Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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vendredi 14 août 2015

La chronique du blédard : Nos plages et les digoulasses

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 13 août 2015
Akram Belkaïd, Paris

Une plage, au nord de Tunis (disons-le tout de suite, la scène pourrait très bien se passer non loin d’Alger, de Béjaïa ou d’Oran). Le ramadan est terminé, les jours bénis de l’aïd sont passés et avec eux la tranquille solitude sur fond de sable blanc. La scène se passe en fin de matinée. Il y a déjà du monde avec ses couffins, ses glacières, ses cornets d’arachides ou de graines séchées et ses étoffes délavées destinées à transformer les parasols en tentes médiévales mais le gros de la foule n’a pas encore débarqué. Une heure auparavant, l’endroit était encore propre. Ou presque. Dans la nuit, un tracteur a tracé ses sillons. Très tôt, des balayeurs ont nettoyé la rue et le trottoir avoisinant. Tout cela pour rien. Maintenant, c’est un dépotoir. Des bouteilles en plastique, des sachets multicolores, des emballages de yaourts ou de jus, des mégots jaunis par le soleil, des briquets usagés et, bien sûr, les incontournables quartiers de pastèques et de melons dûment grignotés. Un homme, la quarantaine, ventre de buveur de bière et grosse montre de plongée au poignet, jette la couche-culotte de son bébé dans l’eau. On lui demande les raisons de ce geste alors qu’une poubelle, vide, se trouve à dix mètres de lui. « De quoi tu te mêles, la plage t’appartient ? » telle est la réponse belliqueuse du phoque.
 
Dès lors, on se trouve confronté à plusieurs types de réaction possible. La scandinave (ou la suisse) qui consisterait à ne rien dire et à aller repêcher le détritus pour le jeter soi-même. Autrement dit le civisme et l’éducation, ou plutôt la rééducation, par l’exemple silencieux. Si l’on est de nature optimiste et tenace, on peut y croire. On peut se dire, qu’à terme cela peut payer. Autre possibilité, la méthode Stasi, c’est à dire se mettre en quête d’un représentant de l’ordre pour l’informer et l’amener à infliger une amende au pollueur indélicat. Autant l’avouer, cette solution n’est pas la plus simple. La guérite de police est très éloignée et on imagine la surprise du boulici face à une telle démarche. Reste donc l’option algérienne qui consiste à répondre en choisissant parmi l’une de ces variantes : « non, effectivement cette plage ne m’appartient pas et je sais bien que c’est celle de ta mère » ou bien « non, ce n’est pas ma plage. C’est celle de la femme que tu crois être ta mère » ou encore, en se mettant avant cela bien sur ses appuis, le mât du parasol prêt à être utilisé pour percer la bedaine : « cette plage que tu salis n’est pas la mienne mais celle de tous les types qui pourraient être ton père »…
 
Venu aux nouvelles, le jeune gérant de la petite plage privée attenante se charge de la sale besogne et empêche donc toute debza-demissile (bagarre – sang qui coule). Il hoche la tête d’un air dégouté et raconte que ses clients font la même chose sinon pire. Il dit remplir six sacs géants par jour. Qu’il a renoncé à convaincre les gens d’utiliser les poubelles et de cesser de prendre la mer et le sable pour des décharges. « Ils s’en moquent. Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’ils reviennent le lendemain malgré tout ce qu’ils ont jeté » conclut-il en se dirigeant vers d’autres détritus. On réalise alors que ce qu’il vient de relever n’est pas inintéressant. Car, de deux choses l’une. Soit, ces digoulasses, ces khamdjines qui souillent les plages de Tunisie mais aussi d’Algérie – signalons que le Maroc est bien moins touché ( !) – sont convaincus que la Méditerranée possède un puissant pouvoir de régénération et que, ma foi, la nature est donc suffisamment forte pour éliminer en une nuit plastique, mégots, étrons et autres restes. Ou bien alors la vérité dérangeante oblige à dire que ces gens n’ont pas d’éducation et absolument aucune hygiène (la seule utilité qu’on pourrait leur trouver serait alors de les envoyer à Paris pour « ambiancer » Tel-Aviv sur Seine…).
 
Il y a quelques semaines l’Algérie a connu un profond engouement wanetoutriste à propos d’une émission diffusée par l’émission Thalassa avec pour thème le littoral de notre pays. Il est vrai que ce dernier, tout comme celui de la Tunisie, recèle de merveilles extraordinaires, parfois peu connues (et heureusement d’ailleurs). Certes, de rares voix discordantes ont vu dans ce documentaire une sorte de publi-reportage passant sous silence une réalité plus sordide comme cette pollution qui, courants marins portants, touche les Baléares. Mais elles ont vite été rappelées à l’ordre. Pourtant, la saleté des plages et, de façon générale, celle, insupportable, de l’espace public mériterait une vraie médiatisation. Des campagnes de presse permanentes, des mises en garde, des discours publics appelant au civisme et faisant honte aux pollueurs. Au lieu de cela, la règle consiste à éluder la réalité, à balayer le sujet d’un geste gêné ou irrité comme si le fait d’en parler attentait aux dignités et fiertés nationales.
 
