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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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dimanche 1 septembre 2013

A Abou Dhabi, les arts s'ouvrent à l'oecuménisme

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Cet article est paru dans le Fil Expert du site Fait-religieux.com le 10 juillet 2013. Pour  en savoir plus sur les services offerts par ce site : cliquez ici.

Après les polémiques et les procès d'intention le temps est-il venu pour l'apaisement et le consensus autour du projet du Louvre d'Abou Dhabi ? Officiellement lancé en 2007 par le biais d'un accord entre le gouvernement français et celui de l'émirat, le futur musée, d'un coût estimé à 90 millions de dollars, a très vite fait l'objet de critiques virulentes en France. Nombre de personnalités, dont Françoise Cochin, l'ancienne directrice du musée d'Orsay, y ont vu un manquement à l'éthique des musées. Abou Dhabi est en effet capable, de par sa puissance financière, d'acquérir pour son compte, et par le biais des conseils de l'Agence France Museums, des oeuvres convoitées par le Louvre parisien ou d'autres musées français voire occidentaux. Dans le même temps, nombreux ont été les commentateurs qui se sont interrogées, parfois non sans ironie, sur la capacité d'un État musulman, plutôt rigoriste et conservateur, à accepter que n'importe quelle oeuvre soit exposée sur son sol et cela qu'il s'agisse de nus ou de scènes relatives à une autre religion que l'islam.
Un visiteur devant Vénus et Nymphes au bain, de Jean-François Lagrénée. (Photo : AFP/Karim Sahib)

A ce jour, le chantier du musée conçu par l'architecte français Jean Nouvel avance au ralenti et l'inauguration a été repoussée à 2015 en raison des conséquences de la crise financière de 2010 qui a obligé Abou Dhabi à se porter au secours de son voisin Dubaï menacé par une faillite retentissante. Une pause qui n'a pas freiné le rythme des acquisitions pour le futur musée et cela sans que cela ne génère de nouvelles critiques. Selon les officiels émiratis, le Louvre Abou Dhabi disposerait déjà de près de 150 oeuvres sur les 400 prévues pour l'ouverture. Et, pour donner un avant-goût de ce que sera le futur musée, une exposition se tient actuellement sur l'île de Saadiyat (« l'île du bonheur »), dans un site provisoire où sont présentées les ambitions culturelles de l'émirat. En effet, outre le Louvre, le district culturel de Saadiyat accueillera le Guggenheim Abou Dhabi dont l'architecte est Frank Gehry, le musée national Sheikh Zayed consacré à l'histoire des Émirats et confié à Norman Foster, un musée maritime construit par Tadao Ando et enfin un Centre des arts (Performing Art Center) conçu par l'architecte anglo-irakienne Zaha Hadid.

Intitulée « Birth of a Museum », (« naissance d'un musée »), l'exposition qui court jusqu'au 20 juillet se veut une découverte du futur Louvre Abou Dhabi et présente 130 oeuvres acquises depuis 2009. « Son propos, notent ses concepteurs, se construit autour de quelques grandes questions artistiques et esthétiques qui dévoilent d'ores et déjà les principes au coeur de l'identité du Louvre Abu Dhabi : l'universalisme, la mise en regard des témoignages artistiques des grandes civilisations » cela sans oublier « une relecture de l'art singulière et originale ». Ouverte gratuitement au public, l'exposition permet au visiteur d'admirer quelques pièces rares dont le Portrait de Dame de Picasso (1928) ainsi que plusieurs tableaux de Gauguin.

