Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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vendredi 9 octobre 2015

La chronique du blédard : Syrie, que dire ?

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 8 octobre 2015
Akram Belkaïd, Paris
 
C’est un dilemme qui divise et oppose. Quelle attitude adopter vis-à-vis de ce qui se passe en Syrie ? Si la solidarité humanitaire est évidente (obligatoire), la question politique, elle, provoque gênes et silences. Ou bien alors, elle génère des avis tranchés pour ne pas dire définitifs ce qui limite le champ de la discussion et de l’échange. La Syrie, disons-le, est à l’origine de ruptures et de grandes discordes. A dire vrai, le problème paraît insoluble. Non, corrigeons cette affirmation. Il ne présente que des solutions imparfaites, inacceptables si l’on s’en tient à la morale et à l’éthique et si l’on met de côté tout cynisme ou, pour être moins abrupt, tout pragmatisme. La question tourne surtout autour du sort de Bachar al-Assad. Ainsi, nombreux sont ceux qui continuent de le défendre avec plus ou moins de nuances et cela au nom du respect du droit international et de l’anti-impérialisme.
 
Il est vrai qu’Assad est le président en titre de la Syrie et cela quelles que soient les conditions dans lesquelles il a été élu (ou dans lesquelles il a hérité de son pouvoir). Ses défenseurs ont beau jeu d’affirmer que la légitimité internationale est de son côté quand il fustige l’intervention d’une coalition étrangère sur son sol, cette dernière agissant, il faut le rappeler, sans aucun mandat ni feu vert des Nations Unies. Qu’on le veuille ou non, les pays qui bombardent actuellement la Syrie au nom de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) sont dans l’illégalité (même si elles avancent l’argument de la légitime défense). On peut dire que c’est la faute de la Russie (sans oublier la Chine) qui refuse tout accord en ce sens au sein du Conseil de sécurité mais la réalité est bien là. Douze ans après une intervention militaire illégale en Irak car non approuvée par l’ONU, les pays occidentaux renouent avec ce qui n’est rien d’autre qu’une politique de la canonnière, fut-elle motivée par de bonnes intentions, c’est-à-dire lutter contre une organisation terroriste coupable de nombreuses exactions.
 
A l’inverse, et pour continuer dans la même veine, on peut dire aussi que l’intervention militaire russe est légale puisqu’elle se fait à l’appel et avec l’aval du gouvernement syrien – lequel, il faut le rappeler, reste reconnu par une bonne partie des membres de l’ONU. Enfin, Assad est aussi présenté comme le dernier rempart face au pire, c’est-à-dire une Syrie – ou ce qu’il en resterait – dirigée par des mouvements islamistes sunnites auprès desquels les Talibans passeraient pour d’aimables prêcheurs. Le vide politique est tel qu’on a du mal à voir autre chose qu’une alternative théocratique à un régime dont les partisans rappellent sans relâche qu’il est « laïc » et qu’il demeure encore l’adversaire déclaré d’Israël.
 
Il y a du vrai dans ce qui précède. La perspective que le groupe Etat islamique (Daech) ou ses alliés de fait puissent s’installer demain à Damas est cauchemardesque. Pour autant, il est des vérités qu’il ne faut pas oublier et que l’on se doit de rappeler sans cesse. Cette situation dramatique, c’est bien Assad qui l’a voulue en usant, dès le printemps 2011, d’une violence inouïe contre l’opposition pacifique et en relâchant des milliers de prisonniers radicaux dont il savait très bien qu’ils prendraient les armes contre son régime à la première occasion. Dans un monde où la perception simpliste des événements est renforcée par Hollywood et les spin doctors de tout bord, la stratégie suivie par le président syrien peut défier l’entendement. Elle ne devrait pas surprendre les Algériens qui ont vécu dans leur chair les conséquences de la culture des coups tordus façonnée par le KGB. Principe de base : créer un ennemi pour garantir sa propre survie. Lui permettre d’exister. Au besoin, s’affaiblir en le renforçant. User de cet ennemi comme levier pour exercer une violence impitoyable contre toute autre menace. Contre toutes les oppositions…
 
Non. Assad est tout sauf un héros. Ce n’est pas l’héritier lointain de Nasser. C’est un criminel qui tue son peuple après l’avoir longtemps privé de ses libertés. Que son principal ennemi d’aujourd’hui soit un autre monstre ne change rien à l’affaire et ne saurait lui offrir la moindre réhabilitation ou rédemption. Une fois affirmé le principe du « ni-Assad, ni Daech », que peut-on alors attendre pour la Syrie ? Il y a d’abord et surtout la nécessaire solidarité avec les réfugiés de l’extérieur comme ceux de l’intérieur. Leur venir en aide, d’une manière ou d’une autre, peut être vu comme un acte dérisoire au regard du fracas qui disloque leur pays. Ce n’est pas une raison qui justifie l’égoïsme. Pour le reste, on peut juste espérer que c’est la moins mauvaise des solutions qui se dessinera au terme de cette période de violences et de grandes manœuvres qui masque les habituelles tractations diplomatiques. D’abord, le départ d’Assad qui passera nécessairement par des négociations entre Moscou et Washington. Encore faut-il que l’intéressé et son clan acceptent et que, surtout certains membres de la coalition occidentale le veuillent aussi. En effet, quand on répète à l’envi qu’Assad sera jugé, c’est que, quelque part, on préfère l’acculer pour qu’il reste au pouvoir faute d’échappatoire possible…
 
