Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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samedi 15 juillet 2017

Nouvelles du monde arabe : Entretien avec Akram Belkaïd (Pleine lune sur Bagdad)

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DIACRITIK


— LE MAGAZINE QUI MET L'ACCENT SUR LA CULTURE —

Jeudi 13 juillet 2017




Akram Belkaïd, journaliste algérien, vient de faire paraître aux éditions Erickbonnier dans la collection « Encre d’Orient », un recueil de quatorze nouvelles dont le point de jonction est le 20 mars 2003, « la nuit de pleine lune » où les États-Unis ont déclenché l’invasion de l’Irak pour renverser le pouvoir en place. Se positionnant dans différents pays et villes du Maghreb au Machrek, il saisit des situations et des personnages très divers pour faire vivre aux lecteurs le quotidien d’Irakiens, de Palestiniens, de Saoudiens, de Koweïtiens, de Syriens, d’Algériens, de Jordaniens, de Libanais, de Marocains, de Tunisiens qui ont vécu, les uns et les autres, cette irruption brutale de l’intervention américaine. Chaque nouvelle réserve une place la poésie dont on sait qu’elle est un genre majeur dans la civilisation arabe et en valorise l’élément métaphorique le plus utilisé, la lune. Certains poètes reviennent comme Nâzik al-Malâïka, Mahmoud Darwich ou Mohammed Dib. La poésie n’est pas citée comme ornement : elle est profondément inscrite dans la vie et la culture des personnages mis en scène. Le choix du sujet de chaque nouvelle est fait pour donner une information mais aussi pour créer un décalage entre le lecteur et sa représentation de ces sociétés.

La suite est à lire ici : Nouvelles du monde arabe : entretien avec Akram Belkaïd
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lundi 27 janvier 2014

Publication : La France et l'Algérie en 1962. De l'Histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre

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La France et l'Algérie en 1962. De l'Histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre

Sous la direction de Pierre-Louis Fort et Christiane Chaulet Achour
14.01.2014
Karthala, coll. "Lettres du sud", 2013, 336 p.

1962-2012. Cinquante ans ont passé depuis les accords d’Evian, la proclamation de l’indépendance de l’Algérie et la fin de celle qu’en France on appelle désormais officiellement la « guerre d’Algérie ». Car si du côté algérien il fut très vite question de guerre (« Guerre de libération nationale »), dans l’Hexagone, on préféra longtemps évoquer les « événements d’Algérie ».

Guerre dite « sans nom », au moins du côté français, elle n’a en revanche jamais été sans mots. Au contraire, de part et d’autre de la Méditerranée, des voix se sont élevées pendant mais aussi après ces combats d’une rare violence, pour témoigner, interroger et transmettre.

Ces voix, les universitaires et les chercheurs dont les contributions sont réunies dans ce volume les analysent à travers des textes variés : journaux mais aussi – et surtout – oeuvres littéraires diversifiées tant dans leurs genres (poésie, théâtre, roman, littérature de jeunesse, bande dessinée, témoignage) que dans leurs dates de publication (de 1962 à aujourd’hui). Une spécificité de taille a cependant orienté la constitution des corpus d’étude : celle de ne retenir que des textes qui accordent à l’année 1962 une place de choix, de manière à proposer des lectures novatrices et fermement problématisées autour d’une date fondamentale de cette guerre en particulier et de l’Histoire du XXe siècle en général.

Comment cette année résonne-t-elle dans les oeuvres ? Parallèlement à son déroulé, que disent-elles de 1962 ? Quel sens lui donne-t-on dans l’un et l’autre pays ? Pour quels imaginaires et pour quelle(s) mémoire(s) ?
 
 
Table des matières

Présentation, 1962-2012

I. Du côté de l’histoire

1. Sylvie THÉNAULT, 1962 ou les paradoxes d’une fin de guerre dans la violence
2. Akram BELKAÏD, Le New York Times et l’année 1962 en Algérie
3. Daniel LANÇON, 1962: l’Algérie de la revue Esprit
4. Brigitte RIÉRA, La réception des Damnés de la terre de Frantz Fanon. Un encryptage de l’histoire de la décolonisation

II. L’indépendance et les écrivains

5. Christiane CHAULET ACHOUR, 1962, le passage du témoin. Ouvrages, témoins, écrivains algériens
6. Guy BASSET, Mouloud Mammeri: 1962, un certain passage
7. Rabah BELAMRI, Jean Sénac entre désir et douleur, Citoyens de beauté
8. Catherine BRUN, « Mourir ainsi c’est vivre »
9. Anne STRASSER, 1962: Simone de Beauvoir ou le désenchantement

III. Retours sur 1962

10. Zohra BOUCHENTOUF-SIAGH, Nouvelles de la zone interdite de Daniel Zimmermann. L’autre face des récits de mon enfance
11. Sylvie BRODZIAK, 1962: récits de gens très ordinaires
12. Pierre-Louis FORT, Échos et résonances de 1962 dans la littérature pour la jeunesse
13. Violaine HOUDART-MEROT, Catharsis et réconciliation: le retour du théâtre depuis l’an 2000
14. Patrick JOOLE, L’année 1962 dans les BD francophones: un abécédaire à compléter
15. Martine MATHIEU-JOB, Dans le tumulte de l’événement ou le désordre du souvenir. Comment trouver une voie/sa voix pour dire 1962? Les expériences de Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Aziz Chouaki, Mohamed Kacimi
16. Catherine MILKOVITCH-RIOUX, 1962 dans les mémoires en France (1982-2012) : expatriation, exil, retour

III. Inédits

17. Zohra BOUCHENTOUF-SIAGH, Figues barbares
18. Michele VILLANUEVA, L’Algérie une, unique et multiple

Guerre de libération nationale/Guerre d’Algérie (1954-1962) Chronologie indicative [janvier à octobre 1962].

