient difficilement soutenables. Il y avait d’abord ce ton monocorde de la mère, mélange de résignation et de force tranquille : une tristesse grave à peine masquée par l’absence apparente d’émotion, de ce pathos si chèr à la télévision. Il y a eu ensuite sa fille de onze ans qui raisonnait sur la mort prochaine de sa mère, un gros bol, de lait ou de chocolat, dans les mains, comme si elle évoquait un simple départ en vacances.

Mais qui donc a eu l'idée d'interroger cette gamine ? La télévision, on le sait, est parfois voyeuse, brutale, son immixtion dans la vie privée des gens est insupportable mais je veux bien admettre que cette mère avait besoin d’une telle médiatisation pour que sa volonté soit respectée.

Je suis resté saisi par ce sujet et quand, après une courte mine de circonstance, David Pujadas a lancé le suivant (un gilet gonflable pour survivre aux avalanches), me yeux ne voyaient que cette pauvre maman. Immobile, muet, je me suis alors demandé si les promesses faites seraient tenues.

Cinq petits doigts

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Dans le métro. Ligne 13, dans sa partie nord, bien au-delà de la station La Fourche, là où se modifie de manière définitive la physionomie des chargements de voyageurs. Un changement qui a débuté à Saint-Lazare, presque sans crier gare… Dans la rame, nous sommes tous ou presque enfants, ou enfants d’enfants, du sud. Petits cadres, prolos, clandos et quelques inévitables clodos.

Il y a foule. Il n’est pourtant que quatorze heures. Cohue, promiscuité, soupirs silencieux et mines résignées. J’ai la chance d’être assis : banquette, côté allée, sens de la marche et nez obstinément plongé dans un livre, marqueur vert à la main. Attention, je suis en train de lire, prière de ne pas déranger. Je suis le liseur qui refuse de croiser les regards, de détailler les attitudes ou de happer quelques expressions. Je jette bien quelques coups d’oeils de routine, mais je veux ignorer ce qui se passe autour de moi. Ce confinement m’exaspère. J’ai perdu l’habitude, cela fait des mois que je vélibe.

J’en suis à la page 12 quand j’entends le début de la complainte : « s’iiil vous playe, donner argent pour li manger di bébé. » La femme, foulard noué sur la tête, nourrisson collé au dos, s’arrête tous les deux pas. Des pièces tintent dans sa main tendue, une manière de nous dire, de nous convaincre, que l’argent ne peut qu’appeler l’argent. Derrière elle, suit une gamine qui répète « siouplé », baskets usées aux pieds. Et puis, soudain, une petite menotte s’interpose entre mes yeux et la page 13.

Ah, ces petits doigts, cette paume creusée qui tremble un peu… C’est mon fils qui me quémande un ou deux carrés de chocolat ; c’est ma fille qui veut m’arracher un quart de mandarine. Cinq petits doigts qui n’ont pas insisté mais qui m’ont fait refermer mon livre pour revenir à la réalité.

mercredi 5 novembre 2008

Bienheureux le peuple d'Amérique

Bienheureux le peuple d’Amérique qui vient d’élire un jeune président, afro-américain de surcroît, n’appartenant à aucune coterie, texane, militaire, new-yorkaise ou de la côte Est. Bienheureux ces électeurs qui ont décidé, pacifiquement, que l’heure de l’alternance avait sonné. Ah, quel beau mot que l’alternance. Il est le corollaire de la démocratie, il signifie l’impossibilité des présidences à vie ou de l’installation de dynasties (la première victoire d’Obama a été d’empêcher la naissance d’une dynastie Clinton). Avec l’alternance, pas de « Djoumloukya », ce mélange impur de république et de pouvoir héréditaire qui empoisonne le monde arabe.

Bienheureux le peuple d’Amérique qui vient d’inspirer un grand bol d’oxygène en renouant avec la politique. De longues files, des gens qui continuent à voter alors que le résultat national est connu, des jeunes qui ont voté en masse, des volontaires qui ont arpenté villes et campagnes pour appeler à voter. Alors oui, il y a bien eu ces centaines de milliards de dollars de dépensés pour ce scrutin mais quelle énergie, quel engagement, quel pays !

Tout cela va profiter à l’Amérique. Des énergies nouvelles vont accourir vers elle. Des rêves en feront leurs sujets principaux. Son nouveau président n’aura aucun mal à améliorer son image, et à redorer son prestige. Bienheureux le peuple d’Amérique qui vient de nous montrer qu’il ne fallait pas désespérer de lui et que, peut-être, regrette-t-il ces huit dernières années.

Quant à nous, pauvre de nous, Maghrébins, Arabes du Proche-Orient et du Golfe, Africains sub-sahariens, nous allons continuer à vivre au rythme des présidents à vie, des roitelets inconsistants, des constitutions rapiécées et des discours creux et ronflants sur le temps qu’il faut donner à la démocratie.

