Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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mardi 14 janvier 2020

La chronique économique : L’or en vedette

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Le Quotidien d’Oran, mercredi 8 janvier 2020
Akram Belkaïd, Paris

Dans un monde incertain, confronté à un nombre incessant de conflits et de crises, les marchés financiers ont inventé la nation de « valeur refuge », comprendre celle qui permet d’anticiper des temps encore plus durs sans trop perdre de ses avoirs. Revers de la médaille, la valeur refuge est souvent considérée comme inintéressante en phase tranquille ou d’incertitude moindre. C’est le cas, par exemple, des cours de l’or. Quand tout va, l’once d’or (31 grammes) connaît une demande modérée. Les investisseurs préfèrent alors des valeurs qui rapportent plus même si elles peuvent souffrir d’un retournement de tendance. Par contre, au premier bruit de bottes, le métal jaune revient en grâce.

Tensions géopolitiques

C’est ce qui s’est passé tout au long de l’année 2019, le métal jaune ayant enregistré une progression de près de 15%, autrement dit une bonne affaire pour celui qui en a acheté au début de l’année dernière et qui a pris ses bénéfices en décembre. Peut-être même le regrette-t-il car le début de 2020 semble parti sur la même phase ascendante avec une once qui se rapproche du seuil des 1600 dollars, autrement dit son meilleur niveau depuis 2013.

Les facteurs qui expliquent cette bonne tenue sont nombreux et, pour la plupart, sont d’ordre géopolitique ou politique. Pour 2020, le marché suit avec attention ce qui se passe aux États-Unis. Comment va se dérouler l’élection présidentielle du mois de novembre ? Donald Trump sera-t-il réélu ? Jusqu’où ira sa procédure d’empêchement (« impeachement) ? Autre question : comment vont évoluer les relations entre les États-Unis et la Chine, « le » vrai dossier géopolitique de ce début de siècle. Aura-t-on une normalisation ? Ou bien alors, la guerre commerciale entre les deux rivaux va-t-elle reprendre de plus belle. Dans un tel contexte, l’achat de métal précieux rassure les anxieux, ou les prudents, qui préfèrent ne pas compter uniquement sur les obligations d’État.

Le récent assassinat du général iranien Qassem Souleimani augmente les tensions et les interrogations. Dès son annonce, les prix de l’or, et à un degré moindre ceux du pétrole, ont bondi. C’est certes ce qui arrive à chaque fois qu’un événement intervient au Proche-Orient mais on sent bien que tout le contexte mondial sert le métal jaune, y compris avec la résurgence des menaces nord-coréennes.

Dédollarisation


D’autres facteurs, plus techniques pour certains, influent aussi sur les prix de l’or. La grande tendance sur les marchés consiste aujourd’hui à éviter les actifs trop dépendants du dollar, monnaie qui inquiète nombre d’investisseurs (ce qui est, en partie, une conséquence, là aussi, de l’incertitude politique qui règne à Washington). Par ailleurs, les grands producteurs, Afrique du sud ou Australie, sont confrontés à des difficultés sociales et environnementales qui réduisent leurs exportations. Ce n’est pas la rareté totale mais les quantités physiques d’or ne sont pas non plus illimitées. L’or se prépare donc à revêtir encore l’habit de vedette en 2020.

vendredi 28 juin 2013

La chronique de l’économie : L’or pâlit

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Le Quotidien d'Oran, mercredi 26 juin 2013
Akram Belkaïd, Paris
 
Mauvaise passe pour l’once d’or dont le prix est tombé la semaine dernière au-dessous du seuil des 1300 dollars. Déjà, en avril dernier, le métal précieux avait perdu 200 dollars en à peine deux séances. Selon la majorité des experts, ce recul devrait se poursuivre voire s’aggraver. Pour les analystes de Goldman Sachs, l’once se stabilisera tout de même autour de 1300 dollars à la fin 2013 et ne devrait valoir que 1050 dollars à la fin 2014. D’autres spécialistes la voient même passer sous la barre symbolique des 1000 dollars. Bien sûr, on reste loin des niveaux de la fin des années 1990 où l’or peinait à dépasser le cours des 300 dollars l’once mais le repli actuel est tout de même une mauvaise nouvelle pour les épargnants à la recherche de placements sûrs.
 
L’économie américaine va mieux, l’or chute
 
Il y a plusieurs raisons conjointes qui expliquent le recul du métal jaune. La première est directement liée aux déclarations de Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed). Ce dernier a annoncé que la Banque centrale étasunienne allait progressivement diminuer ses injections de liquidités dans le secteur financier jusqu’à les cesser au milieu de l’année prochaine (ces injections consistent, entre autre, à prêter de l’argent aux établissements bancaires à des taux très inférieurs à ceux du marché afin de soutenir l’activité économique). Ce propos, basé sur les perspectives d’amélioration de l’économie américaine, a immédiatement fait monter le dollar par rapport à d’autres devises comme l’euro ou le yen (si une économie est solide, sa monnaie s’apprécie). Or, quand le dollar augmente, cela pénalise les détenteurs d’autres devises qui souhaitent acheter du métal précieux. En effet, comme les transactions sur l’or sont libellées en billets verts, il leur faut d’abord acheter du dollar et donc payer le prix fort du fait de sa vigueur.
 
La seconde raison relève de l’évolution des marchés boursiers. En signifiant que l’ère de l’argent gratuit ou presque est terminée, Ben Bernanke a provoqué un dévissage des marchés d’action. Pour compenser leurs pertes, les opérateurs ont donc été obligé de vendre de l’or ce qui a accentué l’effet baissier pour l’once. A cela, s’ajoute le fait que l’appréciation du dollar s’accompagne par une hausse des taux d’intérêts. Pour les investisseurs, il devient dès lors moins rentable de placer leurs fonds dans le métal jaune puisque la vigueur des taux d’intérêt leur offre deux avantages : d’abord la possibilité de placements mieux rémunérés et, ensuite, l’assurance que l’inflation ne sera pas au rendez-vous durant les prochains mois (la hausse des taux est la meilleure garantie contre l’inflation voire l’hyperinflation). Du coup, l’or perd de son attrait. Il n’est plus un placement idéal et n’apparaît plus comme la valeur refuge contre l’inflation.
 
Une valeur qui reste sûre
 
Faut-il pour autant se résoudre à vendre de l’or ou à s’en détourner ? Rien n’est moins sûr. D’abord, la demande physique pour ce métal ne baisse pas. Les Banques centrales du monde entier continuent d’en acheter et les particuliers, notamment en Asie, ne sont pas près de s’en détourner. De plus, les paris de Bernanke sur un redémarrage de l’économie américaine sont risqués et rien ne dit que la Fed ne va pas être obligée de revenir à une politique monétaire plus accommodante en 2014 (par le biais d’une baisse des taux ou par de nouvelles injections de liquidités dans le circuit financier). Et cela profitera automatiquement à l’once de métal précieux. Le dilemme est donc réel. S’il faut se garder de vendre ses avoirs en or, la question reste de savoir quand est-ce qu’il sera rentable de se remettre à en acheter. A 1000 dollars l’once ? Mais qui peut être sûr qu’elle ne baissera pas à 900 dollars avant de repartir à la hausse…
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