Lignes quotidiennes

Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
Affichage des articles dont le libellé est Paris. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paris. Afficher tous les articles

mardi 14 janvier 2020

La chronique du blédard : Paris, ses grèves, son chaos

_
Le Quotidien d’Oran, jeudi 9 janvier 2020
Akram Belkaïd, Paris

Le désordre s’était un peu calmé pour la période des fêtes (moins de monde), mais, depuis le début de la semaine, la folie générale est de retour. Paris, sans métro et avec très peu de bus (tous bondés) ressemble soudain à une ville du tiers-monde. Au présent chroniqueur, elle offre des réminiscences algéroises, cette ville où, jadis, marcher était souvent la seule solution afin d’éviter les bus transformés en bétaillères – encore fallait-il qu’il y en ait – ou les taxieurs ronchons à qui appartenait la décision de prendre le héleur ou pas.

Certes, on n’est pas à Bombay ou à Calcutta mais un seul métro, train, rer ou tram vous manque, et c’est le chaos urbain. A sept heures trente du matin, heure de convergence entre écoliers, employés, livreurs, les rues ressemblent à un terrain d’affrontement où règne la loi du plus malin, du plus retour, du moins civil, c’est au choix. Ici, c’est une moto qui roule sur le trottoir. La personne qui sort de chez elle et qui manque de se faire renverser proteste, elle reçoit un doigt d’honneur en réponse. Se battre dès potron-jacquet ? Est-ce bien cela la définition de la civilisation. Mais poursuivons notre observation.

Sur le trottoir, toujours, il y a aussi de pauvres et fragiles piétons, tous obligés de faire attention aux motos, on l’a déjà dit, mais aussi aux vélos, aux trottinettes, aux skateboards ainsi qu’à d’autres infections roulantes dont on ne connaît pas le nom mais qui font penser à des culbuto qui penchent dangereusement. Tout se beau monde se frôle, s’invective, ne se fait aucun cadeau, pas d’après vous je vous en prie, il n’y a que des insultes grommelées dans le froid et la fatigue.

Le lecteur éloigné de ces empoignades se demandera pourquoi tous ces mouvants roulants ne sont pas là où il conviendrait qu’ils soient, c’est-à-dire, sur le goudron ou le pavé. C’est que, cher ami, les embouteillages sont partout. Le feu est au rouge mais le gros quatre-quatre passe quand même et, dans son sillage, l’inévitable Uber. A l’intérieur, un visage stressé. L’homme  est pressé, il sait qu’il sera en retard, que son patron ne voudra rien savoir, même s’il dit qu’il est sorti plus tôt de chez lui, dans le gel et la nuit noire. Ça klaxonne, ça slalome, ça insulte les livreurs qui bloquent la rue – on ne pense jamais assez au sang-froid et à la capacité d’endurance qu’exige ce métier dans Paris.

Revenons aux piétons. Il y en a bien plus que d’habitude. C’est normal. Certains, ont du mal à savoir où aller et se repèrent grâce à leur téléphone portable. D’autres, pensent qu’il est tout à fait naturel de consulter leurs messages ou de regarder une vidéo ou les réseaux sociaux tout en marchant. Hé mec, t’es pas seul, tu sais. Les gens qui viennent en face ne te feront pas de cadeaux. Tu vas te prendre des coups d’épaule ou de gros sacs. Tu n’es plus à Paris, tu es à Manhattan, là où la lenteur est interdite tout comme l’arrêt soudain au milieu du flot pour, encore et toujours, regarder son téléphone.

Constatation de terrain. Il y a des gens qui ne savent pas conduire. Ça on le savait (et à ce jeu, contrairement à ce que racontent les mauvaises langues, les femmes ne sont pas pires que les hommes). Mais, la nouveauté, c’est qu’il y a une foule de bipèdes qui ne savent pas marcher. Habitués aux transports en commun, ils n’ont aucun sens du placement, de l’évitement coordonné et des règles tacites qui régissent les transhumances matinales ou vespérales. Madame, pardon de vous le rappeler, mais on marche comme on conduit : à droite. Et on se croise sur sa gauche. Jeunes gens, oui vous, vous voyez bien que le trottoir est encombré, vous ne pouvez pas avancer de front à quatre ou cinq. Oui, le monsieur qui veut vous frapper a tort mais il est un peu énervé par ses continuels gymkhanas.

Parlons encore rapidement du trottoir avant de passer à des choses plus plaisantes. La marche au long cours fait découvrir l’état calamiteux de ces bordures plus ou moins larges. Les obstacles sont partout qui empêchent la progression en ligne droite. Des bacs à plantes transformés en pissotières pour chiens et réceptacles à mégots, des tranchées mal refermées, des bandes de terre boueuse, des gravats, des meubles à punaises abandonnées là dans la nuit, des terrasses qui débordent, des trottinettes fièrement dressées qui attendent leur utilisateur, des poubelles vertes ou jaunes, des scooters garés : il ne manque que l’autobloquant glissant cher aux élus algériens pour compléter le panorama.

