Lignes quotidiennes

Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
Affichage des articles dont le libellé est violences policières. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est violences policières. Afficher tous les articles

vendredi 12 juin 2020

La chronique du blédard : Un déni français

_
Le Quotidien d’Oran, jeudi 4 juin 2020
Akram Belkaïd, Paris

Il ne pouvait en être autrement. Dès les premières manifestations aux Etats-Unis en protestation contre l’assassinat, par un policier, de George Floyd, un afro-américain de Minneapolis (Minnesota), les médias français ont été pris de leur habituelle empathie à l’égard des combats antiracistes que connaît l’Amérique depuis si longtemps. Toutes les grandes chaînes d’information en continu mais aussi les radios et les principaux quotidiens ont consacré une large place à cet énième épisode de violence policière débouchant sur la mort d’un être humain.

Les informations et les analyses concernant ce drame et les impressionnantes marches populaires qui ont suivi offrent une image plutôt fidèle de la réalité américaine. On citera en exemple les articles consacrés à la ville de Minneapolis, dirigée par un démocrate, dont l’image « progressiste » ne parvient pas à faire oublier des décennies d’inégalités et d’impossibilité pour la population noire d’accéder à la propriété immobilière. Les provocations et surenchères du président Donald Trump, appelant à mater les protestataires et menaçant de déployer l’armée, ajoutent à l’intérêt des médias français qui peuvent gloser à l’infini sur le racisme et la violence intrinsèques des forces de l’ordre américaines.

Ironie de l’histoire, quelques jours auparavant, la France a connu une polémique sur le même sujet. Camélia Jordana, chanteuse et actrice née en France et de grands-parents algériens, a provoqué le tumulte avec deux déclarations prononcées dans une émission de grande écoute sur France 2 : « Il y a des hommes et des femmes qui se font massacrer quotidiennement en France, tous les jours, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. », a-t-elle ainsi déclaré avant de préciser : « Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie ».

On regrettera l’usage du verbe « massacrer » pris au premier degré par de nombreux commentateurs trop heureux de discréditer le propos de l’artiste. Mais pour le reste ? Qu’a-t-elle dit pour mériter un tel torrent de critiques et de haine avec, à la clé, des menaces de poursuites judiciaires proférées par des syndicats de policiers ? En France, une bonne partie des élites vit dans le déni d’une réalité sordide. Celle de la violence policière structurelle, pour ne pas dire systémique, infligée aux minorités et aux classes populaires. Même les violences subies par les Gilets jaunes – qui ont découvert en 2018 ce qu’enduraient depuis longtemps les jeunes des quartiers – n’ont pas modifié la donne.

La peur du flic est une réalité. Le seul changement, c’est qu’elle s’est étendue à d’autres catégories de la population. Aujourd’hui, les gens vont aux manifestations avec la peur au ventre parce qu’en face, c’est buffet ouvert. Recours à la stratégie de la nasse, usages intensifs de gaz lacrymogènes alors que les cortèges sont calmes, tirs aux lanceurs de balles de défense (LBD) sont devenus des actes courants symbolisés par les outrances du préfet de Paris Didier Lallement. Ebranlé par la crise des gilets jaunes, discrédité par son impréparation et sa désinvolture face à l’épidémie de coronovirus, le gouvernement français semble craindre sa police. A chaque bavure, le message est toujours le même. Il n’y a rien eu ou s’il y a eu quelque chose, il faut faire preuve de compréhension.

Il est très probable que l’on ne sache jamais qui est le policier qui a tiré une grenade lacrymogène dans le visage de feu Zineb Redouane [note, l’affaire vient d’être classée sans suites !]. Ce sujet qui devrait constituer une indignation nationale n’a jamais fait la une des journaux. Il est vite évoqué et on passe à autre chose. L’affaire Adama est encore plus symbolique. En juillet prochain, cela fera quatre ans que la famille d’Adama Traoré, mort à 24 ans dans une gendarmerie, réclame justice. Et cela fait quatre ans qu’une conspiration du silence vise à relativiser l’importance des mobilisations. Mardi 2 juin, d’impressionnantes manifestations ont eu lieu à Paris et Marseille pour réclamer la vérité. Le soir, les grands journaux télévisés ont consacré des dizaines de minutes à la situation américaine mais presque rien pour le rassemblement à la mémoire d’Adama Traoré. L’évitement, toujours et encore… L’incapacité à reconnaître qu’il y a un vrai problème de violences policières en France.

