Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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dimanche 20 septembre 2015

La chronique du blédard : Monologue du musulman d’apparence qui en a assez

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 17 septembre
Akram Belkaïd, Paris

Tu vois, c’est une mesure prophylactique efficace et je la conseille à tout le monde : je n’écoute pas les informations pendant le week-end. Je fais tout pour éviter d’être contrarié ou d’être entraîné dans ce délire permanent. Pas de journaux, pas de réseaux sociaux où les gens partagent tout et n’importe quoi, pas de télévision aux heures où je risque de tomber sur un talk-show débile avec toujours les mêmes questions et toujours les mêmes figures enfarinées. Non, c’est le black-out organisé. Je coupe tout. Je me ballade, je regarde des dvd, je fais mes courses mais je refuse de me laisser intoxiquer par les médias. Au début, c’était difficile, surtout quand il faut résister à l’envie de lire ses courriels ou ses messages privés sur Facebook.
 
Le week-end dernier, j’ai fait un sans-faute. Aucune information, même pas sportive, n’est venue m’ennuyer. Tu imagines ma contrariété lundi matin quand je suis arrivé au bureau. En règle générale, ça se passe toujours autour de la machine à café. Le moment où tu cherches à te donner du courage en te disant qu’il reste cinq jours avant le prochain week-end… Tu penses… C’est là qu’un collègue m’a dit ceci : « c’est quand même pas bien ce que vous avez fait aux Femen. Pourquoi est-ce que personne de chez vous ne proteste contre cette brutalité ».
 
Dans ce genre de circonstances, j’ai aussi appris à gérer. Avant, je cherchais à comprendre. Je posais des questions et puis, bien sûr, j’argumentais, je me disais que c’était important d’essayer de rassurer les gens. Maintenant, je fuis. Je refuse la bagarre, parce que c’est une bagarre. Je prétexte un truc urgent à terminer et je m’éclipse. Bon, c’est certain que l’évitement est moins simple sur le plateau, surtout quand tu es entouré par dix collègues qui te regardent tous en attendant la réponse à la vingtième question du genre « mais toi, tu penses quoi du voile ? ». Mais, là aussi, j’ai ma technique. C’est le moment où, comme par hasard, je m’affaire sur mon téléphone portable, comme les joueurs de foot quand ils descendent du bus et qu’ils ne veulent pas répondre aux questions des médias…
 
Impossible d’avoir la paix. Il n’y a pas une semaine qui passe sans qu’on soit confronté à une polémique. La situation au Proche-Orient, les tentatives d’attentat, les repas à la cantine, les réfugiés… A chaque fois, même si tu ne sais rien, même si tu estimes que ça ne te regarde pas, tu te retrouves à devoir te justifier. A essayer d’expliquer des choses à des gens plein de certitudes qui, de toutes les façons, te reposeront la même question la semaine d’après. L’islam, le djihad, le ramadan, le voile, le porc, les décapitations, ça tourne en boucle. Est-ce que c’est de la peur, est-ce que c’est de l’obsession, est-ce que ça leur donne le sentiment d’être supérieur ? Franchement, je n’en sais rien mais ce qui est certain, c’est que khlass, c’est fini, je n’en peux plus.
 
Bon, tu te doutes bien que je me suis précipité sur Google news pour en savoir plus. Quelle histoire… Je n’ai aucune sympathie pour les Femen. Elles m’insupportent avec leur côté radical et donneur de leçons. Je n’aime pas la manière avec laquelle elles manipulent les faits pour avoir absolument raison. Et je me demande à quoi sert leur action. Qu’est-ce qu’elles veulent vraiment ? Qu’est-ce qu’elles croient ? Que les salafistes et tous les intégristes vont changer d’avis et de mentalité parce qu’ils auront vu une paire de seins ? C’est quoi leurs happenings si ce n’est une manière de chercher la castagne ? Une manière d’opposer un radicalisme à un autre radicalisme ? J’ai regardé la vidéo. Au début, ça m’a fait rire. L’expression des deux imams quand les Femen se découvrent vaut le détour… Mais ensuite, je ne peux ni excuser ni cautionner. On voit des excités leur mettre des coups de pieds. Ça ne se fait pas. C’est indigne et minable. Et ça donne raison aux Femen et à tous les islamophobes qui pullulent en France et ailleurs. Tu vois, normalement, si ces gens-là étaient un tant soit peu intelligents, ils auraient laissé les filles faire le show avant de leur demander gentiment, et sans violence, de quitter la tribune.
 
