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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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vendredi 20 juillet 2018

La chronique du blédard : Une équipe de (vrais) Français

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 19 juillet 2018
Akram Belkaïd, Paris


Champs-Élysées, dimanche 15 juillet 2018 (photo Akram Belkaïd)


La victoire des Bleus en finale de la coupe du monde de football ne plaît pas à tout le monde y compris en France. Avant même le sacre de dimanche dernier, les réseaux sociaux ont charrié des messages ouvertement racistes et favorables à l’équipe croate au prétexte que cette formation serait, elle, « blanche et véritablement européenne ». Ce n’est pas une surprise. Dans le contexte européen actuel, la parole raciste s’est libérée depuis longtemps et celles et ceux qui estiment que l’équipe de France n’est pas représentative de la « vraie » population française, autrement dit blanche et chrétienne, ne font que reprendre les propos du « philosophe » Alain Finkielkraut.

Dans un entretien accordé au quotidien israélien Haaretz (25 novembre 2005), ce dernier avait ainsi déclaré : « On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe. » Rien de nouveau sous les voutes putrides… Déjà, à l’époque, cette déclaration sonnait comme une vengeance contre l’euphorie née de la victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde en juillet 1998.

Au fil du parcours de l’équipe entraînée par Didier Deschamps, on a pu lire ici et là des suppliques incitant à ce que l’on ne tombe pas dans le piège de l’exaltation du « black – blanc – beur ». Cette idée, plutôt répandue, me fait penser qu’il y a bel et bien une régression par rapport à 1998. A l’époque, même une personnalité aussi controversée que Charles Pasqua, ancien ministre de l’intérieur et instigateur des tristement célèbres « charters » pour Bamako (renvoi de sans-papiers), avait plaidé pour une « France plus généreuse » en matière d’accueil et d’intégration. Bien sûr, l’esprit de juillet 1998 s’est vite étiolé, aidé en cela par le choc des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et par la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française de 2002.

Mais à qui la faute ? Pourquoi d’une communion nationale est-on passé à des émeutes à l’automne 2005 ? La réponse est simple : après 1998, la classe politique française comme le monde des affaires et de l’entreprise n’ont pas été à la hauteur des enjeux et le statu quo n’a pas été remis en cause. Aujourd’hui, le message délivré est clair. Il met en garde contre tout emballement. La victoire de l’équipe de France ne saurait constituer un catalyseur pour que ce pays fasse mieux (on n’écrira pas qu’il ne fait rien) en matière de lutte contre les inégalités sociales et les discriminations.

Revenons aux contempteurs des Bleus. En Italie, pays dirigé aujourd’hui par des néo-fascistes, une véritable vague de haine a déferlé sur les réseaux sociaux. Même un journal comme le Corriere della Sera, l’un des plus diffusés, n’a pas pu s’empêcher d’ironiser sur la nature « africaine » de l’équipe française et de lui opposer une équipe croate composée « seulement de Blancs ». Par contre, aucune ligne sur le fait que le chanteur ultranationaliste croate, Thompson (de son vrai nom Marko Perkovic), accusé de sympathie pour le régime oustachi pronazi, était présent dans le car des joueurs de la Croatie qui a paradé à Zagreb…

En Italie, comme ailleurs, un tweet, partagé des milliers de fois, représentait les visages des principaux joueurs français avec le drapeau et le nom de leur pays africain « d’origine ». A l’inverse, on retiendra les propos de l’ancien président des États-Unis Barack Obama : « Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces gars ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois. Ils sont français, ils sont français ! » (Paroles prononcées lors d’un discours à Johannesburg à l’occasion du centenaire de la naissance de feu Nelson Mandela).

Par une symétrie fréquente, l’argument du « ils sont d’origine africaine » est aussi repris par des personnes pourtant à l’opposé des courants identitaires et racistes. L’idée, pour elles, est de démontrer que l’immigration fait « du bien » à la France puisqu’elle lui offre des champions. Il y a aussi l’idée implicite que l’ancienne puissance coloniale continue d’exploiter l’Afrique. C’est là où la prudence et la raison s’imposent. Si l’on considère, comme le présent chroniqueur, que ces joueurs sont d’abord et avant tout Français, il faut bien réfléchir à la question du « qui bénéficie de qui ». Précisions notre pensée. Ces joueurs ont certes des parents originaires d’Afrique mais ils sont nés en France ou, pour certains, ils y sont arrivés à leur plus jeune âge. Autrement dit, c’est la France qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Vaille que vaille, c’est la France qui les a formés. Exception faite de Lucas Hernandez, formé en Espagne, tous les autres joueurs ont eu leur première licence de football dans un (petit) club français. Nous ne sommes pas dans le cas où la France est allée « chercher » (acheter ?) des joueurs déjà formés pour bénéficier de leur talent, à l’image du Qatar qui s’est offert une équipe nationale d’handball en naturalisant des joueurs aguerris venus d’un peu partout.

