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Mais quelle terrible histoire...
L'Algérie va-t-elle décréter la mobilisation générale ? Couper les relations diplomatiques avec la France ?
Le président Hollande a donc fait une blagounette à propos de l'Algérie et du ministre de l'intérieur Manuel Valls. « Il en revient sain et sauf » [d'Algérie] a ainsi plaisanté le président français lors d'un discours en l'honneur du soixante-dixième anniversaire du Crif. « C’est déjà beaucoup ! » a-t-il même ajouté dans la bonne humeur générale.
Il n'en fallait pas plus pour que le "nif" algérien se sente offensé et que fusent de partout critiques et indignations quand il ne s'agissait pas d'insultes.
J'ai moi-même partagé la vidéo de ce discours sur les réseaux sociaux mais uniquement parce que j'estimais qu'il était intéressant de connaître la parole présidentielle à propos des relations franco-israéliennes et de découvrir la manière dont François Hollande a fait un éloge plus qu'appuyé au Crif (l'une de mes hypothèses, mais cela est secondaire pour ce qui nous occupe ici, est que ces louanges à propos d'une organisation jadis ouverte et universaliste, portaient en eux une critique implicite par rapport à sa dérive et son alignement actuel sur les positions de la droite, voire de l'extrême-droite israéliennes).
Quant à la plaisanterie... Bof... Comme on dit chez nous, "Koléa n'est pas tombée..."
Celles et ceux qui s'indignent et trépignent feraient mieux de concentrer leur colère et leurs commentaires acerbes sur des sujets bien plus fondamentaux et, hélas, bien plus humiliants.
Il y a bien sûr la perspective d'un quatrième mandat présidentiel de Bouteflika et l'aplat-ventrisme de nombre d'officiels et d'administrations sans oublier une partie de la presse (ah, cette séquence truquée de la télévision algérienne qui visait à nous faire croire que Bouteflika a eu une discussion animée avec le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault). Il y a le gaz de schiste que l'Algérie se prépare à exploiter au mépris de son environnement et de ses réserves aquifères dans le sous-sol saharien. Il y a le terrible état d'un pays en totale régression sociale et culturelle. Il y a une économie qui s'enlise et une corruption endémique.
A côté de cela, une saillie ironique d'un président français à la popularité bien mal en point n'est rien d'autre qu'une insignifiante péripétie.
Si l'on veut se mettre en colère, qu'on le fasse pour des raisons qui en valent la peine, sans s'adonner à ces manifestations nationalo-patriotiques à deux sous. Manifestations chauvines bien utiles pour nous faire oublier que le système algérien est toujours en place et que c'est lui, et lui seul, qui ne cesse de nous offenser et de se moquer de nous.
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