Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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mardi 24 août 2021

La chronique du blédard : Palestine : quelques éléments de contexte pour les ignares et les vrais-faux ingénus

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 20 mai 2021

Akram Belkaïd, Paris

La tendance n’est pas nouvelle mais l’actualité et l’effet délétère des réseaux sociaux semblent l’aggraver. Face au drame que vivent une nouvelle fois les Palestiniens, notamment et surtout ceux de Gaza, des Algériennes et des Algériens, la bouche en cul-de-poule, rivalisent en déclarations qui se veulent équilibrées pour signifier une distanciation censée être mature, objective et raisonnable. D’autres, et c’est pire, fustigent les Palestiniens, notamment le Hamas, et affirment que rien d’autre ne compte que le sort de l’Algérie ou, dans le cas de certains berbéristes particulièrement excités, de la Kabylie.

Il est difficile de trouver une explication unique à ce genre de reniement ou de calcul de bas-étage. Au-delà du caractère scélérat de certaines stratégies de promotion personnelle, je pense que l’une des plus importantes est l’ignorance ainsi que l’intériorisation de la propagande pro-israélienne que relaient nombre de médias et d’« intellectuels » français influents. Ainsi, certains compatriotes nous expliquent-ils que le conflit est d’essence religieuse et qu’il suffirait d’éliminer les extrémistes de chaque camp – le Hamas d’un côté, l’extrême-droite religieuse israélienne de l’autre, pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes.

A ces ignares qui ne font pas beaucoup d’efforts pour s’informer, il faut rappeler que la question palestinienne est avant toute chose un problème colonial. L’écrivain Arthur Koestler, peu suspect d’hostilité à l’égard d’Israël, a résumé cela par une formule restée célèbre : « un peuple sans terre a pris la terre d’un autre peuple ». Depuis des décennies, la surface qui serait allouée à un éventuel État palestinien ne cesse de se réduire. Parmi les « raisonnables », ou qui font semblant de l’être, beaucoup ignorent, ou font mine d’ignorer, ce qu’est vraiment une colonie. Ils pensent aussi que deux États se font face dans une situation d’équilibre des forces. Or, si Israël existe officiellement depuis 1948, ce n’est pas le cas pour la Palestine qui n’est toujours pas un État en bonne et due forme. En Cisjordanie, il y a aujourd’hui 500 000 colons israéliens. Leur présence, armée et invasive dans tous les domaines, conforte la stratégie d’annexion déployée depuis des décennies par les autorités israéliennes dans ce territoire qu’elles appellent Judée-Samarie. 

La bande de Gaza, elle, n’est plus occupée et les quelques 5 000 colons qui y vivaient ont été évacués en 2005 (en Cisjordanie, pour la plupart). Mais c’est une autre forme d’occupation que cette enclave subit. Véritable prison à ciel ouvert, elle n’a pas le contrôle de ses « frontières », qu’elles soient terrestres, aériennes ou maritimes. Ce n’est donc pas un État au sens classique du terme. Soumise à un implacable embargo israélien, Gaza manque de tout : eau potable, électricité, structures sanitaires ou éducatives. Pour qui a connu l’Afrique du sud d’avant la fin de l’apartheid, Gaza n’est rien d’autre qu’un Bantoustan. 

Alors, certes, il y a le Hamas dont le programme est d’essence religieuse. Mais rappelons que cette organisation n’est apparue qu’en 1987, c’est-à-dire bien après la Nakba de 1948, la Naksa de 1967 et les divers massacres de populations civiles palestiniennes. Rappelons aussi, comme l’a montré le journaliste Charles Enderlin dans plusieurs de ses ouvrages, que le Hamas a grandi avec la bénédiction et le soutien financier des autorités israéliennes qui voyaient en lui un rival du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Et rappelons aussi que la société palestinienne est l’une des plus composites sur le plan religieux et que les Chrétiens de Bethléem sont aussi maltraités par les Israéliens que les musulmans de Naplouse sans oublier ceux d’Hébron qui subissent au quotidien la violence de colons fanatiques.

Être solidaire des Palestiniens, ce n’est pas, comme le hurlent certains crétins racistes, être partisan de « l’arabo-islamisme ». C’est une question de justice et de respect des lois internationales : une page entière ne suffirait pas à rappeler les résolutions des Nations unies en faveur des droits des Palestiniens, y compris celles pour lesquelles les États-Unis n’ont pas opposé leur veto. Pourquoi pas le Tibet, le Yémen, la Syrie ou le Timor ? opposent alors certains avec une ingénuité aussi fausse que méprisable car elle reprend sciemment l’un des arguments de la propagande israélienne. Or, l’un n’empêche pas l’autre. Parmi les camarades qui se mobilisent pour la Palestine, certains étaient déjà actifs pour les droits des Noirs d’Afrique du sud. Mais personne n’a le don d’ubiquité et rien n’oblige à s’engager pareillement pour toutes les causes mêmes si elles nous sont toutes sympathiques. Pour les uns, c’est le climat. Pour d’autres, c’est le sort du peuple syrien ou ouighour. Tout en étant solidaire avec ces luttes, on a le droit de concentrer ses efforts dans ce qui paraît être le plus injuste et le plus insupportable : la privation d’un peuple de tous ses droits, de sa terre et même de son identité.