Le départ d’Assad donc. Ensuite, la formation d’un gouvernement d’union nationale – où la place des alaouites serait garantie et où l’opposition islamiste (hors Etat islamique) devra nécessairement être représentée. Cela signifie que l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie, autrement dit les trois puissances régionales qui interviennent directement ou indirectement dans le conflit, auront trouvé un accord en ce sens (et que les va-t’en guerre occidentaux aillent ailleurs). L’objectif sera alors la restauration de l’intégrité territoriale de la Syrie, le désarmement des milices et la victoire militaire contre le groupe Etat islamique. Un programme qui paraît insurmontable mais à défaut de le réaliser, c’est tout simplement la fin de la Syrie en tant qu’Etat qui est annoncée.
 
Postscriptum du 9 octobre 2015 : Dans tout ce fracas, que Vladimir Poutine, tueur de Tchétchènes puisse faire l’objet d’admiration dans de nombreux pays arabes est tout simplement sidérant… On y reviendra.
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lundi 17 mars 2014

La chronique du blédard : Quelques réflexions sur la crise ukrainienne

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 13 mars 2014
Akram Belkaïd, Paris

Les médias occidentaux tiennent enfin leur méchant global, celui qui empêche la planète de bien tourner. Il s’agit, bien entendu, de Vladimir Poutine, le président de la Russie. Entendons-nous bien, il n’est pas question de défendre celui qui, dans un monde normal et juste, devrait être jugé pour ce qui s’est passé en Tchétchénie dans les années 1990 cela sans compter la manière, pour le moins expéditive, dont il est s’est débarrassé de nombre de ses opposants. C’est évident, Poutine est un autocrate qui entend faire le maximum de mandats présidentiels et qui empêchera la Russie d’évoluer vers un système plus démocratique et ouvert. Mais, le problème, c’est que sa position quant à la crise ukrainienne est trop souvent analysée selon le prisme simplificateur du bien contre le mal. On aurait, d’un côté, des Ukrainiens pro-européens, démocrates et modernistes et, de l’autre, un camp réactionnaire, liberticide et même impérialiste puisque Poutine est accusé de vouloir restaurer la grande Russie des tsars voire l’Union soviétique. Or, l’affaire est bien plus compliquée que cela.

Qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Iran, de la Géorgie et, aujourd’hui, de l’Ukraine, la position et les décisions concrètes de Poutine sont trop souvent assimilées à de l’irrationalité et à de l’imprévisibilité sur le thème du « c’est connu, les dictateurs sont tous des fous… ». Or, dans cette crise ukrainienne, la Russie a sa propre logique. Elle défend d’abord sa sphère d’influence et il est ahurissant de voir les Occidentaux s’étonner que Moscou leur dise « pas touche à mon voisinage direct ». A quoi s’attendait donc l’Union européenne (UE) en proposant un accord d’association à Kiev si ce n’est de provoquer la colère de Moscou ? Petite parenthèse, on relèvera au passage que l’enjeu n’en valait guère la chandelle. En effet, ce qui a été proposé à l’Ukraine, ce n’est pas une adhésion à l’UE. Ce n’est pas la possibilité de profiter des fonds structurels ou de bénéficier d’aides pour l’acquis communautaire. Non, ce que Bruxelles a « offert » aux Ukrainiens, c’est plus de libre-échange (car c’est à ça que servent principalement les accords d’association), des crédits à des taux à peine bonifiés et plus d’implication dans la lutte contre les flux d’immigration clandestine. Toute cette crise pour ça… Fin de la parenthèse.

Sur le plan économique, la Russie a des intérêts énormes en Ukraine, pays, il faut tout de même le rappeler, qui est considéré comme étant le berceau du monde russophone. A Moscou, qu’ils soient ou non proches du Kremlin, les grands patrons se sont inquiétés de se voir peu à peu déloger de ce qu’ils considèrent être comme une chasse gardée. Pour simplifier, c’est un peu à l’image du patronat français qui ne cesse de se plaindre auprès du président François Hollande de l’offensive générale de la Chine au Maghreb et en Afrique subsaharienne. La crise actuelle ne peut donc se résumer à une belle bataille entre la démocratie du monde libre et les forces totalitaires. Ce qui se passe en Ukraine, est une guerre économique pour le contrôle d’un pays, certes en banqueroute, mais dont le potentiel industriel et agraire intéresse au plus haut point les grandes multinationales occidentales qui aimeraient bien réduire l’influence des oligarques russes et ukrainiens.