Il y a bientôt quinze ans (misère…), je consacrais une chronique à ce qui fut le prélude aux émeutes de l’automne 2005 (*). Je faisais le lien entre ces violences et le passé colonial qui a façonné bien plus qu’on ne le croit la police. Évoquant le cas d’une connaissance, j’y racontais comment on peut habiter le très chic septième arrondissement de Paris, avoir une situation confortable dans la finance et avoir peur d’entrer seul dans un commissariat pour y déclarer le vol de son scooter, tout cela parce que l’on a un nom et un faciès maghrébin. J’ai revu cette personne il n’y a pas longtemps. Nous avons reparlé de cette affaire. Elle m’a déclaré que cette peur n’avait pas disparu, bien au contraire. Dans cette même chronique, j’évoquais les contrôles d’identité musclés de la Brigade anti-criminalité (BAC). Le tutoiement, les gifles qui fusent et l’impossibilité de protester sous peine d’être embarqué pour le bien commode motif de rébellion. A dire vrai, rien de tout cela n’a changé. Et le déni demeure.


(*) Après Clichy-sous-Bois, 5 novembre 2005. Chronique reprise par Courrier International, le 12 novembre 2005… (précision qui sera peut-être utile pour les exégètes de ma chronique de la semaine dernière).
_

vendredi 20 septembre 2019

La chronique du blédard : La France, malade de ses violences policières

_

Le Quotidien d’Oran, jeudi 15 août 2019
Akram Belkaïd, Paris

Avec la persistance de la répression subie par le mouvement des gilets jaunes, une partie de la France profonde découvre désormais ce que de nombreux jeunes des quartiers périurbains savent depuis longtemps : la police dite républicaine est violente et agit sans retenue car sûre de son impunité. Cette police est même de plus en plus violente, affirment certains qui semblent avoir oublié les terribles heures de la répression policière entre les années cinquante et la fin des années soixante-dix, répression qui visa autant les ouvriers grévistes que les étudiants ou les militants et sympathisants de la cause indépendantiste algérienne. Il suffit de lire les textes relatifs à la tuerie de Paris du 17 octobre 1961 pour comprendre que le « savoir-faire » des forces de maintien de l’ordre peut avoir un autre visage que celui de la « retenue » qui fit que les événements de mai 1968 ne débouchèrent sur aucune perte humaine.

Comment ne pas penser à octobre 1961 après la mort de Steve Maia Caniço, retrouvé noyé dans la Loire ? Pour mémoire, ce jeune homme avait disparu en juin dernier à la suite d’une charge de la police, quai Wilson à Nantes, contre des personnes dont le seul tort fut de vouloir prolonger la fête de la musique. « Où est Steve ? » fut le mot d’ordre répété partout, y compris sur les réseaux sociaux, et adressé aux autorités politiques. Ces dernières, par le biais du Premier ministre Édouard Philippe ont dédouané la police. Depuis, plusieurs témoignages, ignorés par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), insistent sur la brutalité de la charge policière et sur l’usage intensif de gaz lacrymogène ayant provoqué un manque de visibilité à quelques mètres des eaux sombres du fleuve. Mais comme cela arrive à chaque fois que la police est mise en cause, l’IGPN qui est juge et partie, vient de conclure à l’absence d’irrégularités et ne poursuit aucun fonctionnaire.

Cela a été le cas avec l’affaire dite de Mantes-La-Jolie (banlieue parisienne). En décembre 2018, lors d’une mobilisation lycéenne, la police avait procédé à l’interpellation de cent cinquante et un jeunes âgés entre 12 et 21 ans, mis en rang, à genoux mains sur la tête durant trois heures (!). Une posture qui rappelait les images de pays en guerre et qui était d’autant plus humiliante qu’elle fut filmée par un fonctionnaire et diffusée sur les réseaux sociaux. L’Union nationale lycéenne, puis dix mineurs, avaient déposé plainte notamment pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle », « violences volontaires par une personne dépositaire de l’autorité publique » ainsi que pour « diffusion illégale de l’image de personnes » mais l’IGPN a classé sans suite son enquête préliminaire.