Cette ignorance dont il vient d’être question se retrouve aussi dans le vocabulaire employé. Je cite ici trois exemples relevés dans la presse francophone algérienne et dans de multiples billets publiés sur les réseaux sociaux. D’abord, l’usage tranquille du terme « tsahal ». Or, comme le note un guide du bon usage des termes à l’antenne de Radio France, cet « acronyme de tsa hagana léyisrael – armée de défense d’Israël a acquis une connotation familière synonyme d’attachement très fort pour les israéliens qui s’en servent comme on le fait d’un diminutif chargé d’affection dans le sens ‘‘notre armée’’. Conclusion : ne pas utiliser. »  Employer ce terme c’est donc faire sienne, avec affection, cette armée d’occupation.

Ensuite, j’ai souvent relevé le mot « implantations » en lieu et place de colonies. Dans les médias officiels israéliens, il est interdit de dire « colonies » car cela met en lumière la réalité du problème de fond. « Implantations » est un terme normatif, anodin, quasiment administratif. Cela permet d’éluder qu’il s’agit de têtes de pont du projet d’annexion totale, exception faite des gros centres urbains Palestiniens à qui l’on promet une vague autonomie, un peu comme pour les réserves d’indiens aux Etats-Unis.

Enfin, il y a le terme « Arabes » pour désigner les Palestiniens qui vivent dans les Territoires occupés ou même en Israël. Ne pas employer le mot « Palestiniens », c’est nier délibérément leur existence. C’est dire que, finalement, comme ils sont « Arabes », ils pourraient bien vivre ailleurs. Les intéressés, eux, se disent Palestiniens. Ceux qui sont citoyens d’Israël et dont on découvre à quel point ils sont stigmatisés et relégués, se disent aussi Palestiniens. Ils demandent même à ce qu’on les appelle « Palestiniens d’Israël » ou « Palestiniens de 1948 ». Ne pas le faire, c’est prendre parti contre les Palestiniens.

Terminons enfin par l’un des pires arguments apparu ces derniers jours pour justifier une distanciation à l’égard de la cause palestinienne. La veuve d’Arafat qui vit à Paris serait riche à millions. La belle affaire… Rappelons d’abord que cette dame est issue d’une très riche et vieille famille palestinienne. Oui, cela existe, les Palestiniens ne sont pas tous des miséreux. Les sociétés sont toutes les mêmes et la palestinienne, qu’il faut se garder d’idéaliser, n’échappe pas aux inégalités, à la lutte des classes et aux ravages de la féodalité et du racisme social. Observez bien le comportement de certains cadres et représentants de l’Autorité palestinienne et vous le comprendrez aisément. C’est bien pour cela qu’il faut soutenir les pauvres hères de Gaza, Dheisheh ou Jalazone qui sont les premières victimes de l’occupation. Et les Algériens sont bien placés pour savoir que de nobles causes sont souvent desservies par des dirigeants à la fois peu scrupuleux et totalement incompétents…

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lundi 17 mai 2021

De l’usage du terme « tsahal » à Radio France (et ailleurs, presse algérienne comprise)

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En 2007, Radio France distribuait un « Micro-guide » à l’ensemble de ses personnels appelés à passer à l’antenne, notamment les journalistes en charge des journaux. « Si Radio France est aussi une ‘‘ école de la République ’’, elle l’est d’abord par la qualité exemplaire du français qu’elle met sur les ondes », notaient les rédacteurs de ce livret et de conclure ainsi leur présentation : « Ceci nous oblige. Une vigilance individuelle et collective est nécessaire dans la mise en forme de nos informations. » 

Pourtant, il est quelques recommandations que nombre de journalistes, dont ceux de France Inter, semblent n’avoir jamais lues ou bien avoir très vite oubliées. Concernant « Tsahal », terme dont on use et abuse actuellement à l’antenne, le guide stipule ceci : « acronyme de tsa hagana léyisrael – armée de défense d’Israël [ce terme] a acquis une connotation familière synonyme d’attachement très fort pour les israéliens qui s’en servent comme on le fait d’un diminutif chargé d’affection dans le sens ‘‘notre armée’’. Conclusion : ne pas utiliser. » 

