Lignes quotidiennes

Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
Affichage des articles dont le libellé est Sarkozy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sarkozy. Afficher tous les articles

dimanche 5 mars 2017

Le jeu de Sarkozy

_
Explication d'un confrère, journaliste politique. Si François Fillion s'accroche et tient, c'est parce que Nicolas Sarkozy ne l'a pas lâché et qu'il continue de le soutenir au sein du parti. Pourquoi une telle position ? Ce n'est pas tant le fait que l'ancien président souhaite la victoire de son ancien premier ministre. D'ailleurs, il ne semblerait même plus y croire.
Alors pourquoi ne pas pousser Fillon dehors ?
L'explication est simple. Nicolas Sarkozy ne veut pas du plan B qui ouvrirait la voie à une candidature d'Alain Juppé. Outre une certaine inimitié entre les deux hommes, s'ajoute le fait que Sarkozy reproche au maire de Bordeaux de ne devoir sa deuxième place aux primaires de la droite (et du centre...) qu'aux voix d'électeurs de gauche ayant participé à ce scrutin.
_

vendredi 22 février 2013

La chronique du blédard : François Hollande oublie la lutte contre les discriminations

_
Le Quotidien d'Oran, jeudi 23 février 2013
Akram Belkaïd, Paris
 
Les socialistes français seraient-ils d'indécrottables menteurs pour ce qui concerne la lutte contre les discriminations dont souffrent les populations d'origine étrangères ? Depuis le début des années 1980, l'histoire ne cesse de se répéter. D'abord, des promesses, de beaux discours et une volonté proclamée d'être différent de la droite en ce qu'elle peut véhiculer comme discours xénophobe et excluant. Ensuite, une fois l'élection, présidentielle ou législative, remportée, vient le renoncement, le discours dit réaliste et l'agacement à l'égard de celles est ceux qui espéraient que les promesses seraient tenues (*). Des promesses et de la déception, c'est aussi cela la gauche socialiste (de retour) au pouvoir.

Depuis le mois de mai dernier, les choses ont-elles changé pour ceux que l'on désigne par l'expression Français d'origine étrangère, comprendre les Noirs et les Arabes ? La réponse est évidemment non. Si le gouvernement s'est pleinement engagé dans certaines batailles clivantes, à commencer par celle du mariage pour tous, il a repoussé aux calendes grecques l'urgence d'une politique de lutte contre les discriminations. Oubliées donc les belles promesses électorales d'une France pour tous, sans aucune exclusive. Oublié le constat selon lequel l'égalité des chances est une urgence nationale au nom d'une cohésion sociale en lambeaux. Et, comme toujours, ce renoncement est présenté comme une nécessité tactique du fait d'un contexte politique difficile. On connaît les arguments avancés : ne pas donner raison à l'extrême-droite ou, tout simplement, à la droite. Attendre des jours meilleurs et la reprise de l'économie. Espérer des circonstances particulières qui, comme la Coupe du monde de football 1998, pourraient permettre au gouvernement de convaincre la population française qu'il est temps d'honorer ce terme d'«égalité» dont on finit par se demander pourquoi il est inscrit au fronton des mairies.

Pour l'étranger, pour le fils ou la fille de l'étranger, pour celui qui a la peau noire ou qui porte un prénom inhabituel, pour l'arabe ou le musulman, les temps sont loin d'être faciles et il flotte comme un air de «sarkozie» dans la France de François Hollande. Au ministère de l'intérieur, est désormais installé Manuel Valls, héritier direct, pour ne pas dire clône, de l'ancien président français. On n'y parle pas d'égalité, d'accueil ou de lutte contre les discriminations à l'emploi et au logement – les deux maux les plus insidieux de la société française. Non, on continue de jouer au matamore, on clame que l'on va continuer à cogner les uns et à expulser les autres. Dans le métro parisien, dans les gares, sur les routes, le contrôle au faciès n'a pas disparu, loin de là.