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samedi 22 janvier 2011

La lecture du samedi : Dictionnaire des écrivains francophones classiques

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Voilà un ouvrage qui va faire date et qui devrait être distribué dans toutes les librairies et les bibliothèques d’Algérie mais aussi du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne. Avec 105 articles dédiés à des écrivains appartenant tous à l’espace francophone, il est une invitation à la découverte, à la relecture et à la réflexion sur l’évolution de la littérature d’expression française hors de France. Ce qui est fondamental, au-delà de la somme inouïe d’informations contenues dans l’ouvrage, c’est que les auteurs proposent la qualification de Classiques francophones pour tous les écrivains recensés.

Combien d’entre-nous, entrant dans une librairie en France à la recherche d’un ouvrage d’Aimé Césaire, de Sembène Ousmane ou de Mohammed Dib, se sont entendus dire « vous le trouverez en rayon étranger » parfois, dans le meilleur des cas, « dans le rayon des littératures francophones ». Cette hiérarchisation a toujours porté en elle une séparation implicite. D’un côté, les auteurs français. De l’autre, le reste, les francophones, jugés avec plus ou moins de bienveillance et de paternalisme.

« Est lourd de sens, aussi, et fécond de polémiques, le geste qui inclut les écrivains français parmi les écrivains francophones, alors que les Français ont rarement considéré comme ‘francophone’ – et continuent à le faire dans leurs institutions – ce qui précisément n’est pas français. La littérature des Sud écrite en français a tardé à se faire accepter comme telle ; elle ne s’est acquis droit de cité, sous le nom de ‘littérature francophone’, qu’à condition d’être tenue à l’écart de la littérature française » est-il ainsi noté dans la préface de ce dictionnaire.

De même, notent Christiane Chaulet Achour et Corinne Blanchaud, l’originalité de ce livre « est d’avoir introduit le qualifiant de ‘classique’ à côté de celui d’écrivains francophones et donc d’avoir mis en synergie des écrivains issus de pays qui ont tous connu la situation coloniale ». Une situation qui a profondément marqué leur entrée en écriture. Du coup, « parler de ‘classique francophone’ apparaît comme un acte de revendication, de déplacement de la notion de classique »
Mais laissons-là ces considérations et entrons dans le livre à la découverte d’auteurs de référence parmi lesquels on citera Jamel Eddine Bencheikh, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra, Andrée Chedid, Driss Chraïbi, Mohammed Dib, Malek Haddad, Kateb Yacine, Amin Maalouf, Rachid Mimouni et Jean Sénac. On n’oubliera pas non plus les auteurs subsahariens tels que Léopold Sedar Senghor et Sembène Ousmane, ou originaires des Caraïbes (Aimé Césaire et Daniel Maximin notamment). A noter que le plus ancien de ces écrivains est Oswald Durand, un Haïtien né en 1840 tandis que la plus jeune, Angèle Rawiri, Gabonaise, est née en 1954. Signalons aussi la qualité des index qui ne se limitent pas aux noms cités mais qui donnent un large panorama des notions et mouvements culturels, des prix et distinction littéraires, des maisons d’édition ainsi que des journaux et revues.

L’extrait
Il faut dissocier le couple nation française / langue française et suivre l’analyse revigorante par son humour d’Abdourahman A. Waberi, écrivain djiboutien, qui, dans Libération du 16 mars 2006, déclinait les raisons de son usage littéraire du français :
« J’écris en français parce que je n’ai pas d’autre langue d’écriture.
J’écris en français parce qu’il faut rendre à Césaire ce qui lui revient.
J’écris en français parce que tout écrivain habite la langue qui s’est imposée à lui (…)
J’écris en français parce que je suis un pur produit postcolonial.
J’écris en français parce que je suis djiboutien (…)
J’écris en français parce que j’ai un complexe de Dib (…)
J’écris en français pour réitérer la célèbre formule de Beckett : ‘Bon qu’à ça !’ »

Les écrivains francophones et certains écrivains français savent bien que l’usage littéraire de la langue française n’est plus depuis longtemps le privilège des seuls Français, de même que l’espagnol a échappé depuis longtemps à la seule Espagne : « Il y a un certain temps déjà que la France ne détient plus de droits de propriétés exclusifs sur sa langue. Nombre de Français ne s’en sont pas encore aperçus »*. Nous espérons que le présent dictionnaire participera à parachever cette prise de conscience !

(*) Jean-Marie Borzeix, Les Carnets d’un francophone, Saint Pourçain-sur-Sioule, éd. Bleu autour, 2006, p. 34.

La citation
« Même si les autres auteurs de sa génération l’ont évincé par les chefs-d’œuvre qu’ils ont laissés à la postérité, Malek Haddad demeure parmi les pionniers de la littérature algérienne celui qui, acteur et témoin de son époque, cristallise nombre de questionnements de l’écrivain maghrébin francophone ».

Le livre
« Dictionnaire des écrivains francophones classiques. Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan indien ». Christiane Chaulet Achour avec la collaboration de Corinne Blanchaud. Préface de Bernard Cerquiglini. Avant-propos de Jean Marc Moura. Editions Honoré Champion, 472 pages, 19 euros.


Akram Belkaïd, Paris
Le Quotidien d'Oran, samedi 22 janvier 2011