Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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mercredi 19 juillet 2017

« Le Caire Confidentiel », ou les abîmes de l’Égypte

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Horizons arabes (Les blogs du "Diplo")
Akram Belkaïd, 17 juillet 2017



© Port au Prince Pictures




Une fois n’est pas coutume, il n’y a pas débat ou presque. Disons-le d’emblée, Le Caire Confidentiel, du réalisateur suédo-égyptien Tarik Saleh, est un film noir très réussi (1). En France et à l’étranger, la critique l’a reconnu de manière quasi unanime. C’est peut-être même la première fois qu’une fiction de ce type se déroulant au cœur du monde arabe – en Égypte, en l’occurrence –, et mettant en scène des personnages arabes, atteint une telle dimension universelle. On reviendra sur quelques imperfections de cette œuvre cinématographique qui fera date et sur les questions qu’elle peut poser, mais résumons d’abord l’intrigue.

La suite est à lire ici

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dimanche 14 juin 2015

« Les Terrasses » de Merzak Allouache : chroniques d’une Algérie déglinguée

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Évoquer avec justesse et une rare maîtrise la société algérienne d’après la « décennie noire », c’est le tour de force talentueux réalisé par Merzak Allouache dans Les Terrasses, son dernier film actuellement dans les salles en France.
L’action se déroule dans des terrasses d’Alger au fil des cinq prières quotidiennes. Il n’y a pas d’intrigue unique mais plusieurs personnages qui se croisent, chacun engagé dans sa propre quête, ordinaire ou non, allant vers un destin parfois tragique. Ici, dans la Casbah, c’est une grand-mère qui n’en peut plus d’héberger sa fille folle et son petit-fils démoli par «  Madame Courage  », cette drogue, cocktail de psychotropes divers, qui fait des ravages dans la jeunesse. Là, sur les hauteurs, c’est une équipe de tournage qui, ignorant le danger, entre dans une villa inhabitée pour tourner des plans de la capitale. Pas loin, c’est un homme que l’on torture pour qu’il signe on ne sait quel document.

La suite est à lire ici : "Les Terrasses" de Merzak Allouache : chroniques d'une Algérie déglinguée
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lundi 29 septembre 2014

Bruno Dumont et le cinéma

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L'hebdomadaire L'Express a eu la bonne idée d'interviewer Bruno Dumont, cinéaste discret mais exigeant - certains diront hermétique -, et ancien prof de philo.
Extraits :

L'Express : A quoi sert le cinéma ?
Bruno Dumont : A sortir de la vie. Le cinéma est un art et l'art élargit le spectre de notre pensée. C'est un lieu de réflexion, de méditation, de distraction. Mais il est devenu trop récréatif. L'industrie n'en fait que ça. Ou presque. C'est pourtant un art majeur, dont il faut accepter les épines. Les épines font partie de la rose. Il y a quarante ans, un film de Bergman créait l'événement. Aujourd'hui, il sortirait en salles en faisant moins de bruit. Ce cinéma-là circule davantage dans les festivals, mais a du mal à vivre dans le commerce. (...)

Qu'est-ce qui différencie le cinéma des autres arts ?
Il fait prendre conscience de l'altérité, connaître les autres, les autres pays, les autres mœurs. Il possède une fonction d'apprentissage. C'est un art populaire qui donne une ouverture d'esprit. Il nous fait grandir, apprendre, accepter, comprendre. Le cinéma est le témoin du mystère humain, ce que l'on est. L'art possède une puissance cathartique évidente (...) Je sors meilleur d'un film, parce que j'y ai compris quelque chose de mes instincts (...)

N'est-ce pas très égocentrique de déclarer au monde "voilà ce que j'ai à dire" ?
(...) Le pire des auteurs est celui qui pense au public. Le public vous sera gré, je pense, de votre sincérité. Le désir de plaire, c'est de la démagogie. C'est insupportable. Marcel Proust a toujours dit qu'il écrivait pour lui. C'est la seule façon de dire son respect au public. Les films faits pour le public sont médiocres, parce qu'ils veulent s'adresser à tous. C'est le consensus plat. Et l'industrie fonctionne ainsi.
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Sur sa propre vision de la vie, Bruno Dumont a ces mots : " (...) Je ne crois pas que l'amour soit éternel mais je crois à l'amour. Je crois au miracle de l'instant. Il faut jouir du présent. Mais il faut être conscient et lucide sur la nature de notre existence. Ne pas dire qu'on va changer le monde. La perfection n'existe pas. Le pire, c'est la cohérence. La vérité, c'est le clair-obscur. Et c'est bien. Il faut être joyeux de ça. La vraie nature des êtres, c'est l'ambivalence. Et j'en suis heureux.
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