Lignes quotidiennes

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mardi 19 juin 2018

Au fil du mondial (5) : Conservatisme et innovation

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Comparé à d’autres disciplines, le football a souvent été qualifié de sport conservateur. Il est vrai que ses règles n’ont que très peu évolué au fil des décennies. Mais il faut atténuer ce propos car il y a tout de même eu des ruptures marquantes. Qui sait aujourd’hui qu’il fut un temps où les remplacements de joueurs en cours de match étaient impossibles même en cas de blessure [généralisation du premier remplacement en 1967 ; 1976 pour le second et 1995 pour le troisième]. Autre exemple, les règles qui interdisent au gardien de but de s’emparer d’un ballon provenant directement de l’un de ses coéquipiers ou de reprendre un ballon que lui-même a remis au sol. Dans ce cas précis, c’est une polémique qui est à l’origine du changement de règle. On se souvient des dizaines de minutes perdues par l’Italien Dino Zoff lors du match Italie Brésil en 1982. Les critiques et le ras-le-bol peuvent donc pousser le gardien du temple des règles, autrement dit l'International Football Association Board, souvent appelé l’International Board, à agir.

Composée de représentants de la Fifa et de ceux des fédérations anglaise, écossaise, galloise et nord-irlandaise (privilège accordé aux « inventeurs » du football), le « Board » est donc l’instance qui verrouille et applique un principe d’airain : les règles du football doivent rester simples et inchangées afin de garantir son universalité. Mais au cours des dernières années, son conservatisme a subi un revers de taille avec l’introduction de l’arbitrage vidéo. Il est encore trop tôt pour tirer les leçons de son usage dans une grande compétition (sauf, peut-être, pour relever que les penalties semblent plus nombreux). Mais une chose est certaine : de nouvelles règles sont dans les cartons : remplacements ou exclusions temporaires, apparition d’une ligne intermédiaire entre celle des buts et la médiane pour imposer l’équivalent du retour en zone au basket-ball, quatrième remplacement, etc. Avec l’adoption de l’arbitrage-vidéo, une digue majeure du conservatisme footballistique a cédé.


Akram Belkaïd, mardi 19 juin 2018

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