Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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lundi 4 mars 2013

De l'anti-arabisme primaire...

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Ils lisent le titre du livre mais sans lire le livre. Ils voient le mot arabe, alors leur sang ne fait qu’un tour et ils m'insultent et me calomnient ; Ils se disent encore un ennemi des Berbères ! Encore un traître à la cause Amazigh, un « arabiste », un « islamo-arabiste », un que sais-je encore… Pauvres tarés. Sont-ils bêtes et rustres. Sont-ils aussi fainéants. Ils pourraient lire. Faire un petit effort. Prendre le temps de savoir ce qui y est écrit. Mais, malheureusement, ce n’est pas le cas. La tchaqlala est, pour eux, une manière d’être. Pourtant l’Avant-propos d’Etre Arabe Aujourd’hui est disponible sur Internet. Gratuitement.
Extrait :

« Je suis arabe mais je suis aussi berbère, comme l’est la grande majorité des habitants du Maghreb central. Si je le précise, c’est que j’ai bien conscience que la revendication d’appartenance au monde arabe est délicate dans un contexte où la question de l’identité algérienne, voire maghrébine (car cette question se pose aussi pour les Marocains), est loin d’être réglée en raison de l’antagonisme entre arabophones et berbérophones. Être berbéro-arabe – puisque telle est à mon sens la définition la plus juste de l’identité algérienne – et revendiquer sa propre part d’amazighité (l’identité berbère) ne m’empêche pas de me réclamer aussi d’un monde qui va du Maroc au sultanat d’Oman et dont l’héritage culturel et religieux mais aussi politique est d’une richesse immense. » (*)

Mais, peut-être est-ce le fait de refuser d’abonder dans le sens de celles et ceux qui aimeraient bien voir une partie de l’Algérie se détacher du reste du pays qui me vaut tant d'attaques anonymes et calomnieuses. Mon refus de voir une région d'Algérie devenir indépendante par la grâce d’aventuriers qui font insulte à leur peuple en fricotant avec les ennemis des Palestiniens en pensant  - naïfs qu'ils sont - que c’est ainsi qu’ils arriveront à leurs fins. Peut-être est-ce le fait de me moquer de celles et ceux qui s’inventent une autre nationalité que l’algérienne qui les fait enrager. Ah, hélas... La haine de soi, toujours et encore…

 

 (*) Etre Arabe Aujourd’hui, Avant-propos, page 19.
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samedi 24 novembre 2012

Remise du prix lycéen 2012 du livre de Sciences Economiques et Sociales

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Jeudi 22 novembre à l'ENS Lyon, j'ai reçu le Prix lycéen 2012 du livre de Sciences Economiques et Sociales pour Etre Arabe Aujourd'hui (carnetsnord). Ce fut une rencontre stimulante avec une soixantaine de lycéens. Débats et échanges constructifs mais aussi instructifs pour l'auteur...

Merci à Fabien Meynier, à son collègue Julien, à Afifa Zenati, à Pierre Mercklé, à tous les lycéens ayant participé à ce prix sans oublier et à celles et ceux qui ont participé à cette journée et dont l'accueil a été des plus chaleureux. 

Recevoir un tel prix, venant de lycéens, c'est à dire loin, très loin, des habituelles influences et combines qui entourent la remise d'autres prix, est à la fois un honneur mais aussi une très grande satisfaction. On se dit alors qu'écrire en vaut la peine...