Les choses plaisantes, maintenant. Dans un boulevard en côte, droit mais en pente forte, dirait le père la baguette, un boyau étroit est réservé aux deux roues. Attention piéton ne vas pas risquer ta vie en t’y aventurant. Prenons une pause et suivons du regard un vieux cyclo en danseuse, soufflant et ahanant comme une lanterne rouge larguée dans le col de l’Iseran.  Derrière lui, un jeune gars s’agace, lui qui va plus vite, bien plus vite, grâce à son vélo électrique qui lui permet de ne pas pédaler même quand l’inclinaison dépasse les 15%. Le premier fatigue, le second veut passer à n’importe quel prix, d'autant plus qu'il est talonné par deux ou trois trottino-kokonos. Et il arrive ce qui doit arriver. Les deux tombent. Fracas. Ça se relève, et ça s’empoigne. Ouna3tih ! (vas-y, cogne !). Ça prétend sauver la planète mais à la première occasion, ça se castagne. Le spectateur aux mollets brûlants applaudit. Ragaillardi, il est temps pour lui de reprendre sa marche.

Conclusion lapidaire. Les mécaniques bien réglées entretiennent l’illusion. Qu’advienne un dérèglement et, soudain, le vernis saute. Les comportements décrits, on pourrait en citer d’autres, affichent tous le même masque. Celui du « j’ai le droit de mal me comporter et de faire n’importe quoi, parce que la situation l’exige et que seule compte ma pomme ».  Et d’afficher la mine qui va avec : à la fois agressive et hagarde (mekhlou3a, dirait-on en Algérie), comme si la fin du monde était proche. Tiens, à propos, il y a quelques semaines, le présent chroniqueur a visionné la mini-série intitulée « L’Effondrement » qui raconte la fin de notre civilisation. Des comportements humains extrêmes à la croisée du désespoir et de la sauvagerie y sont décrits de manière glaçante. On n’en est pas là, mais la grève prolongée dans les transports publics parisiens est un bien déplaisant révélateur (*).

(*) Cher lecteur, ne va pas voir dans cette dernière remarque une critique de la grève en elle-même. Bien au contraire, le chroniqueur est totalement solidaire.


vendredi 23 novembre 2018

La chronique du blédard : Paris est une jungle

_

-->
Le Quotidien d’Oran, jeudi 15 novembre 2018
Akram Belkaïd, Paris


Tableau 1. Un trottoir. Au beau milieu, une piste cyclable dont la couleur verte est censée avertir le piéton distrait qu’il a intérêt à s’écarter. Oui, mais voilà, les habitudes sont ce qu’elles sont. Il n’y a rien de plus imprévisible qu’un marcheur. Sans crier gare, tout comme Emmanuel Macron, il peut se déporter vers la droite ou vers la gauche. Il peut aussi s’arrêter de manière soudaine parce qu’il doit absolument lire le message électronique qui vient de lui être notifiée sur l’écran de son téléphone dit intelligent. Et le cycliste qui arrive lancé l’ignore ou feint de le faire. Dans sa tête de sauveur de la planète, il considère qu’il est dans son bon droit. Si Anne la mairesse lui a donné une piste cyclable, c’est qu’elle lui appartient. A lui, et à lui seul (ce qui est faux si l’on s’en tient à la loi). Et si un piéton y met les pieds sur cette belle piste, c’est une faute. Alors notre Jalabert en casque et costume – d’autres mettent le gilet fluo -, fonce en hurlant régulièrement des « dégage ! » impérieux.

Tableau 2. Une cohorte de marcheurs qui presse le pas pour embaucher. La station de métro n’est pas loin. Encore un carrefour et on y est. Le feu passe au rouge pour les voitures. On peut y aller. Le réflexe hérité par des décennies de sécurité plus ou moins assurée dans les clous fait qu’on peut foncer sans regarder du côté d’où viennent les voitures. Mais c’est désormais risqué car le cycliste qui sauve la planète se fiche pas mal des feux rouges. Il y va gaiement, se faufile, monte sur le trottoir au besoin. Une dame s’emporte contre un vilain vélocipédiste qui vient de la frôler. Il s’arrête, fait demi-tour, l’air menaçant. Vous avez grillé le feu rouge et vous avez failli me percuter, lui tient tête la dame. Oui, mais je vous ai vue et je ne l’ai pas fait, répond l’autre. La logique imparable, celle de l’abruti. Mais un abruti qui sauve la planète, hein ?