Mais restons sur cette thématique économique et posons une question qui, a priori, va sembler hors de propos. Quel est le rapport entre la crise ukrainienne et le football européen ? Aucun, diront celles et ceux qui ne s’intéressent guère à la balle ronde et ils auront tort. Car, au moment même où chancelleries et médias occidentaux s’inquiètent et s’indignent de ce qui se passe en Crimée, les amateurs du sport-roi apprennent à chaque diffusion d’un match de la Ligue des champions que le généreux sponsor de cette compétition – la plus prestigieuse en Europe occidentale et même dans le monde – n’est autre que le géant russe Gazprom et cela depuis 2012. De même, on relèvera – chose qui a été très peu commentée – que le patronat allemand est absolument contre la moindre sanction contre la Russie ne serait-ce que parce que 31% du gaz naturel consommé en Allemagne est livré par Gazprom. Cette réticence existe aussi chez de nombreux patrons français pour qui le pays de Vladimir Poutine est un marché en croissance qu’ils ne peuvent abandonner à d’autres concurrents. Cela signifie que l’on n’est pas en présence de deux blocs hermétiques l’un à l’autre et donc susceptibles d’entrer en collision. Bien au contraire, les milieux d’affaires sont de plus en plus imbriqués. Du coup, il ne faut pas s’étonner d’entendre Gerhard Schröder critiquer avec virulence la position de la France et de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie puisque le prédécesseur d’Angela Merkel est aujourd’hui président du conseil de NordStream, société contrôlée par Gazprom…

Terminons enfin par la question de la Crimée en rappelant d’abord que cette péninsule n’a été séparée de la Russie et rattachée à l’Ukraine qu’en 1954 dans le cadre d’un redécoupage interne (et arbitraire) à l’Union soviétique. Au-delà de la légalité de l’annexion que semble vouloir imposer Moscou, on est aussi obligé d’examiner la question du sort et de la sécurité de la population russophone de Crimée ou alors cela signifierait que pour l’Occident il y a des minorités qui comptent et qu’il faut protéger et d’autres pas. De même, qui peut vraiment croire que Moscou acceptera qu’une Ukraine pro-européenne puisse contrôler d’une manière ou d’une autre la base navale de Sébastopol, lieu de mouillage de la flotte russe de la mer Noire ? Là aussi, c’est donc la réalité géopolitique qui prime.

Comment tout cela va se terminer ? Tout dépend de la manière dont la position américaine va évoluer. Obama va-t-il opter pour plus de fermeté ou pour un pas en retrait dans un contexte où les sirènes de l’isolationnisme se font de plus en plus entendre à Washington. En tous les cas, une chose est sûre : l’Europe, malgré son agitation ne pèse guère dans ce monde en recomposition. Sans diplomatie commune, sans politique unifiée de la défense, et, on ne le répétera jamais assez, sans leadership d’envergure, elle risque de sortir de ce conflit encore plus discréditée qu’elle ne l’est aujourd’hui. De cela, l’Allemagne d’Angela Merkel en a conscience et c’est vraisemblablement ce pays qui détient la clé de sortie de crise.
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lundi 18 juin 2012

La chronique du blédard : Monologue du crypto-stal

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 14 juin 2012
Akram Belkaïd, Paris

T’as vu l’équipe russe ? Ils jouent bien, hein ? Ça a toujours été comme ça. De l’organisation, de la technique et du style. Et, en plus de ça, de la correction. Bon, sur ce plan, c’est moins vrai qu’avant. Le capitalisme, ça favorise les sales manières. Mais t’aurais vu l’équipe de l’URSS ou même des autres pays de l’Est, Yougoslaves mis à part. Jamais de mauvais geste, jamais de contestation contre l’arbitre même quand il sifflait des fautes imaginaires. Il en est resté quelque chose. Regarde l’Ukraine, c’est la même chose. De la discipline et de la solidarité. De l’éducation aussi. Les joueurs faisaient des études supérieures, ils avaient un métier. C’est pas comme les ânes friqués d’aujourd’hui. Le communisme ça avait quand même du bon… Y’avait pas de hooligans à l’époque.

Je ne suis pas naïf. La Russie ne peut pas être championne d’Europe. Les arbitres ont des instructions. Ce pays ne peut pas gagner, ça créerait trop de problèmes. C’était déjà comme ça avec l’URSS. Bien sûr que si ! Souviens-toi de tous les matchs qu’ils ont perdus à cause d’un arbitrage aux ordres. C’est toi-même qui m’as dit que tu avais été longtemps dégoûté du foot à cause du match URSS – Belgique de 1986. Ah, tu vois ! Un scandale, hein ? Oui, sauf que c’était tout le temps comme ça. Les clubs russes ont passé leur temps à être volés. Tout ça parce qu’il ne fallait pas que les communistes l’emportent !