En Algérie comme en Tunisie on retrouve donc la même situation. Hors des zones particulières (celles réservées à la nomenklatura ou les hôtels pour touristes étrangers), de plus en plus de plages publiques sont dévastées par la saleté née de l’incivilité. A cela s’ajoute le spectacle de ces habits hétéroclites portés au nom d’une bigoterie qui stupéfierait quelqu’un qui débarquerait directement des années 1970 ou 1980. Se baigner complètement habillé, souvent avec des vêtements amples, n’est pas simplement disgracieux – je conviens qu’il ne s’agit pas d’un argument recevable – c’est surtout peu hygiénique (rien de mieux pour collecter tous les microbes qui traînent) et dangereux (cela augmente les risques de noyade y compris au bord de l’eau) cela d’autant que la couleur la plus fréquente, autrement dit le noir, est la moins adaptée pour résister au soleil qui cogne.
 
On dira que tout ceci est bien secondaire. Que l’été ne dure que deux mois et qu’il y a d’autres soucis bien plus importants. Cela est certainement vrai. Mais, sans tomber dans des analyses de bas étage, on ne peut s’empêcher de penser que l’état de ces plages en dit bien plus qu’on ne le croit sur l’état de nos sociétés.
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dimanche 23 décembre 2012

La chronique du blédard : La bétaillère Paris-Bruxelles

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 20 décembre 2012
Akram Belkaïd, Paris
 
Il fut un temps où ce train était le symbole de la modernité, du confort et d’une ambiance feutrée propice au travail intellectuel ou à la sieste réparatrice. Mais ça, c’était avant… Aujourd’hui, le Thalys, car il faut l’appeler par son nom, a de plus en plus tendance à ressembler à une bétaillère malodorante (mélange de ploum-ploum et d’assainissant pour pissotières) où les incivilités sont la norme. Il suffit d’une heure et de quelques dizaines de minutes entre la Gare du nord parisienne et celle, bruxelloise, du Midi, pour s’en rendre compte. Compilations de quelques scènes qui en disent long sur une régression ferroviaire et sociétale.

Scène numéro une : Elles sont deux. La cinquantaine très bavarde et bien enveloppée. Déjà, avant le départ, elles se sont trompées de place, cherchant à faire lever une vielle dame bien indulgente. Ensuite, à peine le train ébroué, est venu pour elles le temps des conversations téléphoniques. Histoires d’horaires, de paquet à récupérer et de dîner à préparer. Des choses insignifiantes qui envahissent la rame, qui empêchent de lire, d’écrire ou de pioncer. Ni les gros yeux, ni les soupirs bruyants ne changent la donne. Seule solution : se lever et faire la leçon. Mais à quoi bon s’enguirlander à quelques jours de Noël et y perdre une précieuse énergie ?
 
Il y a une autre solution, déjà expérimentée par l’auteur de ces lignes sur la même… ligne (parfois, la répétition s’impose…). Imaginez un homme d’affaires ou d’on ne sait quelle activité sonnante et trébuchante. Appel à la secrétaire, puis à un client, puis ensuite et encore à la secrétaire. Des prises de rendez-vous, des consignes pour maltraiter un fournisseur (si, si !). Bref, l’enfer sonore. Voici donc ce qu’il faut faire en pareilles circonstances : D’abord, prendre son propre téléphone, au besoin avertir son voisin ou sa voisine, puis simuler une conversation téléphonique à voix plus que haute : « Allo ? Ouais Gérard. Je suis dans le train. Ouais, je suis obligé de crier et je t’entends mal parce qu’il y a déjà un c…rd qui parle fort ! Ouais, j’te rappelle quand il aura terminé de brailler dans son mobile à deux sous ! ».
 
L’effet est immédiat. L’importun se tait, on entend des rires bien sonores, on vous adresse quelques sourires de remerciements. C’est merveilleux, on est un héros. Bien entendu, avant de se risquer à une telle remise en place, mieux vaut jauger la corpulence de l’ennemi à rosser. Dans le cas expérimenté, le concerné, pâle et malingre, ne pouvait que se cacher. Facile. Oui, c’était une hogra facile. Mais une hogra nécessaire et ô combien utile au bien être général.
 