Bah si, c’est utilisé… Idem pour le « Gouvernement de Jérusalem », expression que le guide conseille d’éviter : « Il est exact que le Parlement israélien a fait de la ville la capitale ‘‘unifiée, éternelle et indivisible’’ de l’état d’Israël. Mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette décision. Périphrase pour périphrase, le ‘‘gouvernement de Tel Aviv’’ ne correspond à aucune réalité politique. Conclusion il est préférable de faire simple et exact et de parler du ‘‘Gouvernement israélien’’. »

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samedi 15 mai 2021

Ton nom de Palestine (poème d'Olivia Elias)

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Musiciens je vous parle d’une vie dans l’œil du cyclone

fracassée par les assauts des vagues scélérates

d’une vie chavirée dans la zone des quarantièmes

rugissants

d’une vie lézardée à la merci des Puissants

Le grand frère d’Amérique qui agite frénétiquement

son hochet sur lequel est marqué Droit de veto

Dame Europe qui vêtue de sa belle robe

observe du haut de sa tour les peuples « inférieurs »

se débattant en enfer

Elle ne sait que répéter en dodelinant la tête

la même ritournelle

 

La mascarade continue pendant que les marchands

d’armes se frottent les mains

Décidément ces vauriens ne veulent pas

entendre raison

Lançons immédiatement la fabrication

d’instruments de morts plus puissants

 

Je vous parle d’un peuple magnifique

animé d’une volonté farouche

de faire la nique aux abominations

en cultivant l’art du café du petit matin

capable d’inventer la cinétique du cabossé

et de la tôle ondulée

de peindre les ânes en zèbre

pour amuser les enfants

 

Je vous parle d’un peuple qui tambourine

sans relâche aux portes de l’avenir

d’un pays relégué aux marges de l’histoire

Dans ce pays les petites Salma ont pour Nidal

Les yeux de Chimène et rêvent d’épousailles

Ils grandiront auront des enfants

qui auront des enfants jusqu’à ce qu’une balle

en plein cœur interrompe le fil du récit

 

A quoi rêvent les enfants de Gaza ?

Qui dira la peine des survivants ?

Comment font-ils pour traverser ces temps tragiques

en maintenant le désir d’être humain et vivant ?

Qui racontera la geste de ceux dont chaque acte

est un exploit ?

 

Olivia Elias, Ton nom de Palestine, Combats, Al Manar, 2017.

 

jeudi 13 mai 2021

ET NOUS, NOUS AIMONS LA VIE (poème de Mahmoud Darwich)

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Et nous, nous aimons la vie autant que possible,
Nous dansons entre deux martyrs. Entre eux, nous érigeons pour les violettes un minaret ou des palmiers.
Nous aimons la vie autant que possible.
Nous volons un fil au ver à soie pour tisser notre ciel et clôturer cet exode.
Nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin inonde les routes comme une belle journée.
Nous aimons la vie autant que possible.
Là où nous résidons, nous semons des plantes luxuriantes et nous récoltons des tués.
Nous soufflons dans la flûte la couleur du lointain, lointain, et nous dessinons un hennissement sur la poussière du passage.
Nous écrivons nos noms pierre par pierre. O éclair, éclaire pour nous la nuit, éclaire un peu.
Nous aimons la vie autant que possible.
Mahmoud Darwich, poème traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi.
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mardi 29 décembre 2020

La chronique du blédard : La Palestine et le trot empressé de la normalisation

Le Quotidien d’Oran, jeudi 17 décembre 2020

Akram Belkaïd, Paris

 

Le constat est évident. La normalisation des relations entre Israël et le Maroc, dernier pays arabe en date à avoir franchi le pas, est un coup de poignard dans le dos des Palestiniens. Depuis le début des années 2000, la position officielle des membres de la Ligue arabe était pourtant claire : pas de normalisation sans restitution des territoires occupés. Autrement dit la paix et la sécurité contre la possibilité d’un État palestinien viable, possédant une continuité territoriale et avec Jérusalem-est pour capitale. Rien de plus et rien de moins que ce qu’exigent nombre de résolutions des Nations Unies.

 

La corbeille de mariée offerte au Maroc semble bien garnie : reconnaissance par les États-Unis de sa souveraineté sur le Sahara Occidental – reconnaissance qui va à l’encontre des résolutions des Nations-Unies -, promesses d’investissements (qui en profitera ?) et livraison de matériel militaire (pour en faire quoi ?). Mais Rabat, comme les Émirats arabes unis, Bahreïn ou le Soudan (dont on n’est plus très sûr s’il veut vraiment normaliser ses relations avec Tel Aviv), n’a obtenu aucun geste, aucune compensation pour les Palestiniens. Cela rappelle un peu les accords de 1978-1979 entre l’Égypte et Israël, quand feu Anouar Sadate n’avait, en réalité, qu’un seul objectif : récupérer le Sinaï.

