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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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vendredi 13 novembre 2020

La chronique du blédard : Messmar Trump (le clou de Trump)

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 12 novembre 2020

Akram Belkaïd, Paris

 

Joseph Robinette Biden Jr., dit Joe Biden, est donc le quarante-sixième président des États-Unis d’Amérique. C’est du moins ce que la majorité des grands médias et agences de presse ont établi quatre jours après l’élection. Pourtant, ce résultat n’est pas encore officiel. Le président sortant Donald John Trump ne veut pas admettre (merci de ne pas utiliser le terme impropre de « concéder ») sa défaite. Il clame en multipliant les tweets en lettres capitales qu’il a gagné haut la main et que les démocrates ont triché en manipulant le vote par correspondance. On attend toujours qu’il produise les preuves de ces fraudes qu’il ne cesse de dénoncer… Mais avec lui, comme c’est le cas depuis des années, la vérité n’est pas le plus important. Il suffit d’affirmer l’existence d’un fait pour qu’il soit.  L’affaire est certes risible mais la situation prend une tournure inquiétante, bien plus que « l’embarras » que Joe Biden évoque.

 

Ce scénario potentiel du pire, l’Afrique le connaît bien. Une élection présidentielle, deux candidats qui revendiquent la victoire. Le ton monte, les partisans de l’un et de l’autre se chauffent l’esprit et la violence qui a émaillé la campagne électorale repart de plus belle, menant parfois à la guerre civile. Bien entendu, les États-Unis n’en sont pas (encore) là. Pour le moment, les démocrates adoptent une attitude prudente, qu’ils aimeraient perçue comme « responsable », alors que le camp républicain multiplie les vociférations et les mises en cause. On relèvera au passage que les comportements serviles sont universels. En Algérie, des députés payés à ne rien faire obéissent aux ordres en votant à main levée n’importe quel texte et, aux États-Unis, les élus, sénateurs et représentants, du parti républicain n’osent pas féliciter Joe Biden par peur des représailles du clan Trump.

 

Plus d’une semaine après l’élection, plusieurs scénarios sont possibles d’ici le vote des grands électeurs le 14 décembre prochain puis la prestation de serment, la troisième semaine de janvier. On peut assister à une transition chaotique avec des tentatives multiples de la part du locataire de la Maison-Blanche d’entraver l’installation de Joe Biden dans ces mêmes locaux. Cela passera peut-être par des procédures judiciaires voire par un recours auprès de la Cour suprême. Pour le moment, la majorité des experts sollicités par les médias estiment que ces démarches n’ont quasiment aucune chance d’aboutir même si la « SCOTUS » (Supreme Court of the United States) est composée en majorité de juges conservateurs. Mais, sait-on jamais…

 

On peut aussi assister à une dégradation rapide du climat civil. A force de crier qu’on lui a volé sa victoire et d’appeler ses partisans à la rescousse, Trump est capable de provoquer une situation de grand désordre. Une marche à Washington, des manifestations localisées, des sit-in, c’est-à-dire tout ce que le président sortant envisage, représentent un jamais-vu dangereux qui peut facilement dégénérer en affrontements. Certes, certains médias américains affirment que des contacts discrets ont lieu avec l’équipe de transition démocrate mais cela reste à confirmer et, surtout, ce n’est pas encore officiel.

 

Depuis son élection en 2016, Trump a constamment brisé les conventions et remis en cause les normes en vigueur. Son comportement actuel s’inscrit en droite ligne de ses outrances et de sa capacité à toujours imposer son point de vue à son entourage. Pourquoi refuse-t-il la défaite ? Il est peu probable qu’il croit lui-même à ces histoires de fraude. Ce qu’il sait, par contre, c’est que se retrouver dans la peau d’un ex-président lui vaudra nombre de problèmes à commencer par la perte de son immunité face aux diverses enquêtes qui le concernent : fraude fiscale, favoritisme, etc. Il n’est donc pas exclu que sa surenchère actuelle accompagne des négociations dans l’ombre pour lui garantir sa tranquillité après janvier 2021.

 

On entend ici et là, y compris en Algérie, que Biden ou Trump, c’est du kif-kif, du « ki sidi, ki lalla ». Il y a un peu de vrai dans cela. Quel que soit le locataire de la Maison-Blanche, l’Amérique ne changera pas de politique extérieure, elle demeurera impérialiste, privilégiant toujours ses intérêts en premier. Les deux mandats de Barack Obama l’ont bien montré, lui dont la planète entière espérait une transformation radicale de l’Empire au prétexte qu’il appartient à la minorité noire. Pour autant, et c’est une situation récurrente pour ne pas dire désormais habituelle, entre deux maux, il faut choisir le moindre.