Une ouverture aux autres religions


Mais ce qui attire immédiatement l'attention c'est l'espace dédié au sacré. Au même endroit et sous verre, sont présentées des références aux trois religions monothéistes. Y figure ainsi une section d'un Coran du 13e siècle, un exemplaire du Pentateuque, la Torah, découvert à Sanaa, au Yémen, en 1804, ainsi qu'une petite sculpture en ivoire d'éléphant datant du 14e siècle et représentant une scène de la vie du Christ. Dans la même pièce, sont aussi exposées une sculpture religieuse soninké (1228), une statue en bois du Christ montrant ses plaies (1515) et un Shiva dansant en bronze du X° siècle. « Tout cela peut paraître normal aux yeux d'un visiteur occidental mais pour nous autres émiratis, c'est une révolution silencieuse, confie Ahmed D., un homme d'affaires d'Abou Dabi présent sur les lieux et accompagné de ses deux enfants. C'est la première fois de ma vie que je vois exposé dans mon pays une statue du Christ. Même mes enfants qui vont dans une école privée occidentale sont étonnés. Normalement, une telle représentation est interdite. D'abord, parce qu'il s'agit d'un prophète que l'islam reconnaît. Ensuite, parce que certains affirment que tout ce qui touche aux deux autres religions monothéistes ne doit pas être exposé et je ne vous parle même pas de Shiva que beaucoup de personnes peuvent prendre, par ignorance, pour une divinité antéislamique ! ».

D'autres visiteurs, des Égyptiens installés dans l'émirat depuis plus de vingt ans, s'attardent longuement devant les lettres hébraïques de la Torah. « On est peu habitués à voir cela », confie l'un d'eux. Présent sur place, un spécialiste français du marché de l'art décrypte la philosophie de l'exposition. « C'est pensé de manière éducative. Depuis son ouverture, cette exposition attire beaucoup les écoles de l'émirat. On voit bien qu'il s'agit d'éduquer les enfants à l'existence de l'autre. C'est un pari évident sur un futur plus tolérant à l'égard des autres religions ».

Dans une autre pièce, l'exposition poursuit cette option oecuménique qui reste très rare dans les pays du Golfe. C'est ainsi que les visiteurs peuvent y découvrir La Vierge à l'enfant de Giovanni Bellini, Le Bon Samaritain de Jacob Jordaens, Le voyage de Jacob de Jacopo Bassano, L'évanouissement d'Esther de Jean-François de Troy et, last but not least, Le Christ chassant les mendiants du Temple de Luca Giordano. Autant de signes d'ouverture mais qui amènent à s'interroger sur la manière dont ces oeuvres pourront ou pas être décryptées et restituées dans leur contexte religieux. « Pour aller jusqu'au bout de la démarche, il va falloir que l'émirat investisse en matière d'histoire de l'art à l'école », admet un officiel pour qui le Louvre Abou Dabi sera « une ouverture sur le monde » pour les émiratis et autres ressortissants du Golfe.

Reste la question du nu, notamment féminin, et de la censure qu'il pourrait provoquer. L'exposition en présente un, bien modeste il est vrai. Il s'agit de Vénus et Nymphes au bain de Louis Jean-François Lagrenée. Un chaste postérieur qui attire quelques regards et commentaires amusés des visiteurs. Rien de bien méchant si ce n'est la preuve que, même sur ce sujet, l'émirat d'Abou Dhabi est en train d'évoluer.
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jeudi 25 juillet 2013

Le Golfe par ses mots : Publication dans Le Monde diplomatique d'août 2013

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Le Golfe par ses mots

par Akram Belkaïd, août 2013
              
Aperçu
En avril 2013, lors d’une conférence sur l’énergie organisée à Doha, au Qatar, l’un des intervenants, un officiel qatari, commence et conclut son intervention en anglais — la lingua franca dans le Golfe — en rendant hommage à la « vision éclairée » de son émir. Dans la salle, journalistes et universitaires échangent clins d’œil et sourires entendus. Habitués de ce genre de manifestations, certains ont même parié sur le nombre de fois où serait prononcée l’expression « the vision ». Il faut dire qu’elle est devenue omniprésente dans toutes les monarchies pétrolières ou gazières du golfe Arabo-Persique. Que ce soit lors d’un colloque, dans un document officiel ou dans une simple plaquette touristique, il faut célébrer la « vijieune » — exigez l’accent — de Son Altesse royale, ou plutôt, en forçant un peu le trait, de « Son Altessissime des cieux très élevés ».