 

En réalité, ces normalisations, ces empressements à officialiser des relations qui, de toutes les façons existaient déjà, ne changent rien à la situation qui prévaut à Gaza et en Cisjordanie. Blocus total pour la première malgré une situation humanitaire catastrophique, occupation de fait pour la seconde avec grignotage constant de territoire palestinien. En deux décennies et demi, le nombre de colons installés dans ce qui est censé être l’État palestinien atteint le record de 400 000 personnes, 600 000 si l’on inclut Jéruslam-est. Pour jeter un petit os à ses nouveaux amis, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a indiqué que le processus d’annexion de ces colonies est « gelé ». Pas question de démantèlement… Et, on en fait le pari, ce « gel » ne durera que quelques semaines. D'ailleurs, on apprend déjà qu’ici et là, de nouvelles constructions sont prévues. Rappelons, encore une fois, que les Nations Unis considèrent ces colonies comme illégales au regard du droit international.

 

Ces normalisations font prendre conscience que le « processus de paix » né des accords d’Oslo est une fable. C’est une arnaque dont le seul résultat tangible est le mitage de la Cisjordanie. Si l’État palestinien devait exister aujourd’hui, en tenant compte des colonies, des routes interdites aux Palestiniens et des assises territoriales des « implantations » dont personne ne connaît l’étendue sur le plan géographique et administratif (les Israéliens considèrent qu’une colonie va bien au-delà de ses bordures extérieures), il ressemblerait à un archipel indonésien. Des centaines de petits bouts de terre qu’il serait matériellement impossible de connecter les uns aux autres sans l’aval israélien. 

 

L’autonomie palestinienne dont on parle tant pour faire croire que nous avons affaire à un conflit entre parties égales est une chimère. La seule capacité de décision de Mahmoud Abbas, l’indéboulonnable président de l’Autorité palestinienne (à quand des élections ?) est de museler son propre peuple au nom de la coopération sécuritaire avec Israël. Laquelle coopération sécuritaire n’a certainement pas été suspendue malgré les évolutions récentes. Les pantouflards de l’Autorité y auraient trop à perdre. Demain, dans le meilleur des cas, ce semblant de gouvernement aura peut-être le droit de régner sur quelques bantoustans – les grandes villes palestiniennes – mais sans souveraineté et certainement sans aucun droit de regard sur les colons israéliens. Naplouse ou, plus encore, Hébron, où quelques milliers de colons imposent leur loi à la population palestinienne, sont de véritables cas d’école en la matière.

 

L’absence de relations diplomatiques entre les pays arabes et Israël visait à se garder un élément de négociation. Dans un monde globalisé, Tel Aviv sait que son économie aurait beaucoup à gagner dans un ensemble régional qui lui serait enfin accessible. De quoi obtenir des concessions pour le camp arabe. Mais au-delà de l’aspect économique, il est un fait paradoxal dont on parle peu : c’est la fascination qu’exerce le monde arabe sur une partie de la population israélienne. Pour une bonne partie d’entre-elle, c’est le mystère des origines, la part de soi qui a été perdue. C’est aussi ce qui manque pour asseoir définitivement la reconnaissance internationale de son pays. Colloques, réunions internationales, compétitions sportives, camp de scouts : n’importe quelle personne venant du monde arabe et ayant croisé des Israéliens lors de ces événements peut en témoigner : la recherche du contact, la sollicitation, vient presque toujours d’eux. En s’engageant, sans pudeur aucune, dans la cavalcade  de la normalisation, référence au fameux poème de Nizzar Qabbani (« El-Mouharwiloune* »), Rabat comme ses pairs se prive d’un atout qui aurait été utile en cas de négociations sérieuses avec Israël. Encore faudrait-il qu’il y en ait ou qu’il existe une volonté arabe de continuer à peser sur ce dossier (**).

 

Quid alors du cas algérien ? Si la majorité de la population continue de soutenir les Palestiniens, certains, de guerre lasse ou par calcul, proclament leur désintérêt. Il faut dire que cela ne concerne pas que les citoyens anonymes. A la fin des années 2000, déjà, une délégation de représentants de partis membres de l’Organisation de libération palestinienne (OLP) s’était vue opposer une fin de non-recevoir par les autorités algériennes sollicitées pour mener une conciliation entre le Fatah et le Hamas. Cela fait deux décennies, trois en comptant les années 1990, que l’Algérie n’a pas fait grand-chose pour les Palestiniens. On dira que nous avons d’autres chats à fouetter. On dira aussi, en reprenant, sans peut-être s’en rendre compte, un argument de la propagande sioniste, qu’il y a d’autres drames dans le monde qui méritent eux-aussi un engagement.