La formation française en matière de football n’est pas un mythe. Le quotidien Le Monde rappelle ainsi que « sur les 736 joueurs ayant participé à la Coupe du monde de football 2018, cinquante-deux (52) sont nés et ont été formés en France. » (1) Et pour qui suit ce sport de près, il suffit de se pencher sur l’actuel marché des transferts pour se rendre compte que tous les clubs européens sillonnent la France à la recherche de jeunes pépites prometteuses.

Bien sûr, ces Bleus champions du monde sont aussi le fruit d’une éducation familiale, d’une transmission de valeurs, d’un « bain » culturel mais ce n’est pas cela qui fait le bon athlète. Au Cameroun, pays d’origine de son père, comme en Algérie, pays d’origine de sa mère, on parle beaucoup de Kylian Mbappé. Mieux, on se l’approprie. Certes, il y a de quoi être fier qu’un petit-enfant du pays soit champion du monde. Mais ce titre, Mbappé, 19 ans, ne le doit ni au Cameroun ni à l’Algérie. Ce n’est pas dans ces deux pays qu’il aurait trouvé les conditions sociales, les structures sportives et pédagogiques pour progresser et devenir ce qu’il est aujourd’hui. Par contre, s’il est un endroit qui peut revendiquer sa part de Coupe du monde, c’est la ville de Bondy en région parisienne et son club de l’AS Bondy. Idem avec l’US Fontenay-sous-Bois de Blaise Matuidi ou l’US Roissy-en-Brie de Paul Pogba ou encore, pour ne prendre qu’eux, l’AC Villeurbanne pour Nabil Fekir ou l’ES Fréjusienne pour Adil Rami.

De tous les pays africains mis en avant dans le fameux tweet cité précédemment, aucun n’a fait l’effort d’investir le millième de ce que la France a consenti pour les sports. Et qu’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une question de moyens. De l’argent, il y en a en Afrique, du moins il devrait y en avoir pour ce qui concerne le football. Qu’ont fait, ou que vont faire, les pays africains qui ont joué la Coupe du monde des centaines de milliers de dollars que la FIFA et leurs sponsors vont leur verser ? Combien de stades, de gymnases ou de piscines vont être construits ? Combien d’éducateurs pour jeunes vont être formés ? Combien de ballons vont être distribués ? Combien de médecins du sport ? De nutritionnistes ? On connaît la réponse…

D’où viennent les titres mondiaux du football français ? D’une décision de la fédération de France de football passée inaperçue à l’époque. Celle, prise en 1976, d’acheter un terrain et de créer l'institut national du football de Clairefontaine (inauguré en 1988) dont on connaît le rôle charnière en matière de formation. A ce jour, aucune fédération africaine ne dispose d’un centre équivalent, même plus modeste. Nous connaissons tous le bordel, pardon pour ce mot, qui règne dans ces fédérations aux effectifs pléthoriques où règnent en maître des fripouilles et autres affairistes qui n’ont rien à voir avec la pratique du sport. Nous savons tous où cet argent va aller ou, plutôt, nous savons tous où il n’ira pas…

L’équipe de France est une belle équipe. Elle est française, il n’y a aucun doute là-dessus. Et sans renier les origines des uns et des autres, disons simplement que ce n’est pas une équipe africaine qui a été sacrée championne du monde, dimanche 15 juillet. C’est l’équipe de France où jouent des Français dont, pour certains, les parents sont Africains. Pourquoi ces derniers sont-ils allés en France est une autre question qui n’a rien à voir avec le football et le sacre des Bleus le 15 juillet 2018 à Moscou.


(1) « Football : la France est aussi championne de la formation des joueurs », 18 juillet 2018.

lundi 16 octobre 2017

La chronique économique : Le défi numérique en Afrique

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Le Quotidien d’Oran, mercredi 11 octobre 2017
Akram Belkaïd, Paris

Concernant l’Afrique, les clichés changent d’une époque à l’autre. Après le pessimisme, l’afro-optimisme a désormais le vent en poupe. Et le secteur numérique n’échappe pas à la règle. Un récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) affirme ainsi que le Continent est le marché d’avenir pour tout ce qui a trait au digital. Il est vrai que les progrès sont importants. Des pays comme l’Afrique du sud, le Kenya, la Tunisie ou l’Egypte voient des pans entiers de leurs économies être gagnés par le numérique. Mais est-ce suffisant pour être aussi confiant ?

