Lignes quotidiennes

Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
Affichage des articles dont le libellé est Hezbollah. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hezbollah. Afficher tous les articles

jeudi 29 août 2013

La chronique du blédard : Quelques réflexions à propos de la Syrie

_
Le Quotidien d'Oran, jeudi 29 août 2013
Akram Belkaïd, Paris    
   
On le sait, la vérité est toujours la première victime de la guerre. Le cas syrien n'échappe pas à cette règle. Il y a tant d'informations contradictoires qui circulent qu'il est difficile de se faire une opinion à l'heure où s'annonce une intervention militaire occidentale contre le régime de Bachar el-Assad. Dans ce genre de situation confuse, le journaliste doit reconnaître qu'il est impuissant puisque ses écrits sur le sujet relèvent le plus souvent de ses propres convictions plutôt que d'informations fiables et recoupées dont il disposerait. Même les confrères présents sur le terrain, l'avouent à demi-mots : il est très difficile pour eux de comprendre ce qui se passe et, surtout, de ne pas prendre parti en veillant à une stricte objectivité.

Mais il est des éléments que l'on ne peut ignorer. Le plus important d'entre eux est que la nature du pouvoir syrien ne plaide pas pour lui. Brutal, violent, sanguinaire, capable des pires atrocités contre son peuple et ses opposants, qu'ils soient ou non islamistes, le régime de Damas n'a que trop duré et sa chute est souhaitable et nécessaire. A ce sujet, il est plus qu'étonnant de voir nombre de commentateurs, y compris en Algérie, présenter Assad et sa clique comme de véritables héros de la cause arabe ou, plus exactement, de la " résistance arabe ". Ainsi, le président, héritier de son tyran de père, serait le dernier rempart contre la mise sous tutelle totale du Moyen-Orient par Israël et son protecteur (ou, en réalité, auxiliaire ?) américain. C'est (vite) oublier des épisodes comme le massacre du camp palestinien de Tel al-Zaatar en 1976, la participation syrienne à l'invasion de l'Irak en 1991 et même, plus près de nous, la neutralité bienveillante de Damas à l'égard de la coalition occidentale lors de la guerre en Irak en 2003. En clair, le régime syrien n'a jamais rien défendu d'autre que lui-même et si des hommes et des femmes ont pris les armes contre lui c'est bien parce qu'il a toujours refusé la moindre contestation politique et qu'il n'a accepté aucune ouverture démocratique.

Le bombardement de la ville de Hama en 1982 a montré que ce régime n'a pas eu la moindre hésitation à recourir à la force brutale quand il s'agissait de faire un exemple et de terroriser ses opposants. C'est pourquoi on est en droit de le suspecter d'avoir bien eu recours aux gaz de combat contre la population civile le 21 août dernier. Bien sûr, il faut attendre les résultats définitifs de l'enquête de l'ONU (à condition que cette dernière arrive à son terme…) mais il y a trop de faisceaux convergents pour ne pas accréditer la thèse de la culpabilité. Oui, le régime de Damas est certainement coupable d'avoir utilisé des armes chimiques contre des populations civiles mais le présent chroniqueur mentirait s'il n'avouait pas son malaise. Disons les choses franchement. Le souvenir des mensonges de 2003 concernant l'existence d'armes de destructions massives en Irak reste très prégnant. Quand l'administration américaine, soutenue par ses alliés européens, crie haut et fort qu'elle détient la vérité, c'est-là que des clignotants s'allument et qu'il convient d'être vigilant. Face à un tel unanimisme médiatique en faveur d'une intervention militaire on ne peut qu'être prudent et méfiant surtout quand cet unanimisme est conforté par quelques figures des plus suspectes qui vont de plateaux en plateaux pour expliquer pourquoi il est urgent de frapper Damas. Il faudrait être naïf pour croire que c'est le bien-être des Syriens qui leur importe.