Tableau 3. Autre réflexe qu’il va falloir abandonner. Cela se passe dans une rue à sens unique. C’est certes une (petite) faute, mais on traverse en dehors des clous car aucune voiture, ou aucun de ces dizaines de milliers de scooters qui pullulent dans la ville, n’est à l’horizon. Oui, mais voilà, dans la rue, les cyclistes (qui sauvent la planète) ont désormais le droit de filer à contresens. Et comme c’est un vélo électrique pour feignasses, on ne l’entend pas venir et il manque de nous tamponner. Il nous évite en maugréant. On respire bien fort, on poursuit son chemin avec quelques pensées amicales à destination d’Anne la mairesse qui a autorisé tout ça.

Tableau 4. Droit comme un i, le gars est debout sur sa trottinette, tout fier de lui. Elle file vite sa machine. Normal, elle est électrique. La rue est en pente. On dira que ce zozo qui croit lui aussi qu’il sauve la planète atteint les 20 kilomètres par heure. Que fait-il sur le trottoir à cette vitesse (maximum autorisé 6 km/h) ? Rien d’autre que de rouler là où c’est (encore) autorisé. La chaussée et le couloir de bus lui sont interdits. Alors, il file sur le trottoir et tant pis pour le couple de vieux qu’il effraie en le frôlant. Quelques dizaines de mètres plus tard, il abandonnera l’engin comme on jette une poubelle. Normal, puisqu’il s’agit d’un libre-service. On continue sa marche, un coin de rue, et en revoilà un autre. Ou plutôt, une autre. Une dame, la cinquantaine, toute raide, les mains accrochées au guidon de la trottinette. Madame, est-ce bien raisonnable ? On se pose une autre question : Existe-il créature plus ridicule qu’un trottino-kokono, homme ou femme dévalant une rue pavée sur une trottinette ? Ou sur un gyro, ces deux roues qui donnent des airs de film de science-fiction à la ville ?

Tableau 4. Une avenue de Paris. Un soir de semaine, une plongée dans le Paris des travaux avec ces affreuses barrières métalliques vertes et grises que l’on voit partout. Circulation à l’arrêt ou presque. A droite, le couloir réservé au bus et aux taxis ne sert à absolument rien. Pourquoi ? D’abord, parce que des camionnettes de livraison y sont garées. Tranquille, à l’aise, indifférent au désordre qu’il provoque, le gars, barbu façon Kandahar, débarque ses palettes. Ensuite, à cause des Uber et autres services de ce genre. Belle berline sombre, petit autocollant rouge collé à la lunette arrière, feux de détresse allumés. Le client arrive, portable dans une main, bagage roulant tiré de l’autre. Autour, ça crie, ça insulte. Je ne peux pas m’arrêter ailleurs se justifie le Uber qui a une tête à s’appeler Kouider.

Tableau 5. Comment rouler sur un boulevard où le couloir de bus vous est interdit (surtout, ne pas y aller, des caméras de surveillance veillent et font rentrer le pognon des amendes) ? Comment rouler sur ce même boulevard quand, en son milieu et tous les cinquante mètres, des engins ont creusé des tranchées entourées des fameuses barrières ? Comment rouler sur ce même boulevard quand deux bus, oui deux, se sont percutés au milieu de la chaussée, tous les deux ayant quitté en même temps leur couloir, l’un pour éviter une trottinette (qui continue tranquillement sa route) et l’autre, un automobiliste sorti un peu trop vite de son garage ?

Conclusion. Il faut marcher, dit-on, pour conserver sa santé. D’accord, mais il faut ajouter quelques amendements à cette règle de bon sens. Marcher, oui, mais avec un casque, des genouillères pour les chocs avec les roues des vélos, et avec des chevillières renforcées pour les chocs avec les trottinettes, électriques ou non, les skateboards et les gyros. Des protections, donc. On peut aussi se munir d’une batte de baseball ou d’un gourdin importé de Kabylie. Avec ça, on peut marcher tranquille sur n’importe quelle piste cyclable.
_

samedi 18 novembre 2017

La chronique du blédard : L’heure des sifflets

_
Le Quotidien d’Oran, jeudi 9 novembre 2017
Akram Belkaïd, Paris


Il est dix-sept heures trente. Le parc, ses arbres et ses allées s’enténèbrent. L’humidité se pose sur les bancs écaillés et quelques gouttes de pluie piquent la terre. Il faut choisir ce moment pour s’asseoir et observer, téléphone bien rangé, ou mieux, éteint. Fixer le jet d’eau, avoir la sensation qu’il lave des yeux bien malmenés par les écrans. Passer ensuite à l’arbre, toujours le même, celui qu’on ne cesse de regarder, quelle que soit la saison. Avec l’automne et ses feuilles envolées, les méandres des branches ne sont plus masqués. Pourquoi les troncs sont-ils si droits ? Pourquoi, soudain, se divisent-ils en charpentes, tiges et rameaux tortueux ?