 

Donald Trump est un raciste décomplexé et un misogyne. Son élection à la Maison-Blanche a constitué un signal d’encouragement pour tout ce que la planète compte comme organisations réactionnaires et fascisantes. Il est l’homme du décret interdisant à certains musulmans d’entrer aux États-Unis (« muslim ban ») et du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en violation du droit international. Il suffit d’écouter quelques minutes, pas trop longtemps, le vacarme des marigots que constituent les chaînes françaises d’information en continu pour comprendre qu’il est l’idole de l’extrême-droite où qu’elle se trouve.

 

Tout le monde au Maghreb connaît l’histoire du clou (messmar) de Djha (Djoha). Ce dernier vend sa maison à condition de pouvoir rendre régulièrement visite à un clou porte-bonheur fiché dans l’un des murs. Au final, le nouveau propriétaire, lassé par les visites, finit par craquer et revendre la maison à Djha pour une bouchée de pain. Même expulsé de la Maison-Blanche, Trump, qui a récolté plus de soixante-dix millions de voix (plus que lors de sa victoire en 2016), laisse un clou planté dans le mur fêlé de la démocratie américaine. Cela signifie que rien n’est réglé mais le fait qu’il ne rempile pas pour un second mandat est déjà une bonne nouvelle à prendre.

 

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mardi 17 octobre 2017

La chronique du blédard : Chèvres qui volent ou marchands de canons ?

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 12 octobre 2017
Akram Belkaïd, Paris


Il y a quelques semaines, la chaîne franco-allemande Arte a diffusé une excellente série de neuf documentaires à propos des guerres du Vietnam (*). L’un des éléments les plus intéressants qui fut mis en exergue concernait l’entêtement des dirigeants américains à poursuivre un conflit qu’ils savaient pourtant impossible à remporter. Plus important encore, et la chose est peu connue, au moment même où elle engageait plus de troupes (c’était début 1963), l’administration Kennedy avait déjà établi ce diagnostic, estimant que rien ne viendrait à bout du Vietnam du nord. La suite des événements sera à l’avenant. Sous les présidences de Johnson puis de Nixon, les responsables américains ne cesseront de renforcer leur engagement tout en sachant la victoire militaire (et politique), hors de portée.

Pourquoi un tel entêtement qui rappelle d’ailleurs ce qui s’est passé avec l’Irak en 2003 ou avec l’Afghanistan depuis 2001 ? On sait qu’il est difficile pour l’être humain d’admettre son erreur et de revenir sur ses choix passés. C’est une réalité expérimentée chaque jour en ces temps où les échanges via les réseaux sociaux représentent des combats où personne n’en démord, où il ne faut pas céder le moindre pouce de terrain et où la plus petite erreur reconnue vaut pour condamnation éternelle. Ma’za walaw taret ! C’est une chèvre, quand bien même volerait-elle. Cette expression bien de chez nous illustre bien ce penchant où la mauvaise foi le dispute à l’entêtement. Mais, dans le cas de la guerre du Vietnam, il ne s’agit pas d’une erreur constatée après-coup et que l’on refuse d’admettre. Washington savait d’avance que l’entreprise était vaine. Alors, encore une fois, pourquoi ce refus du réel?

Il y a bien sûr plusieurs explications complémentaires. L’une d’elles pourrait se résumer ainsi : Aux Etats-Unis, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le plus important n’est pas de gagner la guerre (toujours lointaine, bien entendu) mais de la déclencher puis de la mener. Cela relève d’un fait structurel, systémique, qui mêle politique intérieure, calculs électoraux et intérêts économiques et géostratégiques. Chaque président a eu « sa » guerre et même Obama n’a pas échappé à la règle. Dès lors, on comprend l’inquiétude de nombre d’observateurs vis-à-vis de Donald Trump lequel pense déjà à sa réélection. De fait, quand un président américain embarque son pays dans une guerre (lointaine) cela assoit toujours sa crédibilité et sa légitimité en tant que « commander in chief ». Ainsi, en 2004, malgré son impopularité, George W. Bush a été réélu parce que son pays était militairement engagé en Irak.