 

Sauf que la Palestine est une injustice infinie. Une question de respect du droit international et une affaire de décolonisation. Cela exige de la solidarité mais aussi une vigilance extrême pour ne pas en faire un combat religieux – car tel n’est pas le cas – ou pour ne pas verser dans l’antisémitisme. Savoir ce qui se passe vraiment en Palestine est la condition qui accompagne le refus de la normalisation. Lire, comprendre, s’informer est une obligation car les incantations de soutien ou l’agitation de drapeaux ne suffisent pas. C’est savoir, par exemple, que, contrairement aux bêtises relayées par certains internautes algériens ou marocains, les Palestiniens n’ont pas du tout renoncé. Ils sont dans le temps long. Avec le çoumoud, ils résistent, à leur manière. Ayant deviné depuis longtemps qu’ils n’ont rien à attendre des États arabes.

 

(*) « (…) Sont tombés, les derniers murs de la pudeur /Et nous étions heureux… et nous avons dansé / Et nous-nous sommes félicités de signer la paix des lâches / Plus rien ne nous fait peur / Plus rien ne nous fait honte /En nous les veines de la grandeur se sont asséchées »


(**) Lire aussi l’article prémonitoire de M. Saadoune, « Palestine trahie : après les Emirats, Bahreïn, Oman et…. le Maroc ? », 24hdz.com, 18 août 2020. Ainsi que notre article « Idylle entre les pays du Golfe et Israël », Le Monde diplomatique, décembre 2020.

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lundi 10 février 2020

La chronique du blédard : Les Palestiniens et le torchon américain

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 30 janvier 2020
Akram Belkaïd, Paris


Avant de commencer, un constat préalable : le plan de paix, présenté mardi 28 janvier par l’administration américaine en vue d’un règlement de la question palestinienne, n’est rien d’autre qu’un torchon. Ce document de près de deux cent pages n’a aucune autre intention que de servir uniquement l’intérêt israélien, ou plus exactement celui de Benyamin Netanyahou et des partisans de l’annexion des territoires palestiniens. Concocté par le gendre d’un président qui est déjà entièrement tourné vers sa réélection – d’où ses appels du pieds aux électeurs évangélistes qui soutiennent l’État hébreu-, ce plan est surtout un révélateur du rapport de force existant aujourd’hui au Proche-Orient et, de façon plus générale, dans le monde arabe.

Dans cette affaire les Palestiniens, à qui on propose des bantoustans démilitarisés en guise d’État, sont d’abord victimes du parti-pris américain qui s’est déjà manifesté il y a un an avec la reconnaissance par Washington de la souveraineté israélienne sur Jérusalem-Est. Jared Kushner, le maître d’œuvre du torchon a partie liée avec la frange la plus radicale de la droite israélienne, celle qui ne voit les intérêts de l’État hébreu qu’au prisme de ceux des colons installés en Cisjordanie. On ne dira pas que la précédente administration, celle de Barack Obama, était plus équitable mais, au moins, s’est-elle clairement prononcée sur le caractère illégal des colonies dont le document Kushner-Trump propose (impose ?) l’annexion définitive. Souvenons-nous juste que le 23 décembre 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait par quatorze voix et une abstention (celle des États-Unis) la résolution 2334 condamnant « la construction et l’expansion de colonies de peuplement » dans les « territoires occupés ». L’abstention américaine, événement rare pour ce qui concerne les textes votés contre Israël, n’a pas changé la donne mais au moins les États-Unis faisaient-ils mine de respecter le droit international ce qui n’est plus le cas avec Donald Trump.

Les Palestiniens sont aussi victimes des bouleversements du monde arabe. Aujourd’hui, ce sont les monarchies pétrolières du Golfe qui font la loi et imposent leur crédo. Le royaume de Bahreïn, le sultanat d’Oman et la fédération des Émirats arabes unis (EAU) étaient représentés à Washington quand le « plan de paix » a été dévoilé. Les Saoudiens étaient absents mais c’est comme s’ils étaient présents à une cérémonie qui, dans les faits, enterre le plan du roi Abdallah de 2002 (la paix contre la restitution des terres palestiniennes). On sait que ces pays, tétanisés par la menace iranienne, comptent sur Israël pour les protéger et suppléer une Amérique qui regarde de plus en plus du côté de l’Asie. Face à ces monarchies réactionnaires, aucun dirigeant d’envergure n’est capable de faire entendre sa voix. L’Égypte fait ce que Riyad exige d’elle et les autres pays arabes qui échappent aux affres de la guerre civile et de l’instabilité sont aux abonnés absents.