Prix lycéen 2012 du livre de Sciences Economiques et Sociales

Akram Belkaid, Etre Arabe aujourd'hui (2011)


Présentation du prix 2012

Pour sa 11ème édition, le prix lycéen 2012 du livre de Sciences Economiques et Sociales a été attribué au journaliste et essayiste Akram Belkaid[1] pour Etre Arabe aujourd'hui (Ed. Carnets Nord, sept 2011). Cette année, le thème du "printemps arabe" aura focalisé l'intérêt des lycéens. L'ouvrage d'Akram Belkaid, spécialiste du monde arabe, revient sur la genèse de ce mouvement et donne des pistes sur les devenirs possibles de ces pays. Il fait un portrait sans concessions de ce "nouveau" monde arabe, qui doit encore affronter des questions essentielles à sa reconstruction : quelle est désormais la place de l'islamisme dans ces sociétés ? L'économie sera-t-elle un tremplin ou un frein au développement politique ? Un ouvrage qui permet réellement selon les lycéens d'expliquer et de comprendre les événements arabes.
Les votes des lycéens ont aussi classé deux autres ouvrages, Les Chinois à la conquête de l'Afrique, de Jean Jolly, et Les Rémunérations obscènes, de Philippe Steiner. Fidèle à sa tradition, le prix de SES récompense des ouvrages aux profils et aux thèmes divers, abordant des thèmes d'économie ou de sciences sociales contemporains.
Rappelons que ce prix lycéen du livre de Sciences économiques et sociales est décerné par des élèves de classes de premières et terminales ES, qui lisent pendant l'année scolaire, avec l'appui de leurs enseignants, des ouvrages sélectionnés parmi des publications de l'année en cours. Les lycées participants organisent la circulation des ouvrages, l'échange de point de vue, les discussions et les critiques.
Le prix lycéen a connu cette année un nombre de votants et de lycées participants record (60 établissements, soit autant que le prix Goncourt des lycéens !), ce qui confirme 11 ans après sa création l'engouement que peut susciter les ouvrages d'économie et de sociologie auprès des lycéens.
Fabien Meynier, coordinateur national du prix lycéen du livre de Sciences Economiques et Sociales

Le prix lycéen du livre de SES

Le prix lycéen reçoit le parrainage du magazine Alternatives Economiques, du site Lectures.org et de la MGEN. Dix livres parus dans l'année en cours sont proposés par Liens Socio et Alternatives Economiques, et constituent la sélection officielle. Les 10 livres de la sélection sont disponibles à la mi-septembre. Chaque établissement classe, à partir des discussions et des critiques, un trio d'ouvrages en fin d'année scolaire. L'ensemble des classements permet de déterminer l'ouvrage récompensé. La remise officielle du prix à son auteur, en novembre, se fait en présence d'élèves et de la presse économique.
Cette remise aura lieu cette année à Lyon, dans les locaux de l'Ecole Normale Supérieure, le 22 novembre 2012.
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lundi 18 juin 2012

"Etre Arabe Aujourd'hui", obtient le prix lycéen du livre de Sciences Economiques et Sociales

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Le prix lycéen 2012 du livre de Sciences Economiques et Sociales a été attribué à Akram Belkaïd pour "Etre Arabe Aujourd'hui" (éditions carnetsnord, sept 2011)

16 livres parus dans l’année en cours sont proposés par Liens Socio et Alternatives Economiques, 10 sont retenus et constituent la sélection officielle. Les 10 livres de la sélection sont disponibles à la mi septembre et la désignation du lauréat par les lycées participants s'effectue à la mi- mai. Chaque établissement doit organiser la circulation pour lecture, l'échange de points de vue, les discussions, les critiques.

Pour en savoir plus :

- Prix lycéen du livre d'économie et de sciences sociales

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mercredi 21 décembre 2011

Entretien avec Respect Mag

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Akram Belkaïd: «Être arabe aujourd’hui, c’est s’impliquer»

 