Le fait même que les divisions au sein du monde arabe à propos de la Syrie soient passées sous silence en Occident pose problème. Prenons le cas de l'Algérie. Par anti-impérialisme, une grande majorité d'Algériens est opposée à une intervention militaire en Syrie. Et nombreux même sont ceux qui soutiennent ouvertement Assad. Cette réalité pose problème à la propagande pro-guerre car elle remet en cause l'idée d'une attaque militaire qui serait unanimement soutenue et saluée dans le monde arabe. Plus important encore, elle oblige aussi à relativiser la thèse d'un affrontement global entre sunnites et chiites. Les Algériens, comme les Tunisiens et les Marocains, sont sunnites mais, qu'on le déplore ou non, cela n'empêche pas leur sympathie d'aller vers Assad l'alaouite et le Hezbollah. Celles et ceux qui, en Occident, pensent qu'une attaque contre le régime syrien sera saluée au Maghreb ou même en Egypte, feraient mieux de nuancer leur jugement et d'anticiper les réactions anti-occidentales que cela provoquera.

Enfin, il faut aussi se pencher sur l'agitation annonciatrice de l'intervention militaire occidentale. " On va frapper… ", " on y est presque… ", " attention, on arrive… " semblent répéter Washington et ses alliés. Est-ce une manière d'avertir Damas de se préparer à encaisser quelques représailles rendues nécessaires après l'indignation générale provoquée par les massacres du 21 août ? Des représailles pour la forme, comme par exemple des tirs de missiles à partir de la côte, histoire de donner le change sans pour autant s'engager dans une aventure militaire aux conséquences imprévisibles notamment en ce qui concerne les réactions russe et chinoise ? En sport, on connaît le concept de " passe téléphonée ", celle que l'adversaire a tout le temps d'intercepter. Et si l'Occident nous préparait, là-aussi, une intervention militaire " téléphonée " ? La réponse à cette question, nous l'aurons dans quelques jours. En attendant, gare aux manipulations et aux effets de théâtre d'ombres.
_

lundi 31 décembre 2012

La chronique du blédard : Le monde arabe en 2013

_
Le Quotidien d'Oran, jeudi 27 décembre 2012
Akram Belkaïd, Paris
 
Personne ne contestera le fait que le Printemps arabe a été l'événement majeur de 2011. Mais qu'en a-t-il été de 2012 ? Les avis sont partagés. Dans de nombreuses capitales arabes on parle d'un hiver islamiste et d'une régression sociétale. A l'inverse, il existe un autre point de vue, moins influencé par les péripéties électorales, pour qui l'histoire est loin d'être écrite et qui affirme que nous n'en sommes qu'au début d'un long processus. Une longue séquence dont personne n'est capable de prédire la fin. En tout état de cause, une chose est certaine : le monde arabe va continuer à faire parler de lui durant l'année qui s'annonce.

D'abord en Syrie où l'on se demande si 2013 verra la chute du régime d'Assad avec d'incalculables conséquences tant sur le plan local que régional. De plus en plus contrôlée par des groupes islamistes radicaux, la rébellion contre le pouvoir de Damas inquiète la communauté internationale y compris ses principaux soutiens. Dans l'hypothèse de sa victoire - ce qui reste encore à prouver tant le régime semble conserver de la ressource pour se défendre - faut-il craindre des représailles massives contre les communautés ayant soutenu, de gré comme de force, Bachar el-Assad ? Au cours des dernières semaines, plusieurs textes ont circulé sur internet mettant en garde contre un génocide - c'est le terme employé -dont les alaouites mais aussi les chrétiens seraient les premières victimes.

Mais la guerre civile syrienne, car c'en est une désormais, peut aussi s'enliser. C'est, même si personne n'en conviendra, une option qui arrangerait nombre d'acteurs internationaux qui activent dans la région. Une Syrie à feu et à sang, constituerait de fait un abcès de fixation susceptible de peser sur le régime iranien et son allié libanais du Hezbollah. Ce serait aussi un conflit susceptible d'attirer des djihadistes du monde entier au grand soulagement des pays dont ils sont originaires. Et puis, plus le temps passera et plus les tensions s'exacerberont au sein des factions islamistes qui combattent le régime d'Assad, ce qui ne manquera pas de les affaiblir. Cela signifie une chose, on peut craindre que les terribles souffrances du peuple syrien vont continuer.