Certes, les peuples demeurent très attachés à la cause palestinienne mais leurs dirigeants ont renoncé depuis longtemps à en faire un point non-négociable. Cela vaut aussi pour l’Algérie qui, ces trente dernières années, c’est souciée comme d’une guigne de cette question. Il y a quelques semaines, un dirigeant du Fatah confiait au présent chroniqueur qu’il y a quelques années, Alger n’avait même pas daigné répondre à une demande pressante des Palestiniens pour une médiation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas. Le temps où la diplomatie algérienne plaidait pour que personne ne parle au nom des Palestiniens, les accueillant même en 1988 pour qu’ils proclament la naissance de leur État, est bel et bien terminé.

Enfin, les Palestiniens sont aussi les victimes de leurs propres dirigeants. Que d’aveuglements et de naïveté ! L’affaire était déjà pliée avec les accords d’Oslo mais ni Yasser Arafat ni Mahmoud Abbas n’ont semblé prendre conscience du nœud coulant représenté par l’extension permanent des colonies (600 000 colons aujourd’hui). La lutte fratricide entre le Hamas et le Fatah, le non respect des droits humains à Gaza comme en Cisjordanie et l’absence d’élections (le mandat d’Abbas a expiré) fragilisent la position palestinienne. Aujourd’hui, l’Autorité palestinienne ne semble exister que par son rôle de supplétif dans sa collaboration sécuritaire avec les Israéliens. Ceci explique, en partie, le mépris affiché par Trump et Kushner à l’égard des Palestiniens.

En attendant la réponse fulgurante de la Ligue arabe qui a une nouvelle fois l’occasion de montrer qu’elle ne sert à strictement rien, il est évident qu’un nouveau chapitre débute au Proche-Orient. Déjà, Netanyahou, loin d’être tiré d’affaire en ce qui concerne ses déboires judiciaires, s’apprête à déposer un texte de loi pour entériner l’annexion des terres palestiniennes où sont installées les colons. En Occident, les masques tombent. Bien sûr, les partisans de la cause palestinienne demeurent nombreux et mobilisés. Mais les habituels visqueux qui n’ont que le mot paix à la bouche – sans jamais critiquer l’existence des colonies, tiennent là une belle occasion de ressortir la vieille rengaine à propos de Palestiniens « qui gâchent les occasions de faire la paix », « qui n’acceptent pas la main tendue et les propositions généreuses »,… Bref l’habituel blabla destiné à faire oublier l’essentiel : la profonde injustice subie par tout un peuple depuis 1948.
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jeudi 11 juillet 2019

La chronique du blédard : Palestine, que faire ?

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 27 juin 2019
Akram Belkaïd, Paris

Un peuple et ses droits s’achètent-ils comme une vulgaire marchandise ? Le président américain Donald Trump, ses alliés israéliens et ses vassaux du Golfe semblent le penser. En proposant 50 milliards de dollars (sur dix ans) aux Palestiniens, le locataire de la Maison-Blanche vient d’agiter une carotte censée les faire renoncer à leurs revendications politiques. Le sommet de Manama à Bahrein intitulé « de la paix à la prospérité » n’est pas simplement un jeu de dupes où le plus faible (les Palestiniens) est censé accepter cette énième offre « généreuse » dont, d’ailleurs, il reste à cerner les contours. C’est aussi un chantage obscène et une stratégie de communication conçue par Jared Kushner, gendre et conseiller du président Trump mais aussi grand ami d’Israël.

Car on devine déjà le discours des milieux pro-sionistes. Quoi ? Comment ? On leur offre 50 milliards de dollars et ils refusent de capituler ? C’est d’ailleurs le sens d’une tribune de Danny Danon, l’ambassadeur israélien à l’ONU publiée lundi par le New York Times. « Quel est le problème pour les Palestiniens de capituler ? » s’est-il interrogé avant d’ajouter : « Capituler c'est reconnaître que, dans une lutte, continuer se révèlera plus coûteux que se rendre ». Les Palestiniens sont donc sommés de se rendre. Au passage, on notera que l’ambassadeur reconnaît implicitement qu’Israël mène une guerre au peuple palestinien.