Non loin de la cime, campe un corbeau. Lui et ses pairs colonisent l’endroit depuis quelques années. Réprimer cette pulsion venue du fond de l’enfance qui suggère de prendre un caillou (pas le temps, hélas, de se confectionner une « tire-boulette djlouda (cuirs) carrés », une pomme de pin, une canette abandonnée, que-sais-je, et de viser juste. Le faire, c’est prendre des risques. Les gamins qui viennent de sortir du centre aéré et qui continuent de cavaler ici et là pourraient être tentés de faire de même. Les parents crieraient en fusillant du regard le donneur de mauvais exemple. Mais il n’y a pas que cela.

Contrairement à ce que raconte la fable, le corbac est une bête intelligente et particulièrement rancunière surtout si celui qui lui cherche noise vient du pays des Fennecs. Lancez-lui un objet, il se mettra à croasser, rameutant une nuée de corbins qui vous suivront pendant longtemps. Ces bestioles qui savent faire sauter les couvercles métalliques des poubelles du parc, garderont en tête votre visage. Et si d’aventure l’orage menace et que vous pressez le pas, ils sauront convaincre les éléments de vous rincer jusqu’à l’os avant que vous ne regagniez votre logis. En un mot, ne jamais rien lancer contre un corbeau sauf à l’empêcher définitivement de se plaindre (je plaisante cher monsieur Allain Bougrain-Dubourg. Enfin, presque…).

Regardons ailleurs. Un manège, haut-lieu des plaisirs de la petite enfance. Voitures argentées, camion de pompiers, gros avion aux yeux rieurs. Coup d’œil rapide. Inutile de convoquer les souvenirs. N’offrir aucune chance à la nostalgie mélancolique. Suivons plutôt cette partie de football qui se déroule dans le petit bosquet. Des gamins d’une dizaine d’années, les joues rouges, la technique parfois imprécise, quelques gestes répétés que l’on devine empruntés à telle ou telle star du ballon rond. Là aussi les souvenirs forcent le passage. Parties interminables jusqu’à ce que l’obscurité totale impose le retour à la maison. On commençait par un 6-12 puis le vainqueur acceptait de continuer jusqu’à 18 voire 24 buts. Péripéties… Le gardien qui en a assez de ne pas jouer et qui est le premier à rentrer chez lui. La mère qui descend chercher son fils parce qu’il a des devoirs à faire. Le grand frère qui appelle son cadet pour qu’il rentre mettre la table (rires et moqueries des présents).

Le dernier tour de poneys s’achève. Trois braves bêtes à la robe sombre. Un marmot de quelques mois, fermement tenu par son hipster de père qui ne cesse de répéter ses « très bien », « voilà ! », « il est gentil, le cheval, hein ? ». Faut-il être bien bête pour croire que le gamin comprend quelque chose à ce qui lui arrive. On a envie d’engueuler le barbu précieux, de lui dire qu’il faut attendre, qu’il faut donner le temps au temps. Que c’est bien de se dire qu’un jour on dira à son môme - futur cavalier émérite, car tel semble être le dessein - qu’il faisait déjà du poney à six mois mais que ça n’a aucun intérêt si ce n’est d’énerver celui qui voit passer pareil attelage. Bête comme un hipster nouveau père…

Il fait pratiquement nuit. Un, deux, puis plusieurs : des sifflets fusent ici et là. Horaire d’hiver oblige, les gardiens signifient que l’heure de fermeture approche et qu’il est temps de quitter les lieux. Un vieux couple assis sur un banc fait mine de ne pas entendre. Ils parlent d’une fête de famille qui doit se dérouler l’été prochain. La liste des invités est déjà trop longue. Qui faut-il enlever ? Qui doit-on éviter de prévenir quitte à provoquer colère et rancune ? Un gardien d’approche. La cinquantaine, d’origine antillaise. Rieur, il demande au couple s’il a l’intention de se laisser enfermer dans le parc pour y passer la nuit. La dame lui demande si cela arrive parfois ? Surtout à la belle saison, répond l’autre en sifflant de nouveau. Sur un arbre voisin, un corbeau voisin proteste. Et revoilà cette satanée envie de caillasser le choucas. Dans l’obscurité, on ne sait jamais, il ne verrait pas le coup venir et encore moins son auteur.


C’est donc l’heure des sifflets. Un signe marquant l’identité de la ville, comme la sirène que l’on entend à midi chaque premier mercredi du mois. C’est surtout l’un de ces moments à part du quotidien. Quand vient la saison des jours déclinants, cela crée une ambiance fugitive où chacun se sent appelé à rentrer chez soi. A quitter l’obscurité et le froid pour la lumière et la douceur des pièces chauffées. Pour celles et ceux qui n’ont nulle part où aller, c’est un instant de grande solitude et de désarroi. C’est le moment où l’absence de lumière révèle et distingue.
_