 
Le peuple de Bahreïn risque lui aussi de continuer à souffrir et cela dans une indifférence quasi-généralisée. Disparu des radars des médias internationaux dès mars 2011, cette monarchie sunnite, qui se dit constitutionnelle, reste confrontée à un fort mouvement de contestation essentiellement mené, mais pas uniquement, par des forces politiques chiites représentatives d'une part majoritaire de la population. L'une des hypothèses concernant la suite des événements est que cette crise - qui a fait plusieurs morts, des blessés, des arrestations et même des déchéances de nationalité - va nécessairement s'internationaliser. Si l'Arabie saoudite veille et protège la monarchie en place, on sent tout de même que l'opposition chiite marque des points auprès des grandes puissances occidentales et cela même si la propagande officielle l'accuse d'être inféodée à l'Iran.

Mais le pays arabe qui sera le plus observé est bien sûr l'Egypte. Car ce qui s'y passe depuis plusieurs mois est tout sauf anecdotique. La victoire du Frère musulman Mohamed Morsi à l'élection présidentielle et l'adoption au forceps d'une Constitution rédigée par le camp islamiste figurent parmi les événements majeurs de 2012. N'en déplaise au Maghrébins, et notamment aux Algériens, qui pensent le contraire, l'Egypte demeure le centre de gravité du monde arabe et ce qui s'y passe influe tôt ou tard sur ses voisins et cousins. Ainsi, la presse arabe transnationale a-t-elle déjà mis en exergue un fait de première importance. La récente radicalisation du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan - il a notamment appelé à des poursuites contre les producteurs d'une série télévisée sur Soliman le Magnifique - serait due à l'influence de Mohamed Morsi. Des Frères musulmans égyptiens au pouvoir qui incitent leurs homologues turcs de l'AKP à plus de rigorisme et d'orthodoxie, voilà une conséquence possible des événements de 2012 que personne ne semble avoir prévue. Ne disait-on pas, au contraire, que c'est le phénomène inverse qui aurait lieu, le " modèle turc " étant appelé à faire des émules dans le monde arabe ? Reste que la société égyptienne est divisée et que rien n'assure aux " Frères " que leur exercice du pouvoir sera un long fleuve tranquille. Mais l'expérience méritera d'être suivie de près.

Tout comme sera suivie l'évolution de la Tunisie où la polarisation de la vie politique entre partisans et adversaires d'Ennahdha - c'est d'ailleurs ce que recherche ce parti depuis février 2011 - peut mener au pire. Des élections devraient se tenir en 2013, dans l'hypothèse où les travaux de la Constituante seront achevés. Dans quel climat le scrutin se déroulera-t-il ? Faut-il donner du crédit aux sondages qui affirment que le parti religieux perd, jour après jour, de son audience ? Et si tel est le cas, ne faut-il pas craindre de lui une radicalisation plus marquée et un recours plus fréquent à l'intimidation et à la violence ?

Et l'Algérie dans tout cela ? On peut prendre le pari que ses dirigeants continueront de se gargariser d'une " exception " qui tend à faire croire que le pays est resté hermétique à l'onde de choc provoquée par le Printemps arabe. Est-ce que cela restera le cas en 2013 ? Qui sait ? Les Algériens sont devenus les champions du monde de l'attente du changement et vivent actuellement dans un environnement à part, presque factice, en raison de la bonne tenue des cours du pétrole. Ils peuvent regarder la situation en Egypte ou en Tunisie comme des repoussoirs et des obstacles à tout " aventurisme démocratique ". Mais, ils peuvent aussi se dire qu'il est des pays arabes où, malgré la pagaille politique, les choses bougent et où tout reste permis…