Au-delà de l’obséquiosité dont il témoigne, pareil propos résume l’image que les monarques et leur cour tentent de projeter à l’extérieur. Ainsi, il faut donc savoir que le roi, l’émir ou le sultan a eu un jour une vision, personnelle cela va sans dire, quant à la manière de développer son pays. « A strategic vision », une vision stratégique, bien sûr, et non un caprice de nouveau riche.
Les gratte-ciel de Dubaï, les villes nouvelles d’Arabie saoudite, les ports du sultanat d’Oman, la diversification de l’économie d’Abou Dhabi pour sortir du tout-pétrole, l’activisme du Qatar sur tous les fronts de la planète, les hôtels fantasmagoriques que la presse anglo-saxonne qualifie d’« al-bling-bling », les compagnies aériennes (Emirates, Etihad Airways, Qatar Airways, Oman Air…) qui dament le pion à leurs concurrentes européennes. les fantaisies touristiques : tout cela relèverait de la « vision » cohérente de monarques qui seraient à la fois stratèges et planificateurs, gestionnaires avisés et entrepreneurs.

Opportunistes, et souvent à l’origine des grands projets économiques dans la région, les cabinets de conseil anglo-saxons ont compris tout l’intérêt d’investir (...)

La suite est à lire dans Le Monde Diplomatique du mois d'août 2013
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samedi 24 mars 2012

La chronique économique : Le Qatar rachète la France

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Le Quotidien d'Oran, mercredi 21 mars 2012
Akram Belkaïd, Paris

Un pays riche qui a de l’argent à placer et un pays en crise aux actifs sous-évalués et donc bon marché… C’est un peu, en résumé, l’histoire de la relation actuelle entre le Qatar et la France. Lundi 19 mars, on a ainsi appris que le fonds d’investissement Qatar Holding LLC (QH) détient désormais 12,83% du capital et 10,05% des droits de vote du groupe français Lagardère. Déjà, en janvier dernier, le fonds qatari avait annoncé avoir dépassé la barre symbolique des 10% du capital. Il s’agit donc d’investissements récurrents avec pour objectif évident l’ambition de devenir un actionnaire de référence de Lagardère.

UN INVESTISSEMENT STRATEGIQUE

Pour le Qatar, l’attrait de Lagardère se situe dans le fait que l’un de ses actifs principaux est le constructeur EADS présent notamment dans l’aérien civil (Airbus) mais aussi dans l’armement. Avoir son mot à dire dans les décisions stratégiques concernant EADS est donc l’objectif réel pour le Qatar sachant à quel point les secteurs de l’aérien et de la défense sont jugés vitaux et attractif par l’émirat et ses voisins du Golfe. Pour autant, cela n’empêche pas le Qatar de mettre de l’argent dans d’autres secteurs. Pour mémoire, Qatar Holding a récemment pris des parts dans le capital de LVMH (1%), numéro un mondial du luxe, ainsi que dans celui du groupe pétrolier français Total (2%) ce qui s’additionne à ses participations plus anciennes de 5,6% dans Vinci et de 5% dans Véolia. Si l’on rajoute dans cette liste ses différents investissements dans l’immobilier de luxe aux quatre coins de l’Hexagone, sa prise de contrôle du club de football du Paris-Saint-Germain, on peut, à juste titre en conclure que le Qatar est un acheteur omniprésent en France.

Pour autant, l’investissement dans Lagardère est différent des autres car Qatar Holding y est désormais le premier actionnaire devant Arnaud Lagardère lequel détient 9,62% du capital mais 14,01% des droits de vote. Certes, le Qatar ne peut espérer prendre le contrôle du groupe car sa structure en commandite conforte le pouvoir d’Arnaud Lagardère même si ce dernier contrôle une part de capital inférieure à celle des Qataris. De même, Lagardère étant présent dans les médias (Europe 1, Gulli), une loi française datant de 1986 empêchera le Qatar de contrôler plus de 20% de son capital. Pour autant, il faut s’attendre à ce que Qatar Holding continue à investir dans le titre cela d’autant qu’il réclame un siège au conseil de surveillance du groupe (une exigence dont on connaîtra le résultat le 3 mai prochain).
 