Laisse-moi te raconter un truc. La seule fois où l’URSS a gagné un titre européen, c’était en 1960 contre la Yougoslavie. Tu sais quoi ? L’arbitre de la finale, on n’a plus jamais entendu parler de lui. Mines de sel ! Il a été puni parce qu’il n’a pas fait le boulot ! Les capitalistes, la Fifa et le reste, ils préféraient encore que les bandits de Tito gagnent. Ensuite, ça été pire. En 1964 et en 1972, les soviétiques sont allés jusqu’en finale, et à chaque fois, l’arbitrage a donné un coup de pouce aux autres. Y’a jamais eu de plus grand gardien de but au monde que Yachine ! Y’a jamais eu de plus beau football que celui du Dynamo de Kiev.

Tu imagines les conséquences ? Une équipe communiste championne du monde ou d’Europe en pleine guerre froide? Impossible. Ça aurait donné des idées aux travailleurs. Non ! Rien n’a changé. Les critiques contre Poutine, ça reste de l’anticommunisme primaire. Ça ne s’explique pas autrement. Les gens parlent de démocratie, de droits de l’homme, mais en fait, ce qu’ils détestent, c’est l’idée que la Russie d’hier soit encore là et qu’elle puisse menacer le modèle occidental. Poutine, c’est quoi ? C’est le redressement de la Russie. C’est la fierté d’un peuple qui s’est retrouvé nu comme un ver dans les années 1990. C’est des salopards qui ont pillé le pays et qu’il jette en prison. Et ça, les Américains ne peuvent pas le supporter, alors ils arrosent les médias d’informations négatives sur lui et Medvedev.

Quoi, les Tchétchènes ? Ah non, tu vas pas faire du communautarisme, hein ! C’est quoi les Tchétchènes ? Ils sont combien ? Qui en entendait parler à l’époque de l’URSS ? Est-ce que vous parliez d’eux en Algérie dans les années 1970 ou même dans les années 1980 ? Moi, j’veux bien qu’ils défendent leur droit, mais de manière pacifique pas avec du terrorisme et tout ça. Ils n’avaient qu’à se regrouper dans un parti politique puisque c’est comme ça que ça se passe maintenant. Et puis l’indépendance pourquoi faire ? Pour qu’il y ait des mosquées partout ? Des barbus, des madrassas et tout le reste ?

C’est comme la Géorgie. Le type, c’est un affairiste  à qui les Américains ont lavé le cerveau et on nous le présente comme un grand démocrate. Tu parles… Du business, oui. Le gars, il te déclenche une guerre contre la Russie et quand il reçoit la pâtée, il se met à hurler au secours. Fallait le laisser se débrouiller au lieu de lui sauver la mise. Y’a un grand pays, un géant régional, il faut le respecter et ne pas l’embrouiller dans son jardin. Les Européens, ils feront quoi si demain quelqu’un vient se mêler des affaires du Luxembourg ou du Danemark ? La géopolitique, c’est comme ça. Chacun son gâteau. Faut laisser les Russes tranquilles. Ils sont en train de redevenir aussi fort qu’avant. J’comprends que ça puisse faire peur…

Tu vois, tu es communautariste et corporatiste. Bien sûr que c’est moche une journaliste qui se fait tuer. Une journaliste ou quelqu’un d’autre d’ailleurs. Pour moi, y’a pas de hiérarchie, alors que vous, les journalistes, vous hurlez dès qu’on touche à l’un des vôtres. Mais est-ce que c’était vraiment une journaliste, hein ? T’en es sûr ? Qui te l’a dit ? Newsweek ? Les journaux de Murdoch ? Et qu’est-ce qu’elle faisait à se mêler des histoires de Tchétchènes ? Moi, on m’a même dit qu’elle avait un passeport américain. Donc… Ça  veut dire que c’est plus compliqué que ça.

Bien sûr qu’on est nombreux à penser comme ça ! C’est pas parce que le parti a changé qu’on a disparu. Faut pas croire ce raconte la télé… On n’est pas visible, c’est tout. Les gens disent qu’on est démodé. Il y a des camarades qui ont retourné leur veste et qui nous expliquent que ce à quoi on croyait c’est du passé. Sauf que le passé, il réapparaît toujours d’une manière ou d’une autre. Demain, dans un an, dans dix ans, quand le capitalisme aura fait encore plus de dégâts, ça reviendra. On sera aussi fort qu’avant. En attendant, on est des résistants. On entretient la flamme. On continue de croire en l’histoire. C’est ça qui est le plus important.
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