En réalité, personne ne croit aux chances de réussite de ce plan. La preuve, aucun grand dirigeant arabe n’était présent à Manama. Mais l’administration Trump s’en moque. Ce qui l’intéresse, c’est de pouvoir disposer d’un argument à l’automne prochain quand sera révélé le volet « politique » du plan Kushner. C’est là que les cartes seront abattues. C’est là que Washington va confirmer ce qui n’est plus un secret pour personne, c’est-à-dire son alignement total sur la position israélienne et la fin des rares lignes rouges que les Américains s’imposaient de ne jamais franchir. L’une d’elles l’a d’ailleurs déjà été avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

A quoi faut-il s’attendre d’autre ? Tout simplement à l’abandon de l’idée d’un État palestinien. Une idée, rappelons-le d’ores et déjà impossible à envisager quand on connaît les conséquences de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Pas d’État palestinien, donc. Et quoi d’autre ? Tout est possible y compris l’annexion pure et simple d’une partie ou de toute la Cisjordanie. Selon des informations ayant fuité du plan Kushner, les principales villes palestiniennes bénéficieraient alors d’un vague autonomie. On comprend bien que tout cela oblige à poser de nombreuses questions. Quel sera le statut des Palestiniens ? Comment Israël justifiera l’apartheid qui existe déjà mais qui sera clairement entériné ? Et comment ne pas s’interroger sur les risques d’une nouvelle Nakba car, disons-le clairement, une expulsion massive de Palestiniens n’est plus du tout impossible. Et si on en doute, il suffit de se poser la question suivante : qui l’empêchera ?

Les Etats-Unis ? Certainement pas. La Chine ou la Russie ? Ces deux pays ne semblent guère concernés par les Palestiniens et tiennent aux bonnes affaires qu’ils réalisent avec Israël. L’Union européenne (UE) qui ne cesse de se faire humilier par Donald Trump et dont le silence est assourdissant ? Comment compter sur cette pauvre Europe qui ne sait plus où elle en est et qui, de toutes les façons, voit grandir en son sein des forces à la fois réactionnaires, néo-facistes mais, dans le même temps, pro-israéliennes ? Qui s’opposera à une réduction à zéro des espérances et revendications Palestiniennes ? Les pays arabes ? Ne rions pas. Les monarchies du Golfe qui sont à la manœuvre au sein de la Ligue arabe sont pressées de normaliser leurs relations avec Israël. Quand on entend certains discours de responsables saoudiens ou émiratis, on réalise à quel point la question palestinienne constitue pour eux un problème bien plus qu’une cause à soutenir. Entre s’allier avec Israël pour combattre l’Iran et défendre les Palestiniens, les chouyoukhs ont déjà choisi…

Bien sûr, il y a encore des ilots de résistance. Les pays scandinaves, d’autres d’Amérique latine (l’Afrique subsaharienne, elle, penche de plus en plus pour Israël). De même, on peut penser que le détachement progressif d’une grande partie des juifs américains vis-à-vis d’Israël pourra permettre à terme un rééquilibrage de la diplomatie étasunienne. Mais, en attendant, il y a urgence à aider les Palestiniens.

Que peuvent faire les Algériens ? La réponse est simple. Continuer de faire du soutien à la cause palestinienne un élément important de leur éthique personnelle. C’est d’autant plus important à l’heure où les chants de la propagande israélienne se font entendre un peu partout, étant relayés en Algérie comme au sein des communautés maghrébines de France (il en est ainsi de « l’imam » Chalghoumi qui organise des voyages à la rencontre de responsables israéliens dont des militaires…). En ces temps de hirak et de contestation du système, il s’agit aussi de continuer à regarder hors de chez soi et de peser sur ce dossier. Il n’est pas normal que des entreprises présentes dans les colonies soient accueillies à bras ouverts en Algérie. Il n’est pas normal que des pays qui ne condamnent pas la colonisation de la Cisjordanie ou les tueries de Gaza soient traités comme si de rien n’était par l’Algérie et sa diplomatie. Brandir des drapeaux palestiniens durant les marches du vendredi, c’est bien, d’autant que cela déplait à l’Arabie saoudite, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et à leur clientèle algérienne. Mais agir sur le plan économique, le seul qui offre des marges de manœuvres, c’est bien mieux. Et c’est même urgent.
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jeudi 9 août 2018

La chronique du blédard : Inscris, note, écris ou enregistre (hommage à Mahmoud Darwich)

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Le Quotidien d'Oran, jeudi 9 août 2018
Akram Belkaïd, Paris

Inscris…
Note, écris ou enregistre. D’abord, la date. 9 août 2008. Ensuite, le lieu. Quelque part entre Ramallah et Bethléem. Note donc, écris ou enregistre qu’il y a dix ans, presque jour pour jour, disparaissait le Poète. Un adieu définitif aux roses de Galilée. Il est parti laissant les siens orphelins. Son peuple encagé, brimé, sans cesse violenté. Abandonné. Dix ans… Depuis, rien n’a changé ou, plus exactement, rien ne s’est amélioré. Tout a empiré. Qu’écrirait-il s’il vivait encore ? Quels cris de colère laisserait-il échapper ? Gaza assiégée et dévastée tant de fois, les miradors et les barbelés d’Hébron, les terres confisquées, le mur de béton qui divise les champs et empêche les récoltes, les oliviers brûlés, les incursions de nuit, les hauts parleurs qui crachent des mises en garde et des insultes en arabe, les enfants des camps aux rotules pulvérisées par les snipers, les brutes obscènes venues de Moldavie, les réfugiés qui ne cessent d’attendre et cette patrie qui reste interdite, toujours et encore.