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20 DÉCEMBRE, 2011
Par: Hassina Mechaï
Akram Belkaïd, journaliste algérien, spécialiste du monde arabe, est l'auteur d' «Être Arabe Aujourd’hui» paru aux éditions Carnetsnord. Dans cet ouvrage, il revient notamment sur les causes du printemps arabe et la place de l'Islam dans ces sociétés. Interview.
Les révolutions arabes ont semblé être pour vous une heureuse surprise ? Vous dites ne pas les avoir vues venir ?
Il s’agit là d’un sentiment humain de déception répétées, on finit par ne plus y croire. Au début des années 2000, je m’étais déjà enthousiasmé pour le mouvement Kifaya en Égypte* ; j’ai cru que ça serait le début du réveil arabe. Mais ces pouvoirs avaient des capacités importantes de résilience... J’ai continué à observer ces sociétés. Rétrospectivement parlant, ce qui s’est passé en décembre a été préparé par une série d’événements : grèves, émeutes locales, immolations. Je pensais que tout bougerait plus tard.
Des livres comme celui d’Emmanuel Todd et Youssef Courbage, Le rendez-vous des civilisations, en s’appuyant sur des données démographiques objectives, ont pu annoncer l’évolution de ce monde arabe ?
Oui ces deux auteurs ont vu que la transition démographique, la baisse de la fécondité chez les femmes et la hausse du niveau d'alphabétisation créaient les conditions objectives du Printemps arabe. Cependant je reste plus prudent qu’eux, notamment sur leurs prévisions sur l’évolution post islamiste. Je ne suis pas certain qu’on soit définitivement sorti de la tentation islamiste, y compris dans la société tunisienne.
Car le vrai enjeu est l’émergence d’un mouvement de fond, à fois philosophique et politique, de relecture de l’Islam : il nous faut une relecture des textes sacrés à l’aune de la modernité. Historiquement, l’Islam des Lumières a déjà eu lieu dans l’histoire de la pensée musulmane, entre le 9eme et le 12eme siècle : toute une réflexion de savants musulmans décrétant le libre arbitre, la séparation du religieux et du politique. Le monde arabe a donc déjà là un formidable matériau philosophique.
Vous montrez que l’Islam devra être intégré dans cette dynamique nouvelle...
Parce qu’on ne peut nier la réalité sociologique et politique des peuples arabes. L’exemple algérien a montré que la violence éradicatrice n’est pas la solution. Les islamistes ont le soutien d’une partie de la population, on ne peut les écarter du jeu politique. Mais il ne faut pas être naïf. Le mouvement islamiste, même s’il dit s’être amendé, doit être surveillé de près. Je suis dialoguiste, incorporons les dans le jeu politique, même si la tentation radicale existera toujours.
Et puis il y a des éléments qui poussent à l’optimisme, notamment avec l'exemple turc . Ce pays a démontré que des islamistes peuvent gagner des élections sans que rien de grave ne se passe. La Turquie essaye de faire revivre l’influence de l’Empire ottoman. Ce pays a une croissance de 8%, un dynamisme incroyable, il réforme ses institutions et frappe à la porte de l’Europe.
Vous utilisez beaucoup de mots comme hogra (mépris), humiliation, comme si ce printemps arabe était d’abord un formidable appel à la dignité.
Jusque là, la chose la mieux partagée par les peuples arabes était le sentiment d’humiliation ; ce sentiment a fait tomber le mur de la peur et a poussé les gens à réclamer leur droit à la dignité. Désormais les peuples ne vont plus accepter qu’on leur impose la figure du maître absolu et sa famille au pouvoir. C’est d’abord un appel à la Karama, la dignité. D’ailleurs ce sentiment a été longtemps et habilement exploité par les dictateurs arabes, et canalisé contre Israël. Pourtant, ceux qui sont humiliés par Israël sont les Palestiniens, pas le chômeur algérien ou tunisien. Lorsque ces derniers revendiquaient une meilleure vie, on leur disait d’attendre la libération de la Palestine.
Une véritable martyrologie de Bouazizi a été construite après sa mort ? Y a-t-il une mythologie, un story-telling de ce Printemps Arabe ?
Complétement. Une mythologie qui participe de l’histoire de ce mouvement de fond. Il n’en demeure pas moins que le supplice de cet homme par le feu a déclenché un mouvement de protestation nationale, en Tunisie d’abord, et puis dans d’autres pays. C’est un storytelling utile. Et puis, il faut garder à l’esprit l’individu lui-même : quel désespoir fallait-il pour s’immoler par le feu… Certes, il y a eu construction médiatique de ce printemps arabe, des choses demeurent inconnues comme le rôle de l’armée tunisienne ou des think tanks américains. Mais des gens sont bien morts sous les balles, un homme est mort brulé vif. 