Pour dire les choses de manière simple, l'étranger continue d'être brutalisé. Quant au Français d'origine étrangère, il ne cesse d'attendre qu'on l'aide à crever ce plafond de verre qui empêche son ascension sociale. On pensait que les émeutes de 2005 et de 2007 avaient provoqué une prise de conscience salutaire. C'était une erreur. La crise de 2008 est passée par là et, avec elle, une provincialisation de la classe politique française, incapable d'imaginer son travail et son engagement uniquement que par le biais de la frénésie sondagière et de l'usage d'expédients concoctés par de savants communicants. Droite ou gauche, c'est kif-kif…

Prenons la question du droit de vote aux élections locales pour les étrangers. Un pas en avant, trois en arrière. Un matin, c'est à l'ordre du jour, le lendemain ce n'est plus d'actualité. Quelle désinvolture, quel mépris ! Pour donner le change, on parle de faciliter les naturalisations. Comme si cela pouvait être possible. Comme si cela pouvait constituer une sorte de compensation au fait de ne pas considérer comme égaux un étranger européen (qui a le droit de vote) et un étranger non-européen. On peut estimer que cette affaire du droit de vote pour les étrangers n'est pas prioritaire. Il n'en demeure pas moins qu'elle reste symbolique des tergiversations des socialistes pour ne pas parler de leurs ambiguïtés.

Il est temps de dénier ouvertement à la gauche socialiste sa qualité de courant politique intrinsèquement progressiste. Car, c'est cela qui crée le malentendu. «Nous sommes socialistes, nous ne pouvons être racistes ou indifférents aux souffrances des Français d'origine étrangère voire des étrangers eux-mêmes» :c'est le discours que tiennent souvent les responsables de la rue Solferino et leurs ouailles. Et c'est ce propos qu'il ne faut plus prendre pour argent comptant. Les socialistes au pouvoir et leur ministre de l'intérieur néoconservateur, n'ont rien à envier à Nicolas Sarkozy. Et il leur faudra désormais faire leurs preuves pour démontrer le contraire.

A ce sujet, les élections municipales prévues en 2014 seront un grand test. Outre la question du vote des étrangers, on regardera avec attention la composition des listes électorales. Mais, le pari peut d'ores et déjà être pris. La «discipline du parti» et les exigences du «principe de réalité» vont, encore une fois, décevoir nombre d'attentes car, en l'état actuel, on voit mal le parti socialiste se transformer soudainement, en héraut de l'égalité des chances. Et, d'ici là, on peut toujours rêver de voir la question des discriminations être posée en tant que priorité des priorités nationales.

(*) Lire à ce sujet, «La lutte antidiscrimination ou la promesse oubliée», tribune publiée dans Le Monde daté du 15 février 2013 par Amirouche Laïdi (président du Club Averroes), Charles Aznavour (artiste), Saïd Taghmaoui (acteur) et Fadila Mehal (présidente des Marianne de la diversité).
_

jeudi 6 janvier 2011

Le parlé Sarko

.
_

Lu dans libération de ce jour :

Propos du linguiste Jean Véronis, linguiste : " Il (Sarkozy, ndb) fait des fautes typiques du 'parler popu', et ceux qui n'ont pas fait d'études. Il oublie les négations, en disant, 'je suis pas'. Il fait des erreurs de préposition, quand il dit 'je remercie à chacun', ou 'je me rappelle de quelque chose'. Il y a aussi un recours au double marquage des pronoms avec des phrases du type : 'Le Premier ministre, il a dit..."

Autre extrait :

"Pour moi, c'est un mystère qu'un homme élevé dans une famille bourgeoise à Neuilly parle aussi mal que Georges Marchais. Surtout qu'il n'existe pas, actuellement, d'autre dirigean politique qui cumule, comme lui, les erreurs de français"

vendredi 16 mai 2008

Sarkozy "écoute les Français"...

.
_


Le jour de la grève des enseignants, le président Sarkozy annonce qu'une loi imposera l'accueil obligatoire des élèves en cas de grève. Joli coup politique qui a l'avantage de faire passer les problèmes de l'Education nationale au second plan et qui met la gauche en porte-à-faux vis-à-vis de l'opinion publique. C'est d'ailleurs cette dernière que l'époux de Carla met en avant pour justifier sa décision et contester qu'il s'agisse d'une limitation du droit de grève. "C'est ce que veulent les Français", affirme-t-il. A raison, puisqu'ils seraient 80% à réclamer que l'on accueille leurs enfants en cas d'arrêt de travail des enseignants. Mais à suivre ce raisonnement, il faudrait que Sarkozy s'en aille puisqu'une majorité de Français se déclarent insatisfaits de son action...

Le mépris de Sarkozy pour les enseignants est-il lié à ce que furent ses résultats scolaires, c'est-à-dire bien peu reluisants ? Possible. Très possible...

lundi 19 novembre 2007

Sarkozy et les musulmans

.
Je ne sais pas si cette information sera un jour confirmée mais elle provoque en moi dégoût et répulsion.
Selon mon confrère Jean Quatremer, qui tient un blog sur les coulisses de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy aurait affirmé à deux reprises, devant des responsables européens, qu'il jugeait qu'il y avait "trop de musulmans en France".