Dix ans…
L’enfant d’Al-Birwah est parti mais le son de ses vers porte encore. N’en déplaise aux chiens.
Inscris, note, écris ou enregistre. Il repose dans une colline de Ramallah, cette fausse capitale où pullulent les parvenus et les dévots zélés de la collaboration, pardon, de la coopération sécuritaire. Un musée lui est dédié. L’endroit est calme, loin de tout tumulte. Il y a des arbres et un vent frais venu de l’ouest qui fait trembler leurs feuillages. Un conseil, l’ami. Ce musée, il faut se dépêcher de le visiter. Il le faut car, inscris, note, écris ou enregistre, les autres reviendront tôt ou tard avec leurs chars et leurs bulldozers. D’ailleurs, ils ne sont jamais partis. Ils sont toujours là, pas très loin, prêts à déferler. Regarde, lève la tête. Chaque avanie, chaque outrage infligé à la nature et au paysage témoigne de leur présence. Un check-point ici, une colonie là. Revenir. Ils ne pensent qu’à cela. Revenir, reprendre le contrôle ou, reprendre le peu de contrôle qui leur échappe à ce jour. Ils reviendront, c’est écrit et ils chercheront à effacer la mémoire du Poète.

Inscris…
Note, écris ou enregistre. Qui porte la voix des Palestiniens ? As-tu remarqué ce silence qui s’installe lentement comme un serpent enveloppe sa proie. Poète, tu nous manques. C’est certain, tu aurais écrit un poème à propos du keffieh, de l’huile d’olive, du zaatar et du reste. De cette culture ancestrale que les autres, sans aucune honte, mais est-ce étonnant, s’approprient, volent et revendiquent. Ils disent, le houmous, la tahina et la maqlouba sont désormais à nous. Ils ont toujours été à nous. Certains d’entre-eux imaginent même s’accaparer le keffieh. Après la terre, les symboles… Non, ne souriez pas, l’affaire est sérieuse. Seuls le poète, l’écrivain, le cinéaste ou l’artiste peuvent empêcher ce genre de rapine. Où es-tu Poète ? La Palestine, sa culture, son identité, ont plus que jamais besoin de toi. Est-ce toi ou un autre qui disait que ton peuple ne connaîtra pas le sort des Indiens d’Amérique ?

Parlons des plus que soumis…
Il nous faudrait un autre poème. Te souviens-tu de celui de Nizar Qabbani qui fustigea les « empressés » (« hasteners », le terme en anglais est encore plus évocateur) qui, ventre à terre et pris d’une allégeance frénétique, crurent aux bobards d’Oslo ? Où sont les vers qui évoqueraient ces nouveaux murs de la honte qui s’effondrent ? Qui répondraient à ces charlatans de la plume qui clament leur passion pour un Etat désormais officiellement raciste ? Qui fustigeraient ces tyrans arabes lesquels, tels leurs pères, n’hésitent pas à faire couler le sang de leur peuple et celui des Palestiniens ? Qui moqueraient ces roitelets de la péninsule pour lesquels il faudrait inventer un mot plus puissant que soumission ? Ces roitelets, donc, prêts à soutenir n’importe quel plan « de paix », autrement dit de spoliation définitive, en échange d’une vague responsabilité sur al-Aqsa. Inscris, note, écris ou enregistre que les chiens obéissent toujours à leurs vrais maîtres et que telle est l’une des plus anciennes lois de la vie.

Inscris…
Note, écris ou enregistre. Oui, la partie semble bien mal engagée. L’arrogance et l’euphorie des autres n’ont d’égal que le découragement de tes frères et sœurs, ô Poète. Tu as écrit un jour que tu appartenais à un peuple qui aime la vie et qui, en retour, ne récolte que des bombes. C’est si vrai. Mais les mots, les tiens, survivent. Certains sont calligraphiées sur le mur. Pas plus les brutes en treillis que leurs auxiliaires n’en comprennent le sens et la portée. Sur cette terre as-tu écrit Poète : « Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame. » Il faut y croire. Il faut continuer à y croire.

Inscris…

Note, écris ou enregistre qu’il est un peuple qui se bat pour sa dignité et pour le droit de disposer de sa terre. Jour après jour, année après année, ses oppresseurs se convainquent que l’histoire est terminée. « Gare ! Gare ! Gare à ma fureur ! » a écrit un jour le Poète. Rien n’est joué, Poète. Rien n’est perdu.

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Autre chronique à lire ou à relire : Pour Mahmoud Darwich

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