Je te jure que je n’avais jamais entendu parler de ces deux imams pas plus que je savais qu’un salon de la femme musulmane existait. Au boulot ou avec des amis, je me retrouve à expliquer que, non, je ne vais pas à ce genre de manifestation. Que non, je n’écoute pas en boucle ce zozo qui t’explique que les anges maudissent toute la nuit la femme qui se refuse à son mari.  Savant à deux sous… Entre eux et Chalghoumi, on n’est pas sorti d’affaire. Je n’ai rien à voir avec ce genre de délire mais il faut tout le temps le répéter. C’est tellement évident que je me sens insulté quand on m’interpelle là-dessus.
 
Ça ne va pas s’arranger, c’est certain. Des polémiques, il va y en avoir d’autres. Les médias, les politiques soufflent sur les braises et ensuite ils jurent qu’il ne faut pas faire d’amalgame et que les musulmans « modérés » ne sont pas visés. Musulman modéré, c’est quoi ? J’aimerais qu’on m’explique. Non, en fait, j’aimerais surtout qu’on me laisse tranquille. Si je le pouvais, je m’appellerais Marcel Dupont. Comme ça, tranquille. Pas de débat sur le voile et les Femen. Mais bon… Mon visage dit bien que je ne peux pas m’appeler comme ça, que je suis un musulman d’apparence… Tu sais quoi, je vais vivre avec la cire dans les oreilles. Ou mieux, je vais me balader en permanence avec une pancarte vissée dans le crâne. Elle dira ceci : « je suis un gentil musulman et je suis d’accord avec vous tous ». Comme ça, yakhtiwni, ils me laisseront en paix.
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dimanche 10 août 2014

​La chronique du blédard : Les deux imams bouffons

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Le Quotidien d’Oran, jeudi 7 août 2014
Akram Belkaïd, Paris
 
Le duo de comiques est une vieille tradition dans le monde. On connaît, pour ne citer qu’eux, Laurel et Hardy, Bud Abbott et Lou Costello, Pierre Dac et Francis Blanche ou encore Omar et Fred. Loin de ces talentueux amuseurs, la France se découvre désormais une doublette appelée peut-être à faire date dans la longue liste de bouffons dont le pathétique le dispute à l’obscénité. Il s’agit de deux imams prétendant incarner une autre voie, celle de la distanciation à l’égard d’un islam qui serait dévoyé, rétrograde et sanguinaire. Deux imams que l’actualité récente à Gaza a encore mis sur les devants de la scène hexagonale pour le plus grand intérêt des défenseurs d’Israël.
 
Entendons-nous bien. Le présent chroniqueur s’inscrit pleinement dans la revendication d’une modernisation radicale du monde arabo-musulman avec, à la base, une réinterprétation courageuse du texte coranique et la remise en cause d’une pensée sclérosée, figée depuis le Moyen-Âge et pleinement responsable de l’arriération de nos sociétés. L’expression de « musulman libéral » reste encore à conceptualiser mais elle paraît porteuse de promesses pour qui estime que nos peuples sont loin d’avoir achevé leur émancipation. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il faille accepter les élucubrations de plus en plus médiatisées des imams Chalghoumi et Birbach puisque c’est d’eux qu’il s’agit. Plus important encore, il est hors de question d’accepter que l’on fasse d’eux les symboles de l’islam libéral, progressiste ou même « républicain ». Certains disent que cette paire ne représente qu’elle-même et qu’il ne faut pas lui faire de publicité d’autant qu’un imam ne saurait être représentatif de populations d’origines maghrébines qui refusent d’être enfermée dans une identité exclusivement religieuse. Il n’empêche, l’installation progressive de ce « duet » dans la sphère médiatique qui influence l’opinion publique mérite tout de même une mise au point.
 