Extrait : "L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités." (pour lire la suite : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/11/sarkozy-et-les-.html).

Pour nombre de musulmans de France, et d'ailleurs, cette information ne fera que confirmer ce qu'ils pensent du président français. Ce dernier n'aurait donc pas usé d'un langage ultra-droitier par seule stratégie électorale - afin d'attirer les électeurs du Front national - mais bien par conviction. Bien entendu, il reste à connaître la réaction de l'intéressé et la prudence est de mise. Mais Jean Quatremer est un journaliste sérieux, son blog est une référence et il n'y a pas de raison de mettre en doute son professionnalisme.

Sarkozy n'aime pas les musulmans. Cela leur promet des jours difficiles en France. On comprend mieux les positions récentes du président français en matière de politique étrangère. On sait aussi à quoi s'attendre, et pourquoi, en son temps, le mot "racaille" fut employé. Quant à Dati, Amari et les autres personnalités de gauche qui gravitent autour de lui, il serait vain d'attendre qu'elles démissionnent...

samedi 1 septembre 2007

Où est la viande, monsieur le président Sarkozy ?


« Il court vite mais où va-t-il ? », se demande l’hebdomadaire The Economist à propos de Nicolas Sarkozy. Une interrogation qui résume bien l’état d’esprit de la presse anglo-saxonne libérale qui reste partagée entre l’admiration vis-à-vis du volontarisme du président français et le scepticisme quant à l’efficacité de toutes ses promesses et déclarations d’intentions.

Au chapitre satisfecit, on trouve, pêle-mêle, la conclusion d’un mini-traité européen, les premières réformes fiscales en France (baisse de l’ISF et mise en place d'un bouclier fiscal), la libération des infirmières bulgares (avec un bémol sur le caractère opportuniste de l’intervention française), le projet d’une « Union-méditerranéenne » (dont les contours restent à déterminer), le rapprochement symbolique avec les Etats-Unis (une rupture avec le style Chirac particulièrement appréciée par le très conservateur Wall Sreet Journal)) et le discours musclé à l’encontre de l’Iran dont les dirigeants savent désormais que la France est favorable à une action militaire au cas où Téhéran chercherait à se doter de l’arme nucléaire.

Mais, comme le relève The Economist, il est temps pour le président français de passer à un autre stade que celui du bagoût médiatique. « Time to deliver », peut-on lire ici et là. La France va-t-elle changer d’opinion vis-à-vis de l’adhésion de la Turquie à l'Union européenne ? Va-t-elle réintégrer l’Otan ? Son président, et son gouvernement, vont-ils cesser de s’en prendre à la Banque centrale européenne (BCE) et à la valeur de l’euro ? Et que va faire Sarkozy en matière de réforme droit du travail ?

Autant de questions qui traduisent l’impatience, encore indulgente, des médias libéraux pour qui la salut de la France ne peut passer que par plus de réformes, notamment plus de flexibilité sur le marché du travail…

En tout état de cause, la question qu’ils posent désormais à Nicolas Sarkozy est la suivante : « Nicolas, where is the beef ? ». "Le fumet des promesses est plaisant, mais où est la viande ?", se demande ainsi The Economist. Une manière polie de dire que le forcing médiatique ne sert qu'un temps...

Pour la petite histoire, cette expression très populaire aux Etats-Unis, remonte à la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 1984. Lors de la course à l’investiture démocrate, le candidat Gary Hart – dont plus personne ne se souvient aujourd’hui – avait multiplié les promesses médiatiques pour « une nouvelle manière de penser », se présentant, avec force marketing médiatique, comme le nouveau Kennedy.

Lassé de ce discours creux, son adversaire Walter Mondale – dont on se souvient un peu – avait eu cette phrase célèbre inspirée d’une publicité pour une chaîne de restauration rapide : « Okay, now, but, mister Hart, tell us where is the beef ?». La suite est connue, incapable de préciser ses pensées et de donner du fond à son discours, Gary Hart a perdu la course à l’investiture face à Mondale (lequel n’a, malheureusement rien pu faire contre Reagan, mais il s’agit d’une autre histoire…).

« Où est la viande, monsieur le président Sarkozy ? ». Voilà certainement une expression que l’on risque d’entendre souvent au cours des prochains mois…