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Il est des matchs de football qui ne valent que par ce qui se passe durant les prolongations voire la séance de tir aux buts. Ce fut le cas pour le match, dit « du siècle » entre l’Italie et la RFA lors de la Coupe du monde de football 1970 au Mexique. Ce fut la fameuse rencontre que le libéro allemand Franz Beckenbauer termina le bras en écharpe (pas de remplacement possible malgré une clavicule cassée). Ce fut aussi le match de la victoire sur le fil de l’Italie, célébrée dans tout le pays comme un rare moment fédérateur. Mais il faut juste rappeler que les premières quatre-vingt-dix minutes furent plutôt ennuyeuses et que les mémoires n’ont finalement retenu que les prolongations et leur incroyable intensité.
Ce scénario s’est répété, dans une bien moindre mesure, durant le très fermé, et bien peu enthousiasmant, Croatie – Russie (2-2, victoire croate par 4 tirs aux buts contre 3). Quatre-vingt-dix minutes peu rythmées puis des prolongations qui nous ont fait vibrer et où l’équipe russe a montré des ressources qu’on ne lui connaissait pas. Bien sûr, ce ne fut pas le match du siècle mais le football doit sa légende à de tels moments dramatiques. Une équipe ouvre le score, l’adversaire égalise puis mène avant de céder à son tour. De quoi constituer les ingrédients d’un match dont des Russes et des Croates parleront pendant longtemps. Des enfants russes étaient dans les tribunes. Leurs pleurs faisaient peine à voir mais tel est le football et ses « pénos » : impitoyable et injuste.
Il est toujours triste de voir l’équipe du pays organisateur sortir de la compétition. Hormis l’Afrique du sud qui fut incapable de passer le premier tour en 2010, tous les pays hôte ont toujours été à la hauteur de l’événement. Les Russes ne nous ont pas enthousiasmé par leur jeu mais il faut leur rendre hommage car ils sont allés bien plus loin que ce qu’on leur prédisait avant le match d’ouverture. Ils ont fait honneur à leur pays et à leur public. A ce sujet, on disait tant de choses alarmistes à propos de ce public russe avant le début de la compétition… Or, tous les témoignages qui nous parviennent disent la même chose : accueil généreux, calme, pas de débordements et hospitalité. On peut faire toutes les plaisanteries (faciles) que l’on souhaite à propos de Vladimir Poutine et des représailles qu’il pourrait infliger à son équipe désormais éliminée, convenons tout de même que la Sbornaïa et ses joueurs ont aussi fait honneur au sport roi et à leurs invités.
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samedi 7 juillet 2018
mardi 3 juillet 2018
Au fil du mondial (19) : L’ennui, l’éclair et la fin d’une malediction
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Des
psychologues ont donc été appelés à la rescousse. Des consultants en motivation
ont été mobilisés, des entrainements spécifiques ont été imaginés avec des
sonos restituant l’ambiance de stades hostiles. Objectif, gommer la certitude
que l’équipe nationale perdra toujours aux penalties. Avec l’élimination d’une
bien décevante Colombie, la mission a donc été réussie. L’Angleterre a vaincu
le signe indien. Parions qu’on parlera certainement longtemps du programme psychologique
qui leur a permis d’en finir avec la malédiction des tirs aux buts.
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Le football, c’est (trop) souvent l’ennui. La leguia pour reprendre un terme algérien.
On s’ennuie pendant quatre-vingt-cinq minutes. On baille. Le ballon va, vient,
s’élève, revient, sort. Les passes sont ratées, aucun tir ou presque n’est
cadré. Le jeu est haché, les coups, mauvais ou francs, se multiplient. Les
gardiens de but s’ennuient. Les filets passent une soirée tranquille et « les
défenses sont bien en place », pour reprendre l’expression des joueurs de Ligue
1 française qui tentent de trouver quelque raison à leur jeu pauvre. Tant pis
pour le spectateur à qui il ne reste plus qu’à faire la ola pour passer le
temps. Au passage, relevons que cette dernière devrait être au football ce que
sont les merguez au couscous : une hérésie. Mais, grande faim ou jeu mièvre,
c’est selon, il est tout de même des circonstances atténuantes que l’on saura
prendre en compte.
Ce qui précède a été illustré aujourd’hui par la rencontre
entre la Colombie et l’Angleterre. Quel ennui… Mais quel ennui… Et puis… Et
puis, alors que la fin de partie approche, il y a l’action à part. Soudain, l’éclair,
le coup de génie. Un tir de loin (génial Uribe). Cadré. Le second depuis le
début du match. La Colombie obtient un corner. Pour elle, le premier de la
partie. Tir direct. Pas de combinaison « à la rémoise » qui permet de
limiter les risques en cas de perte de balle. Tir donc, et but de la tête.
Contre des Anglais, il faut arriver à le faire... L’égalisation. L’exploit venu
de nulle part. « Trente minutes de
calvaire supplémentaire » me dit une mauvaise langue dont le jetlag a été aggravé par le spectacle
insipide.
Pendant les prolongations, on a compris qu’on allait avoir l’occasion
de compléter la chronique consacrée aux penalties, pardon aux tirs aux buts. Cette
dernière était trop longue, le présent chroniqueur avait sommeil, et il n’a donc
pas abordé un aspect irrationnel du football. En effet, concernant les tirs aux
buts, il existait une malédiction anglaise puisque cette équipe avait perdu la
presque totalité des séances auxquelles elle a été confrontée depuis la fin des
années 1980. Signe indien ? Peut-être. Selon des chercheurs qui se sont
penchés sur la question, l’explication relevait surtout de la psychologie.
Ainsi, chaque échec alimentait le suivant et confortait les joueurs anglais qu’ils
étaient les plus mauvais dans cet exercice.
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