Il ne nous reste plus qu’à vivre cette alternance par procuration et à souhaiter le meilleur pour Obama et son peuple. Ils le méritent.

vendredi 16 mai 2008

Sarkozy "écoute les Français"...

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Le jour de la grève des enseignants, le président Sarkozy annonce qu'une loi imposera l'accueil obligatoire des élèves en cas de grève. Joli coup politique qui a l'avantage de faire passer les problèmes de l'Education nationale au second plan et qui met la gauche en porte-à-faux vis-à-vis de l'opinion publique. C'est d'ailleurs cette dernière que l'époux de Carla met en avant pour justifier sa décision et contester qu'il s'agisse d'une limitation du droit de grève. "C'est ce que veulent les Français", affirme-t-il. A raison, puisqu'ils seraient 80% à réclamer que l'on accueille leurs enfants en cas d'arrêt de travail des enseignants. Mais à suivre ce raisonnement, il faudrait que Sarkozy s'en aille puisqu'une majorité de Français se déclarent insatisfaits de son action...

Le mépris de Sarkozy pour les enseignants est-il lié à ce que furent ses résultats scolaires, c'est-à-dire bien peu reluisants ? Possible. Très possible...

jeudi 15 mai 2008

ça tape dur contre les fonctionnaires - OGM : la belle démocratie que voilà

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Le Figaro tape sur les enseignants…


Aujourd’hui, jour de grève des fonctionnaires, notamment des enseignants. Soutien total de ma modeste personne. La haine de l’enseignant qui taraude nombre de personnalités politiques de droite est inadmissible. Que penser lorsqu’on lit une manchette telle que « Darcos veut remettre au travail les 23.000 profs sans élèves ». Les pauvres gars qui passent d’un remplacement à un autre vont être ravis. Les voilà qualifiés de glandeurs de première. Quel est l’auteur de cette une insultante ? Le Figaro. Quelle surprise…


… Sylvestre joue toujours sa petite musique…

Ce matin, sur France Inter, quelques phrases happées au passage, celles d’un journaliste économique qui ne cesse de cracher son fiel sur les fonctionnaires, les 35 heures et tout ce qui ressemble de près ou de loin à un service public. Ce matin, donc, la logorrhée de ce triste individu reprenait l’antienne de « l’économie française qui n’en peut plus du coût de sa fonction publique ». En clair, Jean-Marc Sylvestre, puisque c’est de lui qu’il s’agit, souhaite que les têtes tombent et en appelle à ces dégraissages qui constituent la première des nombreuses lois néolibérales.

Soyons clairs, Sylvestre peut raconter toutes les bêtises qu’il souhaite à l’antenne mais ce qui est étonnant, surtout lorsque l’on sait que France Inter est une radio du service public, c’est le mandat dont il dispose. Certes, une fois par semaine, l’économiste Bernard Marris lui porte la contradiction mais le débat entre eux emprunte souvent le chemin de la caricature et, j’en conviens, Marris n’est pas toujours convaincant au grand dam des partisans d’une économie plus sociale et moins cupide. Question : pourquoi n’existe-t-il pas de chronique économique dévolue à un journaliste de la rédaction de France Inter ? Il ne s’agit pas de chasser l’affreux Sylvestre mais simplement de contrebalancer son parti-pris.

… et la démocratie française se porte bien !

L’Assemblée a eu beau voter une motion de procédure contre le projet de loi sur les OGM, et cela avec le soutien volontaire de nombre de députés de l’UMP, le gouvernement a passé outre en demandant la réunion de toute urgence de la commission mixte paritaire. C’est ainsi que la loi sera tout de même présentée en séance plénière à la fin du mois et, cerise sur le gâteau, sans possibilité de nouveaux amendements à l’exception de ceux que le gouvernement pourrait présenter. Mais quelles sont ces émanations putrides qui nous font boucher nos nez ? Cela sent le bon lobbying…

vendredi 14 mars 2008

Municipales

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Lu dans la brochure de Philippe Herlin candidat du Front national pour le 15ème arrondissement de Paris :

- "Non à l'immigration et à la tiers-mondisation de quartiers entiers : Je supprimerai toutes les aides aux associations immigrationnistes. Les sans-papiers n'auront pas leur place dans le 15°".
- "Non aux tours : les tours vont défigurer Paris et attirer l'immigration. Stop."

et dans la rubrique "qui suis-je ?" :

"Auteurs favoris : Maurice G. Dantec, Alain Finkelkraut, George Steiner"

Je ne ferai aucun commentaire.

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vendredi 15 février 2008

Encore le n'importe quoi !

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De retour du Golfe.

On part quelques jours et l'on retrouve une situation pire que la précédente.

Sarko, ça va ou bien ? C'est pas fini tous ces délires à deux balles ?

Faut grandir un peu ! On dirait un ado qui s'amuse à faire enrager son entourage.