Ces deux religieux sont à la jonction entre, d’un côté l’opportunisme des concernés et, de l’autre, l’urgence pour les milieux pro-israéliens en France de se trouver des interlocuteurs à la fois présentables mais, surtout, manipulables à souhait. En clair, sous couvert de dire et penser un « autre islam », lequel ferait moins peur, Birbach et Chalghoumi n’ont de cesse de fustiger les Palestiniens en ramenant tout à la responsabilité du Hamas, et en dénonçant l’antisémitisme dont feraient preuve celles et ceux qui, notamment en France, s’indignent du sort sanglant des habitants de Gaza. Et ce n’est donc pas un hasard si les deux hommes sont devenus les chouchous du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et d’autres instances qui font de la défense d’Israël et de ses intérêts l’un des piliers de leur activité en France.
 
Ainsi, Chalghoumi et Birbach sont instrumentalisés pour accréditer l’idée qu’un « bon » musulman ou qu’un musulman « libéral », « progressiste », « humaniste » ne peut pas critiquer Israël et son armée « la plus morale du monde ». En clair, un musulman qui penserait contre les siens et sa société – ce qui est, répétons-le une urgence vitale pour l’avenir de nos pays – ne pourrait être un adversaire politique d’Israël. Bien au contraire, les propos des deux calottés, même s’il s’agit d’un salmigondis des plus comiques, conforte l’hypothèse que la solidarité à l’égard des Palestiniens est suspecte puisque nécessairement motivée par l’antisémitisme et la judéophobie. Et c’est ainsi qu’imam numéro-un et imam numéro-deux sont exhibés de télévisions en manifestations pro-israéliennes, le but du jeu étant de démontrer qu’il existe une « autre voie » et que, finalement, les pro-Palestiniens ne sont pas aussi majoritaires que ça.
 
Bref, Birbach et Chalghoumi ont assimilé la règle qui permet d’aller très loin : ils disent et répètent à l’envi ce que certains prépondérants rêvent d’entendre. La méthode est aussi vieille que le monde. Dans l’Algérie française, le colonialisme a toujours essayé de discréditer les révoltés par la mise en scène de béni-oui-oui prompts à servir n’importe quel discours pourvu qu’ils en retirent quelques avantages. D’ailleurs, et sans verser dans le racisme social, on se rend bien compte que les deux religieux répondent à un critère bien précis. Leurs têtes et leur élocution en langue française (entendre parler Chalghoumi relève à la fois du supplice et de la franche rigolade) correspondent parfaitement au cliché de l’arabe, de l’immigré « d’hier », c'est-à-dire celui qui rasait les murs et ne faisait pas trop d’histoire. Certes, le Crif et ses alliés se sont aussi trouvés quelques soutiens auprès de rares intellectuels maghrébins bien plus brillants et plus éloquents mais ces derniers ont, de temps à autre, la décence et l’intelligence de prendre un peu de distance et, au moins, de se taire quand, dans le même temps, Chalghoumi et Birbach squattent la scène en permanence.
 
Le plus étonnant dans l’affaire, c’est que nombre d’historiens ont montré les limites et l’échec annoncé de ce genre de stratégie d’instrumentalisation. Le Crif et ses alliés peuvent-ils comprendre que leur affection pour les deux imams-troupiers n’apaisera pas les tensions intercommunautaires et n’arrangera rien ? Se choisir, ou plutôt se fabriquer ses propres interlocuteurs pour décrédibiliser ses vrais adversaires politiques ne résoudra rien. Bien au contraire, cela ne peut que continuer à échauffer les esprits et à alimenter nombre de thèses conspirationnistes.
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jeudi 26 septembre 2013

Rigolade matinale grâce à France inter et Chalghoumi

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Entendu ce matin (journal de 7h) sur les ondes de France Inter. 

L’imam Chalghoumi, oui encore lui, en visite au Vatican avec d’autres imams à l’initiative de Marek Halter et au micro de la journaliste de France Inter :

« … que l’endroit il est ça, je sentais on dirait je suis à La Mecque ». « … tellement de monde, ça, ça m’a touché énormément »  « mais les imams ils m’ont dit on sent une chose forte » (…) « Voir sa sainteté il arrive vers nous… nous aussi on se lève (…) … c’est plus qu’un mufti pour nous »

Pour la petite histoire, et selon la journaliste, le pape n’a serré la main qu’au seul Marek Halter et la photo de groupe n'a pas eu lieu... La prouchine foua ?
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