L’Amérique mène des guerres pour montrer à ses ennemis (réels ou supposés tels), ou à ses principaux rivaux (l’URSS hier, la Chine aujourd’hui), qu’elle est capable de projeter sa force en n’importe quel endroit du monde et qu’elle n’hésite jamais à employer sa puissance militaire. Qu’importe si la victoire n’est pas totale (il faut pour cela se contenter d’envahir La Grenade…). Qu’importent les destructions et les pertes. Tant pis pour les revers. L’essentiel, c’est le déploiement stratégique. La guerre pour ce qu’elle apporte donc.

Mais il n’y a pas que cela. Le 17 janvier 1961, à la veille de passer le témoin à son successeur John F. Kennedy, le président Dwight D. Eisenhower mettait en garde ses concitoyens contre les dangers de l’expansion de la structure militaro-industrielle américaine (**). Evoquant l’émergence alors d’« une industrie d’armement permanente de grande échelle », l’ancien général tenait ce propos : « cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’État, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. (…) Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. »

Eisenhower est le dernier président américain à avoir tenu des propos d’une telle clarté et la guerre du Vietnam fut un monstrueux jackpot pour le complexe militaro-industriel américain. Tous les successeurs d’« Ike », y compris Jimmy Carter, ont ménagé cet Etat dans l’Etat. Et c’est bien ce dernier qui tire les ficelles. Dans les années 1960, les protestations populaires et intellectuelles contre la guerre au Vietnam mettaient directement en cause les marchands d’armes. Aujourd’hui, c’est à peine si l’on en parle quand il s’agit de réfléchir aux dégâts occasionnés par l’aventurisme militaire américain. Certes, les tueries de masse aux Etats-Unis mettent systématiquement la NRA (National Rifle Association) sur la sellette. Cette association (de défense des droits civiques, c’est du moins ainsi qu’elle se présente) est un puissant lobby qui défend l’usage des armes à feu et qui s’appuie, pour cela, sur le deuxième amendement de la Constitution américaine (qui garantit le droit de porter une arme à tout citoyen). C’est à la NRA que l’on doit, par exemple, la facilitation de la vente d’armes militaires aux particuliers (au nom du droit à « la chasse » ou « au loisir »).

Mais la NRA n’est qu’une part infime du complexe militaro-industriel des Etats Unis qui, lui, ne bénéficie pas de la même attention médiatique ou ne subit pas la même mobilisation citoyenne. Les aventures guerrières, a priori irrationnelles, des Etats Unis ne sont guère reliées au rôle actif, permanent et souterrain des marchands de mort. L’image de ces derniers a même changé. Dans la perception générale, ils n’existent que parce que l’Amérique a besoin d’eux et les sollicite pour défendre ses intérêts. Ils ne sauraient donc précéder la demande, voire l’encourager ou, mieux, la faire naître.

(*) Série réalisée par Ken Burns et Lynn Novick, Etats-Unis, 2017.
(**) « Discours d’adieu au peuple américain », texte intégral disponible sur le blog Lois des réseaux, http://reseaux.blog.lemonde.fr
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mardi 21 mars 2017

La chronique de l’économie : Quel avenir pour l’accord de l’Opep ?

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Le Quotidien d’Oran, mercredi 15 mars 2017
Akram Belkaïd, Paris


Va-t-on vers une nouvelle bataille des prix sur le marché pétrolier ? Près de quatre mois après la conclusion d’un accord de réduction de la production au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), les tensions entre producteurs refont leur apparition. Pour mémoire, les membres du Cartel avaient réussi à s’entendre pour limiter leurs pompages afin de soutenir les cours du brut et cette démarche avait reçu le soutien de la Russie. Or, l’accord conclu en novembre – et largement respecté par ses signataires - arrive à échéance en juin prochain et des questions se posent déjà quant à son prolongement. En début de semaine, le Koweït a fait savoir qu’il soutiendrait une telle prorogation mais l’on attend encore la position officielle de l’Arabie saoudite.

