Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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lundi 25 juin 2018

Au fil du mondial (11) : Le temps des regrets

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Il est donc temps pour certaines équipes de plier bagages et de quitter la compétition. Pour certaines, c’est chose normale. On pense au Panama, trop faible pour être à la hauteur. On pense aussi à l’Arabie saoudite ou à la Tunisie et même à l’Egypte arrivée en Russie avec une cote visiblement surévaluée. Tel n’est pas le cas pour l’Iran et le Maroc. Ces deux équipes peuvent vraiment avoir des regrets car les huitièmes de finale n’étaient pas inatteignables pour elles. Il est dommage que le Maroc ait raté son match contre l’Iran. Il est dommage que cette équipe ait été brimée par un arbitrage scandaleux contre le Portugal. L’Iran aussi aurait pu passer en mettant dehors le Portugal (ou l’Espagne).

Cette fin de première poule laisse donc un goût habituel, celui de l’inachevé. Et, malheureusement, il n’est pas nouveau. En 1978, la Tunisie n’est pas passée loin de l’exploit avec sa victoire contre le Mexique (3-1), son nul contre la RFA (0-0) et sa courte défaite contre la Pologne (0-1). Idem pour l’Algérie en 1982 (on reparlera du match de la honte RFA - Autriche dans une prochaine chronique). Même chose pour le Maroc en 1986 qui a réussi à passer le premier tour mais qui n’a pas pu aller plus loin malgré une équipe séduisante.
Comment expliquer ces échecs ? Les raisons sont multiples. Certaines de nos équipes, je parle de celles du « Sud », débutent mal le tournoi ou ont du mal à garder la même intensité sur plusieurs rencontres. D’autres sont les victimes d’un arbitrage qui ne leur fera aucun cadeau. L’encadrement de l’équipe marocaine a d’ailleurs raison de dénoncer la partialité des arbitres, y compris ceux en charge de la vidéo, et les Iraniens peuvent s’étonner que Ronaldo n’ait pas été exclu du jeu après avoir frappé un adversaire. Ces deux équipes peuvent aussi regretter d’avoir été trop prudentes dans leur jeu. D’avoir presque joué contre nature.
Mais il y a une raison que l’on cite peu souvent. Pour progresser, les équipes maghrébines, en particulier, et africaines, en général, ont absolument besoin d’expérience pour relever leur niveau cela d’autant que leurs championnats sont d’une faiblesse insigne. Jouer une coupe du monde de temps à autres ou même tous les quatre ans ne suffit pas à hausser son jeu. On dira que de nombreux joueurs évoluent en Europe dans des championnats étoffés. C’est vrai mais cela ne suffit pas. On parle ici de l’expérience à acquérir par toute une équipe lors de face-à-face réguliers avec plus forts qu’elles. Ce n’est ainsi que l’on progresse.
L’idéal serait de jouer une compétition relevée tous les deux ans. Je ne parle pas ici de la Coupe d’Afrique des Nations qui se déroule souvent dans les conditions que l’on sait… Il y a vingt ans, l’idée d’inviter une ou deux équipes africaines à participer au championnat d’Europe des nations avait été brièvement avancée avant d’être oubliée. Pour progresser et être encore plus fortes, des équipes comme celles du Maroc doivent multiplier les matchs difficiles en Europe et en Amérique du sud. Cela peut être des matchs amicaux même si l’intensité n’est pas la même. Bien sûr, les considérations financières peuvent peser. En fait, l’idéal serait un championnat mondial transcontinental annuel mais cela reste utopique.
Finalement, le meilleur compromis serait de disposer des joueurs durant plusieurs longues périodes. Cela améliorerait la cohésion sans toutefois remplacer l’expérience offerte par la succession des matchs.
Akram Belkaïd, lundi 25 juin 2018
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mercredi 20 juin 2018

Au fil du mondial (6) : Surface de confusion

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Un arbitre ne peut tout voir de ce qui se passe sur le terrain. C’est pour cela qu’on lui a accordé le renfort de deux assistants (arbitres de touche) mais aussi un quatrième collègue, un système de détection électronique sur la ligne de but pour vérifier que le ballon a bien franchi la ligne (goal line technology) et même l’assistance vidéo, si longtemps refusée. Avec tout cela, on pourrait penser que l’ex-homme en noir a tous les moyens possibles pour régner en maître sur le terrain. Deux joueurs qui s’empoignent à cinquante mètres derrière son dos, on lui signale la chose dans l’oreillette et il n’a plus qu’à sortir les cartons rouges. On est loin cette demi-finale de la Coupe du monde 1982 où Charles Corver, l’arbitre du fameux France – RFA (3-3, l’Allemagne de l’Ouest qualifiée aux penalties) n’a pu voir l’innommable gardien teuton écrabouiller et édenter Battiston, occupé qu’il était à suivre la course du ballon (c’est du moins ce qu’il continue de prétendre, aujourd’hui encore).

L’une des évolutions du football est donc cette quête pour qu’aucune faute n’échappe à l’arbitre, à ses assistants et autres supports, l’idée étant aussi de minimiser le risque d’erreur de jugement qu’il pourrait commettre. Pour autant, il est des fautes qu’il voit souvent à chaque rencontre et qu’il ne siffle presque jamais. Je veux parler de ces combats au corps-à-corps qui se déroulent à chaque corner (« coup de coin » chez nos amis belges) dans la surface de réparation (appelée ainsi parce que c’est là qu’on « répare », par un pénalty, les fautes commises en son sein). Ça se ceinture, ça se plaque, ça tire les maillots, ça va au sol, ça cravate mais l’arbitre fait mine de ne rien voir (cf. le match du jour entre le Maroc et le Portugal au moment du but de Ronaldo sur corner). Une application stricte du règlement exigerait que des penalties soient sifflés pour punir ces vilaines fautes. Mais il faudrait que la Fifa s’engage à le faire et qu’elle donne de fermes consignes en ce sens.

Avant chaque tournoi, cette institution décide de lutter contre telle ou telle mauvaise tendance du jeu. Il y a quelques années, des déclarations d’officiels laissaient entendre que les arbitres allaient enfin sévir contre la confusion au moment des corners. Mais il n’en fut rien et cela malgré l’apparition de deux arbitres placés derrière la ligne de but et dont on se demande, notamment en Europe, à quoi ils peuvent bien servir.


Si la Fifa hésite à agir, c’est parce qu’elle sait que, dans un premier temps, cela occasionnera beaucoup de penalties et qu’il faudra du temps pour que les équipes s’adaptent. Ne pas (trop) sévir est donc la solution privilégiée et voilà pourquoi nous allons continuer à subir ces mêlées dignes d’un mauvais rugby.
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