On terminera ce tour d'horizon par le sort des Palestiniens. Ces derniers ont désormais un " Etat " admis dans l'antichambre de l'Onu. Il leur reste à avoir enfin leur terre, leur " vrai " pays et leurs droits. On le sait, les Israéliens ont l'intention de ne rien lâcher et continuent même d'annexer Jérusalem-est et ses environs. Vu à l'instant t, on pourrait penser que la partie est perdue pour les Palestiniens. Mais, ce serait oublier que cette partie du globe, comme le reste du monde arabe, est souvent confrontée à l'inattendu. Cet imprévu salvateur qui rebat les cartes et détruit les certitudes de la veille. Et pourquoi 2013 ne serait-elle pas, elle aussi, l'année de l'imprévu ?
_
 

samedi 11 août 2012

La chronique du blédard : Du Printemps arabe et des intérêts de l’Occident

_

Le Quotidien d'Oran, jeudi 9 août 2012
Akram Belkaïd, Paris

L’Occident est-il en train de tirer les fils de la tragédie syrienne et, de façon plus générale, ceux des révolutions et révoltes arabes ? On le sait, cette question divise car, de sa réponse, dépend la position adoptée vis-à-vis d’un processus qui a débuté en décembre 2010 – avec les premières émeutes en Tunisie – et dont personne n’est capable à ce jour d’en prédire l’aboutissement. En tout état de cause, une idée revient en force y compris en Algérie : ce que l’on appelle « Printemps arabe » ne serait qu’un complot euro-américain. 

Autrement dit, la chute du régime de Ben Ali, la démission forcée de Moubarak, les victoires électorales des islamistes en Egypte et en Tunisie, la mort de Kadhafi ainsi que la dislocation actuelle de la Syrie, tout cela est donc vu comme ayant été programmé par quelques cabinets occultes occidentaux voire israéliens. On le sait, c’est l’intervention de l’Otan en Libye qui, la première, a modifié la perception générale et donné crédit à l’hypothèse d’un grand plan mis en œuvre pour redessiner les contours du Maghreb et du Machrek (en attendant, peut-être, le Golfe). Aujourd’hui, le drame syrien et le soutien accordé par les Etats-Unis et l’Europe à la rébellion – notamment via leurs auxiliaires et supplétifs des monarchies pétrolières – confortent cette idée. Mais faut-il pour autant crier au complot ?

Dans un récent éditorial du Quotidien d’Oran, M. Saadoune a remis les choses en perspective (*). Faisant référence à un article d’Abdelbari Atwan dans Al-Quds Al-Arabi, il rappelle qu’à la base il y a bel et bien une volonté populaire – et surtout légitime - de se défaire de dictatures implacables cela indépendamment du fait que, par la suite, les Occidentaux ont tout fait pour récupérer et orienter les révoltes. Ni Ben Ali, Ni Moubarak, Ni Kadhafi et encore moins Assad ne peuvent être défendus. Quitte à se répéter, il faut rappeler que ces dirigeants ont été ou sont encore la principale raison de la ruine de leurs pays. En divisant et en maltraitant leur peuple, en leur niant le droit aux droits, ils ont créé les germes de la division et ouvert la voie aux ingérences extérieures. Les gens qui ont pris les armes contre Kadhafi ou Assad l’ont d’abord fait pour eux-mêmes. Pour résumer les choses, ce n’est pas la CIA qui a poussé Bouazizi à s’asperger d’essence même si cette agence, comme ses partenaires européennes, savait que tôt ou tard que ce type d’événement déboucherait sur une révolte générale (et les plans pour agir en conséquence existaient certainement dans ses cartons).

Dans cette affaire, deux naïvetés s’opposent. La première consiste à croire que l’Occident n’a aucune idée derrière la tête vis-à-vis du monde arabe. La seconde pousse quant à elle à s’indigner du fait que, justement, il cherche à tirer profit de la situation. La vérité c’est qu’un Etat digne de ce nom fera toujours tout pour défendre ses intérêts qu’ils soient économiques, militaires ou politiques. A long terme, il déploiera de nombreuses stratégies basées notamment sur la prospective – via notamment l’étude de tous les scénarios possibles - et l’anticipation. A court terme, il cherchera toujours à profiter des circonstances pour, justement, être au plus près de ses objectifs de long terme. Pour autant, aucun Etat n’est infaillible. 