Il y a aussi le scandale, car c’en est un, de la mort de Zineb Redouane, une octogénaire morte après avoir été touchée au visage par une grenade lacrymogène lancée par un policier qui n’a toujours pas été identifié. Là aussi, les autorités politiques font preuve d’une incroyable légèreté. « Rien à signaler, circulez, les règles républicaines ont été respectées. » Le mépris… Même message concernant Geneviève Legay, 73 ans, gravement blessée lors d’une charge policière pendant une manifestation des gilets jaunes. Dans cette affaire, les autorités n’ont jamais cessé de mentir à commencer par le président Macron qui a affirmé que la victime n’a pas été « en contact avec » les forces de l’ordre. Un mensonge validé par le procureur de Nice qui a lui-même reconnu par la suite que ses déclarations avaient pour but de sauver la mise au président. Une République intègre, ça ?
Dernière en date, l’affaire de Steve Maia Caniço est emblématique car elle pose une question fondamentale : le pouvoir politique, incarné par le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Édouard Philippe, a-t-il perdu la main face à la police ? Les dénégations du bien étrange ministre de l’intérieur Christophe Castaner, lequel réfute systématiquement l’existence de toute violence policière, tendent à le prouver. Confronté à un important mouvement de défiance politique, le président Macron a perdu son sang-froid en novembre dernier. Sa réponse fut de durcir la répression pour casser le mouvement en mettant fin au nécessaire respect de la proportionnalité dans l’usage de la force policière. Une proportionnalité qui est la marque des démocraties et c’est sa disparition qui oblige à s’interroger sur la dérive autoritariste française.

La stratégie de la brutalité a un prix majeur. Elle affaiblit le pouvoir politique, lui fait perdre de sa légitimité et le rend dépendant de son bras armé. Comme François Hollande dont le mandat a été marqué par d’inacceptables violences policières, notamment lors des manifestations contre la loi sur le travail, Emmanuel Macron n’est ni flic ni militaire. Il n’a pas occupé le poste de ministre de l’intérieur qui, en règle générale, permet aux futurs présidents de se constituer un solide carnet d’adresse et de prendre quelque ascendant sur les uniformes. Plus Macron aura recours à la force, plus son autorité s’étiolera. Aujourd’hui, les forces de l’ordre peuvent charger, tabasser des manifestants, crever des yeux, elles savent que le pouvoir politique, peu confiant en lui-même, les couvrira. Et le résultat est connu : outre les deux morts cités précédemment, vingt-quatre personnes ont perdu un œil et cinq autres ont perdu une main depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Cela aurait dû provoquer une vraie crise politique et obliger le gouvernement à agir. Il n’en est rien.

Mais est-ce vraiment une surprise ? Parmi celles et ceux qui réclament une enquête parlementaire à propos de la mort de Steve Maia Caniço, combien s’étaient mobilisés après la mort d’Adama Traoré dans les locaux d’une gendarmerie ? C’était en juillet 2016 et depuis la famille de la victime attend en vain que justice lui soit enfin rendue.

_

dimanche 20 janvier 2019

La chronique du blédard : France, le spectre de l’État policier

_
Le Quotidien d’Oran, jeudi 10 janvier 2019
Akram Belkaïd, Paris

Huit, neuf semaines, et cela continue encore, n’en déplaise à Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation, qui veut que la police française ouvre le feu sur les manifestants… On pourrait, en préambule de cette chronique, s’amuser à recenser les écrits péremptoires de novembre dernier qui prévoyaient un essoufflement rapide du mouvement des gilets jaunes. On pourrait aussi citer quelques éditocrates français qui soutinrent cette contestation tant qu’elle se bornait à réclamer la suppression des taxes sur le carburant et qui firent volte-face immédiate quand les revendications se sont étendues à tout le champ social (sans oublier la demande de réinstauration de l’impôt sur la fortune). Mais on se contentera de relever que l’histoire retiendra que les médias qui fustigent le plus le mouvement ont, au départ, beaucoup contribué à son essor. Belle ironie.

Ce qui me paraît le plus préoccupant est l’évolution de la répression et des violences contre les manifestants. A la faveur des événements, nombre de spécialistes du maintien de l’ordre, je pense au journaliste et réalisateur David Dufrene ou au chercheur Sébastien Roché (que j’avais longuement cité à l’époque des émeutes de banlieue de 2007), tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, les violences policières ont atteint un niveau inacceptable. Il suffit de visionner quelques extraits diffusés sur les réseaux sociaux pour en prendre la mesure. Là où les télévisions n’ont eu de cesse de passer en boucle les coups de poings assénés par un ancien boxeur à un membre des forces de l’ordre (la scène s’est déroulée sur une passerelle enjambant la Seine à Paris), les internautes mettent en ligne des scènes de brutalité extrême à l’image de cette manifestante traînée par les cheveux sur plusieurs mètres ou ce manifestant qui filmait tranquillement le passage d’un canon à eau et qui a été projeté à terre par un policier l’ayant violement poussé dans le dos.