Déjà, des informations de presses annoncent qu’en réalité QH contrôle de manière directe et indirecte plus de 20% du capital de Lagardère. Bien que démenties, ces informations ont jeté le trouble et semblent sérieusement agacer les autorités françaises. Comme l’explique un spécialiste des marchés boursiers, le fait que Lagardère soit à la fois présent dans l’aérien et la défense n’en fait pas un actif comme les autres. Même s’il considère le Qatar comme un allié et que des liens personnels existent entre l’émir Hamad Bin Khalifa et Nicolas Sarkozy (mais aussi la famille Lagardère), le caractère stratégique du groupe risque de constituer un motif de tension entre les deux parties.

INVESTISSEUR DORMANT OU ACTIF ?

En tout état de cause, le Qatar veut avoir son mot à dire dans la gestion de Lagardère. Cette attitude rompt avec des décennies d’investissements prudents où les pays du Golfe avaient pour obsession de ne pas effaroucher les gouvernements occidentaux en se contentant d’investir sans réclamer un rôle actif. C’était encore le cas en 2008 quand le fonds souverain d’Abou Dhabi avait pris des participations dans divers groupes financiers anglo-saxons tout en assurant qu’il ne demanderait pas de siéger au conseil de surveillance ou d’administration. Cette fois, Qatar Holding n’entend pas jouer le rôle de potiche fortunée. A cet égard, la réaction des autorités françaises dans les prochaines semaines ne manquera pas d’intérêt.

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dimanche 18 septembre 2011

La chronique du blédard : L'émir, le village et la charcuterie

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 15 septembre
Akram Belkaïd, Paris


C'est l'histoire d'un petit village au nord de Paris. Asnières-sur-Oise : moins de trois mille habitants, une mairie, une église, une place attenante, une petite vocation touristique et des commerces de proximité qui ferment les uns après les autres faute de clients. Histoire banale d'une certaine France où nombre de villages sont abandonnés à leur sort par les services publics et finissent par être engloutis par la désertification rurale. Ainsi, en juin 2005, les élus de plusieurs villages du département de la Creuse ont-ils démissionné pour protester contre le retrait de l'Etat dans les campagnes.

Mais, à Asnières-sur-Oise, la pièce se joue autrement. En 2007, le propriétaire de la charcuterie met les clés sous la porte. Pas de repreneur, la marie n'ayant pas les moyens de se payer le commerce. Mais le maire a l'idée de demander son aide à un riche habitant du coin. Il s'agit du cheikh Khalifa bin Zayed al-Nahyan, émir d'Abou Dhabi et actuel président de la fédération des Emirats arabes unis (EAU). L'homme est le propriétaire du château de Baillon, une belle demeure avec parc et canaux qui a appartenu jadis à Napoléon Bonaparte. Sollicité, le cheikh ouvre donc sa bourse et accorde 250.000 euros pour sauver et rénover la boutique désormais rouverte et baptisée «Chez Fanfan».

Il y a plusieurs manières de commenter cette histoire. De façon générale, elle confirme une hypothèse très répandue en France selon lequel ce pays va se transformer petit à petit en un immense parc d'attraction où «l'authentique» sera préservé et protégé grâce à l'argent des étrangers, qu'ils soient résidents ou touristes. Quand le cheikh al-Nahyan contribue à faire revivre une charcuterie d'un village touristique, c'est le cachet «France typique» qu'il contribue à sauver. Un comportement un peu l'image de ces touristes britanniques qui, en Provence, mettent un point d'honneur à faire leurs courses dans les petits commerces plutôt que dans les grandes surfaces.