Guerre des prix

Si les interrogations se multiplient sur la future position de l’Opep, c’est parce que les prix continuent à être orientés à la baisse. Certes, il n’y a pas eu d’effondrement des cours et, en cela, on peut dire que l’accord de novembre dernier a atteint ses objectifs. Mais, dans le même temps, le baril plonge de manière régulière comme ces derniers jours où le WIT coté à New York a touché le plancher de 48 dollars. Les raisons d’une telle évolution sont connues depuis longtemps. Aux Etats Unis, le niveau actuel des prix permet aux producteurs de pétrole non-conventionnel, le fameux pétrole de schiste, de continuer leur activité. Le fait que les stocks américains de brut soient au plus haut confirme bien que ces producteurs ont su s’adapter et que, contrairement à ce qui était annoncé au cours des dernières années, ils n’ont pas perdu la « guerre des prix » que leur a imposé l’Arabie saoudite.

On le sait, le poids lourd de l’Opep s’était engagé dans un double bras de fer. Le premier contre son voisin iranien et le second contre les producteurs nord-américains de brut de schiste. Garder le même volume d’exportations, et cela quel que soit le niveau des prix, a longtemps été la stratégie de Ryad et cela afin de garder ses parts de marché et de pénaliser la rentabilité de ses concurrents. L’accord de novembre dernier constituait donc une mise entre parenthèse de cette approche. La question qui se pose désormais est de savoir si le Royaume va siffler la fin de la récréation et refuser que l’accord de novembre soit prolongé. Cela ouvrirait, bien sûr, une nouvelle course aux parts de marché et il est vraisemblable que le prix du baril baissera.

Quelle position vis-à-vis de Trump ?

Il resterait alors à Riyad de convaincre les Etats Unis que qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre hostile à l’encontre des producteurs américains, ces derniers comptant sur la nouvelle administration Trump pour protéger leurs intérêts. Le sujet devait certainement être évoqué durant la rencontre entre le locataire de la Maison Blanche et le vice-prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman (MBS). Il sera d’ailleurs intéressant de voir comment va évoluer la politique pétrolière saoudienne à l’aune des injonctions, souvent contradictoires, de Donald Trump. Ce dernier veut des prix de l’énergie abordables mais il souhaite aussi affaiblir l’Iran avant de décider de renégocier (ou de remettre en cause) l’accord de Vienne sur le nucléaire. Les Saoudiens sauront rappeler au milliardaire-président que le pétrole est un levier qui peut s’avérer efficace pour obtenir des concessions de la part de Téhéran. Quoi qu’il en soit, l’accord de l’Opep arrive bientôt à échéance et Riyad devra très vite clarifier sa position.


mardi 22 novembre 2011

Barack m'invite à dîner avec un pote

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Reçu ce courriel aujourd'hui de la part de Barack Obama.
Je ne suis pas sûr de pouvoir y aller. Alors, si ça intéresse quelqu'un...
Au fait, faut tout de même raquer...
Donate trois dollars ou plus, qu'il demande
Ah, oui, j'oubliais :
Faut aussi être tiré au sort
Mieux vaut tenter sa chance à la loterie pour les visas
Enfin...
La campagne pour 2012 est bien lancée !

Akram --

A few Thursdays ago, I had dinner with four Americans named Ken, Casey, Juanita, and Wendi -- the winners of the campaign's first Dinner with Barack contest.

I loved getting to know each of them.

We're taking names for the next dinner starting now, and this time I want to add a new feature: If you win, you can bring a guest.

Chip in $3 or more today to be automatically entered to win a spot for you and a guest at the next dinner.

The folks who this election is all about tend to fall under the radar of the D.C. pundits and traditional news media.

They're people like Juanita, who helped put her three sons through college on a teacher's salary while saving what she could for retirement.

Like Ken, a single dad who stood by his mother as she fought insurance companies while battling two forms of cancer.

They're like Casey, whose three young kids may not yet appreciate what courage it took for their dad to take a chance and start his own business.

And Wendi, an artist and third-generation teacher who canvassed, marched, and phone banked in Indiana in 2008, the year her home state defied the traditional electoral map.

These people weren't just there for themselves -- they were representing you, this movement, and the folks I go to work for every day as president.

These dinners are important to me because I want to spend time whenever I can with the people who sent me here. They're proving wrong the conventional wisdom that says campaigns should cater to Washington lobbyists and powerful interests. And they're an important reminder that this movement -- and my presidency -- have never just been about me.

I'm proud that we're choosing to run the kind of campaign where a dinner like this isn't just possible, it's a regular thing. And next time, I don't just want to meet you -- I want to meet someone else in your life.

Donate $3 or more, and start thinking about who you'll invite to dinner:

https://donate.barackobama.com/Dinner

Thanks for being part of this,

Barack


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