Dans ce qui se joue, les opinions des uns et des autres sont souvent bien arrêtées. Il existe une France qui impute la responsabilité des violences aux manifestants et aux casseurs. Pour elle, toute critique des violences policières constitue un acte de complicité avec des gens qui ne respecteraient pas l’ordre républicain. On peut pourtant dénoncer à la fois les actes des casseurs et critiquer le comportement des forces de l’ordre car ces dernières s’en prennent à tout le monde et semblent jouir d’une totale impunité. De nombreux témoignages le prouvent. Des cortèges pacifiques ont reçus des gaz lacrymogènes alors qu’ils se mettaient à peine en route. Et que dire de l’usage des grenades assourdissantes et, pire encore, des flash-ball dont l’emploi n’est absolument pas restreint ou exceptionnel (des journalistes ont même été visés à la poitrine et à la tête). Et ne parlons pas du retour des voltigeurs de Pasqua, ces hommes à moto et à matraque qui font remonter à la surface des choses le sinistre souvenir de la mort de Malik Oussekine en 1986.

La France s’est longtemps enorgueillit d’une compétence en matière de maintien de l’ordre et de prévention des dérapages. L’exemple le plus souvent cité est celui des événements de mai 1968 où le Préfet Grimaud sut canaliser la violence et éviter l’hécatombe. Cette revendication de compétence me laisse toutefois dubitatif car ce « savoir-faire », le même que la ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie se proposa d’offrir en janvier 2011 au régime de l’ex-président tunisien Ben Ali, ce savoir-faire, donc, n’a pas toujours été aussi respectueux de l’intégrité de la personne humaine. Citons simplement à ce sujet ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 à Paris avec « l’expertise » du préfet Maurice Papon qui fit plusieurs dizaines de morts algériens. Mais il est vrai que, jusqu’à il y a quelques années, la retenue et la capacité à ne pas laisser les choses déraper a souvent caractérisé la gestion sécuritaire des manifestations.

Mais tous les spécialistes, les vrais, pas les zozos que l’on voit se succéder sur les chaînes d’information, le disent : en matière de confrontation entre forces de l’ordre et manifestants, ce sont toujours les premières qui fixent le niveau de violence. Et face aux gilets jaunes, la désescalade, qui est une stratégie de maintien de l’ordre employée dans de nombreux pays européens, n’est absolument pas pratiquée. Bien au contraire. Ça cogne, ça insulte, ça provoque. Exemple : les manifestants des Champs Elysées sur lesquels des policiers inconscients ont lancé des grenades assourdissantes avant que l’un d’eux ne sorte son arme. Un comportement à la fois erratique et irresponsable. Comme le dit David Dufresne dans un entretien disponible sur internet, cette « violence laissera des traces » au sein de la population (1).

Comment expliquer que les forces de l’ordre aient ainsi la bride lâchée ? La réponse est simple. C’est la volonté d’un pouvoir qui a décidé de jouer la carte de la confrontation. Les déclarations martiales se suivent et se ressemblent. Le mépris de classe ne se cache même plus. Le calcul d’Emmanuel Macron et de son gouvernement est clair : les violences finiront tôt ou tard par rendre le mouvement des gilets jaunes impopulaire ce qui ne manquera pas de renforcer la base électorale du président français. Ce dernier grappille d’ailleurs des points de popularité dans l’électorat de droite, plus traditionnellement enclin à défendre l’ordre.

Au sein du gouvernement, ce n’est pas encore la panique mais ça y ressemble fort (laquelle panique a bel et bien existé début décembre quand le mouvement s’est soudain radicalisé). On sent la tentation du « cognons encore plus fort ». On sent aussi le désarroi et une perte de sang-froid manifeste. Un exemple : au lieu de s’indigner de l’existence d’une cagnotte de soutien en faveur du fameux boxeur, les différents ministres qui se sont exprimés à ce sujet, dont l’ineffable Marlène Schiappa (une bénédiction pour tous les misogynes qui hantent la Toile), feraient mieux de se demander pourquoi ce pécule a atteint un montant supérieur à 100 000 euros en moins de trois jours…

Mais cette équipe gouvernementale ne semble caractérisée ni par l’intelligence ni par la clairvoyance. Par ses calculs politiques évidents, elle est en train de placer la France sur les rails d’une situation que nous autres, gens du Sud, connaissons bien : la mise en place progressive d’un Etat policier – j’assume cette expression – où l’existence d’une contestation protéiforme et déterminée offre le prétexte idéal pour restreindre les libertés (interdiction de manifester, criminalisation des manifestations non-autorisées – et cela à l’encontre des lois européennes, création d’un fichier – encore un – de casseurs, etc). D’ailleurs, comme à l’époque moisie de Giscard et Poniatowski (son très droitier ministre de l’intérieur), la France renoue avec les incantations à propos de l’urgence de l’adoption d’une énième « loi anti-casseurs ». Tout cela risque de très mal se finir.



(1) http://cqfd-journal.org. On peut aussi suivre le fil twitter (@davduf) du journaliste consacré au recensement des violences policières.
_