Scène numéro deux : C’est ce que l’on pourrait appeler le pompon. Imaginez un couple de jeunes touristes britanniques. Lui, d’origine indienne ou pakistanaise, elle rousse à souhait. Il lit les pages sport du Daily Telegraph, elle parcourt le Lonely Planet sur la Belgique et lit à voix (très) haute tous les passages qui lui semblent intéressants (la Grande place, les musées,…). Jusque-là, rien de bien méchant. Mais, voici que la liseuse décide de s’occuper de ses atours. D’abord, en usant du coupe-ongles et en faisant mine de ne pas s’apercevoir que certains éclats grisâtres atterrissent sur les tablettes d’à côté où un voyageur termine croissant et jus d’orange. Elle sort ensuite une lime à ongle et commence alors un frénétique et insupportable crissement.
 
Ecœuré, on s’imagine que la poussière d’ongle se diffuse un peu partout, portée par l’air chaud pulsé à l’intérieur de la rame. Que faire ? Exiger du contrôleur qu’il somme l’incivile de cesser son affutage ? Donner dans la surenchère en se coupant les poils du nez devant elle, histoire de lui faire comprendre qu’il y a des choses qui ne se font pas en public ? Ou alors, hausser les épaules en comptant et recomptant les minutes qui restent avant d’atteindre bon port. Cricc-Crrac. Le train va, les petites maisons défilent et l’outil lime, lime…
 
Scène numéro trois : On ne sait pas qui a pris le manteau de l’autre car les deux se ressemblent. Les hommes ont la même taille et ont peut-être acheté le même vêtement dans la même boutique. Toujours est-il que celui qui s’est levé le premier a, semble-t-il, pris le plus neuf des deux. Et voilà que ça s’insulte, que ça se traite de tous les noms, que ça débite les pires insanités et, pour finir, que ça cherche à se mettre des coups de poings sous le regard effaré de touristes en partance pour Amsterdam. Les choses finissent par se calmer car un vieux reçu de carte bleu permet de dire à qui appartient le paletot. On pourrait en rire, mais tout devient soudain insupportable. Le chauffage poussé à l’extrême, la lumière agressive, les portables qui continuent de sonner et les bavards de bavasser, les ongles qui n’en finissent pas d’être taillés.
 
Et c’est le moment que choisit le (jeune) voisin pour déplier ses pieds et poser ses godillots sur le siège. Que faire ? Une leçon de morale ? Jouer au vieux gâteux qu’insupporterait la jeunesse d’aujourd’hui. Non, rien de cela car, délivrance, le train rouge arrive enfin en gare. On repense aux publicités mensongères, celles qui vont font croire que le voyage en train est un enchantement où tout est merveilleux, lisse et coloré. La prochaine fois, se jure-t-on, on suivra le conseil d’un universitaire français habitué à franchir le Quiévrain dans les deux sens : on prendra le car. Certes, c’est plus long mais y jouer de la lime à ongle y est certainement plus difficile…
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lundi 11 juin 2012

La chronique du blédard : Le consommateur français, cette victime consentante

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 7 juin 2012
Akram Belkaïd, Paris
 
Paris, seize heures. Soleil radieux avec juste ce qu’il faut comme fraicheur printanière. Une brasserie et sa terrasse donnant sud-ouest. Un endroit autant convoité par le flâneur local que par les visiteurs de passage et les touristes qui ne sont pas les derniers à vouloir en être. Voici donc l’un des rites de la belle saison : conquérir sa place en terrasse, se battre s’il le faut (ou presque) et se tasser les uns contre les autres. Tout cela pour s’asseoir au milieu des fumeurs interdits d’intérieur et être au plus près des klaxons et des tuyaux d’échappement... Bronze, hume et fume, c’est bon pour ta santé, mon gars !

Placardées sur les vitres et les ardoises de l’établissement, des affichettes délivrent toutes le même avertissement que voici : « Après 15h, plus d’expresso en terrasse extérieure ». Etrange, n’est-ce pas ? Commençons par relever l’absence d’explication ou de regrets. Pas de café à l’extérieur, et c’est ainsi. Circulez si vous n’êtes pas content. Pourquoi une telle interdiction ? En fait, ce n’est qu’une simple question de business, un moyen comme un autre pour empêcher la consommation à minima dans un emplacement se devant de toujours rapporter plus et encore plus y compris lorsque la plage hautement rentable du repas (à au moins trente euros le menu du jour) est terminée.

Un expresso ? Quelques euros – ce qui est déjà beaucoup pour ce qui ne valait que quelques francs – avec lesquels on peut, en théorie, étirer le temps d’exposition au soleil, journal, livre ou tablette numérique à la main. La vie en terrasse, les rencontres, les regards, les rêveries… Du bon temps bon marché. Sauf que le garçon de café, aimable comme bon nombre de ses congénères parisiens, veille au grain. Et pour monsieur, ce sera ? (ton faussement enjoué). Un expresso (réponse un peu détachée de celui qui fait semblant de ne pas avoir lu l’affichette). Le couperet tombe. Ah non, vous devez prendre autre chose (comprendre de plus cher) ou rentrer à l’intérieur avec le reste des pâlichons.

