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dimanche 8 janvier 2012

Reconnaître que les islamistes demeurent influents démontre l’échec du pouvoir algérien

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Point de vue dans El Watan, 6 janvier 2012


Akram Belkaïd; journaliste et essayiste. Reconnaître que les islamistes demeurent influents démontre l’échec du pouvoir algérien
Alors que le Monde arabe bascule vers une mainmise des islamistes – il suffit de se reporter aux situations de la Tunisie, de l’Egypte ou de la Libye pour s’en convaincre – l’Algérie fait désormais figure d’exception avec un système politique où les partis religieux ne sont pas dominants. Dès lors, on peut faire une remarque et poser une question. La remarque concerne le fait que le dérapage de la transition démocratique algérienne à partir de 1992 (annulation de la victoire électorale du FIS et explosion de la violence) fait figure d’exemple à ne pas suivre, ce qui incite les islamistes tunisiens ou égyptiens à faire preuve de modération. La question, elle, concerne l’avenir de l’Algérie. Le pays va-t-il finir par basculer dans l’islamisme à la faveur de nouvelles élections ? Peu importe la réponse, car le fait même que l’on s’interroge là-dessus et que l’on reconnaisse que les islamistes demeurent influents démontre l’échec du pouvoir algérien. Ce dernier a eu vingt ans pour effacer la victoire du FIS et engager l’Algérie dans une nouvelle voie. Cela ne s’est pas fait et cela confirme, à mon sens, qu’il aurait mieux valu respecter le choix populaire du 26 décembre 1991. Mais l’on ne refait pas l’histoire…
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1 commentaire:

Varzen a dit…

Mais bien sûr que si, on peut refaire l'Histoire. Ce n'est pas le moindre des prodiges auquel donne droit l'appartenance à cette glorieuse nation qu'est l'Algérie.

Ceci étant, les Algériens n'ont pas inventé l'islamisme. Si celui-ci triomphe dans trois ou quatre bleds au climat providentiellement propice, ça n'est certes pas sa faute.

Vous dites: "Ce dernier a eu vingt ans pour effacer la victoire du FIS et engager l’Algérie dans une nouvelle voie." D'où tenez-vous pour acquis que : la victoire du FIS n'a pas été effacée et surtout, surtout, que le pouvoir aurait eu le projet d'engager le pays vers une nouvelle voie? Il me semble que vous attribuez là un crédit tout à fait immérité à un système au sujet duquel on ne peut affirmer qu'une seule chose avec certitude, c'est qu'il ne travaille ("fomente" serait peut-être plus approprié)méthodiquement qu'à se maintenir, envers et contre tout et tous.

Pour un test grandeur nature sur le niveau d'influence de l'islamisme en Algérie, il faudrait que le FIS reprenne sa place sur l'échiquier politique. Ce n'est pas encore le cas, bien qu'on pourrait penser, dans quelque officine enfumée et malodorante, que cela pourrait être "jouable".

Les forces islamistes en présence actuellement dans le pays tiennent plus du mercantilisme religieux de bas étage que du projet théocratique exalté et radical, prêt à marcher sur les cendres de tout ce qui peut se consumer pour arriver à ce chimérique Grand Ordre Islamique.

A quoi devons-nous cette reddition islamiste à la prodigue écuelle du maître? Qui devons-nous remercier pour ce spectacle édifiant de la compromission islamiste?

L'intégrisme islamiste, qui a écrit quelques- une de ces plus mémorables pages en Algérie, se prépare peut-être avec fébrilité à une cure de jouvence qui décevra toutes ses attentes. Ce ne serait que justice. Et un formidable pied-de-nez de l'Histoire. (Histoire à qui il restera encore énormément à faire).