Des progrès à faire

De fait, la Cnuced met néanmoins en garde les pays africains sur le retard qu’ils prennent. S’ils veulent profiter des gisements de croissance qui existent dans le « big data » (traitement des données à grande échelle), l’intelligence artificielle ou les impressions en 3D (qui offrent des alternatives intéressantes au manque d’infrastructures industrielles), ces pays doivent rattraper le temps perdu. Outre l’investissement dans les nouvelles générations d’internet mobile et dans les réseaux de fibre optique, l’une des urgences est le commerce électronique. La règle est simple : sans possibilités de paiement via internet, pas de développement des échanges. De nombreux pays, à commencer par l’Algérie, sont encore à la traîne. Le paiement électronique, le paiement sécurisé via carte bancaire ou, tout simplement, le porte-monnaie électronique, ne sont pas disponibles pas plus que les transactions via téléphone mobile. C’est la conséquence directe de la faiblesse des secteurs bancaires qui n’ont guère investi pour le développement de la monétique.

L’autre grand enjeu est la logistique. Dans le monde, le numérique tire profit des grands bouleversements logistiques des années 1990 (et il les renforce aussi). Production en « juste à temps », « lean management » (gestion au plus près des ressources disponibles), optimisation des stocks, voilà les grands axes auxquels s’adosse l’économie numérique avec, en prime, l’optimisation des entrepôts. Cette économie repose aussi sur la capacité d’un pays à garantir le bon état des circuits de livraison. Même si Amazon rêve de généraliser les envois par drones, la route, le chemin de fer et l’avion demeurent encore incontournables. Et il s’agit là de domaines où le continent africain doit absolument faire des progrès et éviter de privilégier les solutions de « débrouille » qui le maintiendront en marge des grands échanges internationaux.

L’enjeu de la sécurité


Enfin, la sécurité des données est un enjeu primordial. Le Continent s’est fait une petite réputation en matière de piratage et de développement de compétences en matière de programmation (Nigeria, Tunisie,…). Mais de trop nombreuses entreprises demeurent vulnérables aux attaques malveillantes et au piratage. On voit mal le commerce électronique se développer si une industrie de la protection informatique ne se développe pas en étant encouragée par les Etats. Comme pour les deux domaines cités ci-dessus, cela passe par d’importants efforts de formation à l’université ou en-dehors. Et dans ce cadre, l’Afrique anglophone, notamment le Kenya et l’Afrique du sud, a pris une sérieuse avance. En tout état de cause, la bataille pour le leadership continental a commencé depuis longtemps car le digital n’attend pas.
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vendredi 28 juin 2013

La chronique du blédard : De Dakar à Paris, à petites foulées

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 27 juin 2013
Akram Belkaïd, Paris
 
Courir… Courir pour réfléchir, pour découvrir ou redécouvrir la terre d’Afrique. Courir aussi pour, au bout du long chemin, revisiter les lieux de son enfance et de ses origines, pour prendre la mesure de l’évolution, inquiétante, de son propre pays, à savoir la France. Courir enfin pour réfléchir, avoir de nouvelles idées d’écrits, d’articles et de livres. Journaliste amoureux de l’Afrique, marié à une Sénégalaise, Pierre Cherruau, ami du présent chroniqueur auquel l’honnêteté commande de faire cette précision, appartient à la grande fraternité des joggers. A petites foulées, il a relié Dakar à Paris en un marathon singulier qu’il nous raconte dans son dernier livre (*).
 
Sslick, sslock… nous suivons donc sa course sur la latérite, cette terre rouge si caractéristique de l’Afrique de l’Ouest. Une course qui le mène aussi sur le sable des plages sénégalaises, où il croise des lutteurs, véritables vedettes nationales, à l’entraînement. Une course d’endurance qui l’oblige à s’engager, vaille que vaille, sur le goudron des routes meurtrières où les chauffards sont rois et légion. On le suit donc, traversant cette Afrique où il « rêve davantage » et dont il écrit qu’elle l’a « toujours inspiré, apaisé, consolé », qu’elle lui a « toujours porté chance » et que c’est pour cela qu’il compte sur elle pour lui indiquer « une voie nouvelle ».
 
Chaque étape du périple, chaque halte, est une occasion de prendre la mesure des réalités africaines. Voici notre coureur à la pointe des Almadies à Dakar, cette ville transformée « en vaste chantier perpétuel ». Le lecteur court à ses côtés le long de la corniche, cette « route des riches » avec ses maisons à plusieurs millions d’euros et cette question qui, d’emblée s’impose : d’où vient l’argent ? Détournement de fonds publics ou de l’aide internationale au nom d’un « coefficient d’évaporation » d’au moins 15% ? Ou bien encore, est-ce le blanchiment des revenus sans cesse croissants d’un trafic de cocaïne à destination de l’Europe mais qui gangrène désormais toute l’Afrique de l’Ouest ?
 