Le plus étonnant dans l’affaire, c’est que personne ou presque ne proteste. L’habitude et la résignation. L’acceptation de la dégradation du service dû au payeur : c’est aussi cela l’air du temps hexagonal. Le client n’est plus roi et le consommateur ne cesse de se faire rabrouer. Il raque mais on le claque. On le dit râleur mais, fait déroutant, il se tient coi. Dans les boutiques, qu’elles soient de luxe ou non, dans les restaurants, gargotes ou de plusieurs étoiles, il lui faut subir mauvaise humeur, réflexions désagréables et autres attitudes désinvoltes. En clair, il paye mais c’est lui qui encaisse.

De retour du nord des Etats-Unis, une thésarde spécialiste de la confrontation musclée avec les vendeurs mauvais n’en revient pas et ses observations ont inspiré la présente chronique. Terminés pour elle les sourires et les comment allez-vous aujourd’hui, certes de commande et peu sincères, mais ô combien agréables. Entre une cordialité artificielle mais générale et une face de carême des moins avenantes, qui peut prétendre préférer la seconde ? Prenons un autre exemple. Toujours à Paris, un petit supermarché de quartier. Une cliente demande à être livrée. L’employé s’approche d’elle, ni bonjour ni sourire, et lance tout de go : « j’espère pour vous qu’il y a un ascenseur et puis, de toutes les façons, vous avez trop de bouteilles ». Sous d’autres latitudes, ce genre de réflexion vaudrait une remontrance voire un renvoi. Mais là… 

Est-ce à dire qu’il y aurait une spécificité française de la maltraitance du client ? Ce serait aller vite en besogne que de l’affirmer. Ceux qui ont connu l’Algérie des années souk-el-fellah et du makache systématique peuvent témoigner qu’eux aussi ont connu ces moments de solitudes où l’on a l’impression qu’il faut se mettre à genoux pour dépenser son propre argent. Il y a encore deux ou trois décennies, les choses étaient plutôt différentes. Considération, bonne humeur (que l’on retrouve encore sur les marchés ou dans les petits commerces de quartier) et cordialité n’étaient pas de vains mots. Alors, pourquoi une telle dégradation qui en dit long sur l’évolution de la société française ? Il ne s’agit pas de trouver toutes les réponses mais de dire simplement que quand les incivilités et le rapport de force pullulent, dans la rue comme à l’école ou dans l’entreprise, il ne faut pas s’étonner que cela se propage partout y compris dans les commerces et les services.

Reprenons l’exemple du livreur de mauvais poil. Pourquoi son homologue espagnol ou, exemple incontournable, américain, évite de se comporter ainsi ? La raison est simple, c’est parce que son renvoi peut se faire du jour au lendemain. Aux Etats-Unis, il aura même des conséquences terribles puisqu’il peut signifier la perte immédiate de toute couverture de santé. En France, même dans le pire des cas, le concerné sait qu’il continuera à bénéficier de ses droits sociaux. Que l’on se comprenne bien. Il ne s’agit pas de mettre en cause le système français de protection sociale mais juste de remarquer qu’il peut aboutir à des effets bien pervers.

Mais là n’est pas le plus important. En réalité, ce qu’endure le consommateur, ce sont les conséquences de l’âpreté au gain et des politiques salariales restrictives. Pourquoi cette jeune femme, vendeuse dans une enseigne dite culturelle, fait-elle la mine du matin au soir ? C’est tout simplement parce qu’elle est mal payée, parce que ses horaires sont totalement anarchiques et que, chômage oblige, elle n’a aucune marge de manœuvre pour faire jouer la concurrence entre employeurs. Alors, elle râle et elle remballe. Et que fait sa victime ? Elle saisit la première occasion pour se venger, notamment quand elle appelle un service après-vente. A ce sujet, et c’est déjà une autre histoire, il faut lire les témoignages des employés des centres d’appel. Il s’agit de lieux où l’insulte fuse très vite et où le possible enregistrement des conversations, annoncé dès le départ, est censé servir d’arme doublement dissuasive. L’employé à intérêt à être calme et cordial et le client se dit, qu’enregistré, il se doit de rester correct. Du moins, en théorie…

Tout ce qui précède montre que le pari du vivre ensemble ne concerne pas uniquement les grandes questions des inégalités, des discriminations ou des violences qui gangrènent la société. Cela commence par la lutte contre des comportements qui transforment le quotidien en jungle du chacun pour soi et dont l’effet de sape est bien réel. En attendant que les choses s’arrangent, le consommateur maltraité dispose encore d’une arme efficace. Celle du boycottage et c’est pourquoi le présent chroniqueur, même s’il n’est pas amateur d’expresso, ne met simplement plus les pieds dans cette brasserie à la belle terrasse orientée sud-ouest. 
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