A lire les ouvrages spécialisés et les biographies des grands de ce monde, on voit bien que cela ne se passe pas toujours de manière idéale. L’idée que des mécaniques d’une grande précision sont à l’œuvre est très répandue chez les Arabes. Elle est pourtant exagérée, car l’Occident, c’est aussi de l’improvisation (on dira ce que l’on voudra mais ce fut le cas de l’intervention en Libye), des politiques à court terme qui débouchent sur des catastrophes, des intérêts internes divergents qui s’opposent et, pour finir, de grosses erreurs (cas de l’Iran en 1980, de l’Irak en 2003).

Cela étant précisé, personne ne peut nier que pour l’Occident, Etats-Unis en tête, ce qui se passe actuellement est une grosse opportunité. Passé un premier temps de flottement - ce fut le cas avec les révoltes tunisienne et égyptienne - de nombreux mécanismes de prise en charge des mouvements contestataires ont vu le jour. Qu’il s’agisse de « l’encadrement » de l’opposition syrienne en exil à la prise en charge plus ou moins directe de la période de transition post-Kadhafi en passant par la mise à disposition de « l’expertise démocratique et électorale » à la Tunisie d’après-Ben Ali, les Occidentaux sont très présents. Mais pourquoi faire ? Pour prendre le contrôle du monde arabe ? Pour l’asservir ? Pour garantir la sécurité et la domination régionale d’Israël ? Nombre d’Arabes sont persuadés que c’est cela qui est en jeu : plus d’un demi-siècle après les indépendances, les révolutions et révoltes en cours mèneraient ainsi à une nouvelle mise sous tutelle de leurs pays par l’Occident. Et c’est là où – conséquence des propagandes sur le thème de la souveraineté - intervient un incroyable déni de réalité. Car, dans les faits, le monde arabe est déjà sous contrôle depuis des décennies.

D’abord, les tyrans qui sont tombés étaient des tigres de papiers ayant tous fait allégeance à l’Occident d’une manière ou d’une autre. Même Assad, qui finira par perdre le pouvoir, a longtemps été le « meilleur ennemi » d’Israël, comprendre un adversaire qui sait regarder ailleurs quand l’aviation israélienne bombarde le Liban ou Gaza. Ensuite, il suffit de se reporter à l’économie. En 2012, le monde arabe importe 80% de ses besoins en ingénierie et produits industriels et 60% de ses besoins alimentaires. Vue de l’intérieur, cette dépendance et cette insécurité ne font même pas débat. 

C’est que les Arabes vivent dans l’illusion d’une résistance à l’impérialisme occidental et à la mondialisation libérale telle qu’elle a été conçue par les Chicago Boys et Wall Street. Or, exception faite des Palestiniens (quoique…) et, dans une autre mesure, du Hezbollah libanais, cela fait plus de vingt ans que leurs gouvernements – et leurs élites - ont abdiqué. De Casablanca à Dubaï, le monde arabe n’est plus qu’un immense bazar aux fondations fragiles et incapables de vivre de manière autonome. Au-delà des habituels gargarismes nationalistes, il est temps de reconnaître que les pays arabes sont tenus. Et que les efforts de l’Occident vis-à-vis des processus de changement en cours visent simplement à ce que cette domination perdure voire à ce qu’elle se renforce. 

Quant aux plans à long terme de l’Europe et des Etats-Unis vis-à-vis d’une région qui détient plus du tiers des réserves pétrolières et gazières de la planète, c’est là une question qui mériterait une véritable analyse stratégique des principaux concernés, autrement dit les gouvernements arabes eux-mêmes. Et il n’est même pas sûr que cette réflexion soit menée…

(*) Un constat testamentaire, dimanche 5 août 2012.
_