Qu’est-ce que ce Printemps arabe dit de l’Occident ?
Il a été saisissant de voir que les gouvernements européens ont présenté ces bouleversements comme des équations liées à l’immigration. Cela a révélé une absence totale de solidarité et une collusion avec des régimes dictatoriaux soutenus à bout de bras au nom de la lutte contre l’islamisme et l’immigration clandestine.
Mais il a été également fascinant de constater qu’un pays aussi influent que la France a été, incapable de voir venir tout cela. La position très pragmatique des États unis tranche nettement ; ainsi le discours d’Obama après le départ de Moubarak restera un grand discours, avec intonations à la Lincoln.
Pourquoi l’Algérie semble-t-elle être un trou noir dans ce printemps arabe ?
Ce n’est pas surprenant. De 1988 à 1990, on a parlé du printemps algérien, lequel a débouché sur une guerre civile de 10 ans qui a fait 200 000 morts. L’Algérie est un pays en confrontation permanente ; mais le système sait gérer cela en maniant la carotte financière. Le débat en Algérie se résume ainsi : soit le régime comprend qu’on est en train vivre une période vitale et accepte une remise en cause ; soit on se prépare à des années plus terribles encore que la décennie noire. Une partie de la jeunesse, née avec les émeutes de 88, n’a rien à perdre. L’étincelle peut venir d’elle.
Pour parler comme Montesquieu, comment peut-on être arabe aujourd’hui ?
En investissant le destin de son pays, en refusant de se complaire dans une posture de victimisation, et en s’impliquant dans une démarche de modernisation religieuse et de remise en cause de tabous, notamment dans la séparation du religieux et du politique. Et surtout, on ne peut être arabe sans s’investir dans la question de la place de femme dans société. N’oublions pas, des femmes voilées ou pas, ont manifesté et ont fait aussi ce printemps arabe.
* De l’arabe « ça suffit ! », ce mouvement d’opposition au gouvernement de Moubarak appelait à une démocratisation du système politique.
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vendredi 9 décembre 2011

De l'islamisme et du Printemps arabe

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Il est étonnant de voir des gens s'étonner (s'affoler ? s'indigner ?) de la victoire des islamistes aux élections (Egypte, Tunisie, Maroc, demain la Libye). Tout cela était prévisible. L'islamisme n'a pas disparu parce qu'il n'a pas été visible lors des premiers temps des révolutions arabes

Extrait d'Etre Arabe Aujourd'hui, page 147 :

« Tergiverser ou louvoyer avec l’islamisme en croyant qu’il finira pas disparaître de sa belle mort politique et idéologique au profit d’une démocratie apaisée et sécularisée risque d’apporter de cruelles désillusions. En réalité, comme me l’a dit un soufi irakien, ‘rien ne se fera en dehors de l’islam’. Que l’on me comprenne bien, il ne s’agit nullement d’un slogan islamiste mais, à l’inverse, l’expression de la conviction qu’il faudra tôt ou tard, pour qu’une démocratie juste s’installe et perdure, que les musulmans acceptent de s’investir dans une nouvelle exégèse des textes coraniques par le biais d’une renaissance de la pensée islamique ».

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mardi 25 octobre 2011

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L'une des idées développées dans mon livre Etre Arabe Aujourd'hui :

En janvier 2011, ceux qui ont décrété le caractère "post-islamiste" des révolutions sont trop vite allés en besogne. L'histoire nous montre, à travers les cas iranien et algérien, que les islamistes ne sont jamais en première ligne pendant les premières heures de la révolution. Ce n'est qu'ensuite qu'ils ramassent la mise...

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