On peut aussi relever que ce geste contribue à donner une bonne image du châtelain chez ses voisins. Impossible de dire du mal, du moins ouvertement, de quelqu'un d'aussi généreux qui, d'ailleurs, risque d'être encore sollicité pour financer des travaux d'assainissement du village. Dans la même veine, rappelons que le Sultan Qabous d'Oman a décidé en avril dernier de construire un souterrain qui relie directement son château à son haras dans le village de Fontaine-le-Port en Seine-et-Marne. Un chantier qui n'a été autorisé par la municipalité qu'en échange de la construction d'un rond point d'un montant de 500.000 euros. En somme, un donnant-donnant «gagnant-gagnant»…. Mais revenons chez Fanfan.

En ces temps d'islamophobie généralisée, le fait qu'un grand dirigeant arabe et musulman contribue à sauver un établissement dont les produits sont essentiellement à base de cochon a de quoi bousculer les clichés habituels. «C'est vrai que c'est du porc, donc j'aurai difficilement l'occasion de lui proposer mes produits», a même reconnu la charcutière au micro d'Europe1. Certes, une charcuterie n'est pas une église ou une cathédrale. Mais le fait même de financer sa rénovation fait partie de ce que l'on pourrait qualifier de communication intelligente, de soft-power visant à prouver sa tolérance et à modifier la perception occidentale à l'encontre des Arabes qu'ils soient ou non fortunés.

Bien entendu, nombreux sont ceux qui ne cachent pas leur agacement voire leur indignation. Dans le monde arabo-musulman, un tel geste risque fort d'être mal compris. Il est vrai qu'il est impossible de ne pas se dire que cet argent aurait pu servir ailleurs à commencer par les Territoires palestiniens ou même la Somalie (ce à quoi les officiels émiratis rétorquent que leur émir y est déjà un généreux donateur). D'une certaine façon, la charcuterie peut être aussi l'emblème de ces pétrodollars qui, d'une manière ou d'une autre, finissent toujours par reprendre le chemin de l'Occident plutôt que d'être investis dans un pays arabe ou musulman.

Dans le même temps, rien ne dit que ce geste de générosité sera apprécié à sa juste valeur. Pour le comprendre, il suffit juste d'examiner la manière dont nombre de médias français ont présenté l'information qualifiée par eux d'insolite. Ironie et sarcasmes se sont inscrits dans l'habituelle posture qui présente les cheikhs du Golfe comme des personnages fantasques tout juste capables de jeter leur argent par la fenêtre. On rejoint-là, l'effet rebours de tout acte comparable au sauvetage financier de «chez Fanfan». Ainsi, quand un fonds du Qatar rachète le Paris-Saint-Germain, nombreux sont ceux qui, en France, se demandent à quoi rime une telle opération financière dont la rentabilité est jugée peu évidente (si ce n'est que le PSG possède un beau parc immobilier ce qui n'est pas pour déplaire aux qataris…).

Le chèque du cheikh risque donc de s'avérer contreproductif. Sur le net, les réactions quant à ce sauvetage financier sont souvent instructives. «Il va la transformer en boucherie islamique et exiger des produits halal» avertit ainsi un internaute qui voit dans cette affaire un signe du déclin de la France. Et l'on complète ainsi le point abordé au début de cette chronique. Plus l'argent étranger aidera à sauver le patrimoine français et plus la xénophobie locale risque d'être renforcée. Exemple, en Haute-Savoie, le Front national a tiré parti des nombreux investissements immobiliers consentis par des Britanniques. Chalets rénovés, commerces relancés : on pourrait croire que cela ne pouvait qu'être apprécié par les locaux. C'est loin d'être le cas puisque cela a généré des sentiments de dépossession et d'amertume sans oublier de mentionner l'inévitable jalousie. Cela explique pourquoi le cheikh Khalifa risque d'avoir à beaucoup dépenser pour arriver à être sincèrement apprécié par ses voisins...
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