Maintenant l’auteur traverse le Plateau, passe à côté du cimetière Bel Air où est enterré Léopold Sédar Senghor, se désole de l’état calamiteux de la baie de Hann, véritable « désastre écologique ». Le voici déjà à Thiaroye d’où partent les pateras à destination de l’Europe. Ici, comme à Saint-Louis qu’il ralliera plus tard, les « S’en fout-la-mort » défient l’océan et n’ont pour mot d’ordre que « Barça ou Barsakh », c'est-à-dire Barcelone ou la mort… Viennent ensuite Diacksao, banlieue abandonnée où l’on s’organise comme on peut. Rufisque, ville où, affirment les Dakarois, « les forces mystiques sont très puissantes » surtout à la tombée de la nuit. L’auteur s’en moque, il aime à avancer entre chien et loup et n’a pas peur des fantômes. Il affirme même vivre avec eux.
 
Car, dans sa course, Pierre Cherruau n’est pas seul. Il y a d’abord certains auteurs qui l’accompagnent. Bipago Dipo, Amadou Hampâté Bâ, Abasse Ndione, Wolé Soyinka mais aussi Henning Mankell, Lucio Mad et Simenon. Mais, il y a surtout le souvenir prégnant de son père, journaliste lui aussi et disparu de cette maladie, le cancer, que les médias et les gens disent longue pour ne pas la nommer. « Juste avant de mourir, mon père a écrit sur un papier gris, d’une écriture tremblante, que sa plus grande fierté c’était de m’avoir transmis la passion de la course à pied » écrit l’auteur. Voici donc l’une des clés de ce voyage particulier, de cette entreprise quelque peu déraisonnable. Tout au long de ses foulées, en Afrique comme sur les bords de Loire, il est souvent confronté à l’idée de la mort. Celle de ses proches disparus, celle des moutons jetés sur le bas-côté ou celle des victimes des bus lancés à toute allure.
 
C’est à un anti-rallye Paris-Dakar que nous convie Pierre Cherruau. Le périple d’un « toubab », un blanc, qui, au soir de ses haltes, dort chez l’habitant et évite soigneusement ces grands hôtels luxueux que tant de pseudo grands-reporters affectionnent. Pour les Sénégalais qui le voient avancer sous un soleil de plomb, la peau dévorée par les allergies dues à la pollution, ce coureur n’est rien d’autre qu’un « blanc gâché », c’est-à-dire désargenté, qui ne possède pas de 4x4 et qui se contente d’une simple bouteille d’eau minérale quand il s’approvisionne dans une essencerie, terme que Senghor a fait entrer dans le dictionnaire pour désigner une station-service.
 
On peut courir pour fuir. Mais on peut aussi courir pour aller au-devant des autres. Pour mieux les comprendre. C’est ce qu’a fait l’auteur qui nous restitue une « autre » Afrique. Que savons-nous de la vie quotidienne des millions d’Africains ? Que savons-nous d’autre que ce que les médias, toujours alarmistes et misérabilistes, nous servent à longueur de colonnes ou d’images ? Que savons-nous au-delà du cliché ? Dans son livre, Pierre Cherruau nous parle de la tolérance au Sénégal, pays à majorité musulmane où tout le monde ou presque fête Noël. Il nous parle de la Téranga, cette hospitalité généreuse, obligatoire, qui fait que l’on accueille sans hésiter l’étranger de passage, lui offrant de partager un thiéboudiène au thiof, un plat national fait de riz et de mérou. Cette Téranga qui fait que même dans un foyer africain à Etampes, dans la banlieue parisienne, on lui cèdera un endroit où dormir quitte à s’en aller ailleurs ou à faire une nuit blanche.
 
Mais, après la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne, il y a la France. L’auteur continue de courir dans un pays qui l’inquiète. C’est le pays de Claude Guéant à qui il a écrit une lettre pour lui reprocher ses dérapages xénophobes. Un courrier qui a fait grand bruit et que des milliers d’internautes ont visionné et partagé. Pierre Cherruau court pour clamer les principes de fraternité et d’humanité. Père de deux enfants métis, il craint pour sa France, rongée par les discours de haine et de suspicion. Son périple africain porte le lecteur, lui ouvre des portes et engendre des rêves de voyage. La partie européenne, de Barcelone à Paris en passant par le Médoc et ses populations pauvres, est quant à elle une mise en garde. Un dur rappel à la réalité hexagonale.
 
(*) De Dakar à Paris, un voyage à petites foulées, Calmann-Lévy, 325 pages, 18,5 euros.
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