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"La victoire de l'équipe allemande en finale [de la Coupe du monde de football de 1954] contre la Hongrie 3-2 dépassa, à Berne, le simple exploit sportif. Elle fut vécue comme une renaissance. Le "Miracle de Berne" (Das wunder von Berne) donna au peuple allemand, écrasé de culpabilité et contraint de vivre dans un pays détruit, le sentiment d'être à nouveau quelqu'un (Wir sind wieder wer, selon l'expression de l'époque). (...) Joachim Fest, le grand historien du nazisme, va même jusqu'à qualifier cet événement de "vraie date de naissance" de la République fédérale allemande (Geburtsstunde der Bundessrepublik Deutschland)".
Christophe Bourdoiseau in, Allemagne : la mémoire libérée, collection L'âme des peuples, Editions NEVICATA
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Lignes quotidiennes
Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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jeudi 26 juin 2014
jeudi 21 novembre 2013
La chronique du blédard : Du foot, de l’extrême-droite française et du quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika
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Le Quotidien d'Oran, jeudi 21 novembre 2013
Akram Belkaïd, Paris
Rares sont les événements qui déclenchent des passions aussi fortes et aussi folles que le football. On peut le déplorer, on peut trouver cela excessif mais cela n’y changera rien. Dans de nombreux endroits du globe (même des pays comme la Chine ou l’Inde y viennent), le ballon rond possède un puissant pouvoir de séduction et de mobilisation. Il fait entrer les foules en transes et provoque des communions populaires qui, par leur ampleur, dépassent les antagonismes sociaux et politiques. A l’inverse, en cas de défaite ou de débordements des supporters, il peut aussi engendrer des drames et générer des polémiques nationales presque toujours révélatrices de l’état d’un pays.
Le foot et ses grandes messes sont des marqueurs de mémoire. En Algérie, qui peut avoir oublié les liesses de juin 1982 (victoire contre la RFA au « mundial » espagnol) ou de novembre 2009 (victoire contre l’Egypte en match de barrage pour le mondial sud-africain de 2010) ? En France, le 12 juillet 1998, jour de la victoire des Bleus contre le Brésil en finale de la Coupe du monde, fait partie des ces dates que l’on aime à rappeler ne serait-ce que pour raconter comment elle fut vécue et où l’on était quand Zinedine Zidane a scoré à deux reprises. Souvent, d’étranges clins d’œil entourent ce sport. Le 18 novembre 2009, l’Algérie et la France se sont qualifiées le même jour pour l’Afrique du sud. Quatre ans après, le mardi 19 novembre, le même scénario s’est répété avec un timing identique. D’abord l’Algérie puis, moins de deux heures plus tard, la France. Dans les deux pays, de la joie, du soulagement, des chants, des hymnes et des drapeaux brandis.
Bien entendu, la récupération politique n’est jamais loin. Quoi de plus tentant que d’essayer de profiter de l’euphorie générale pour redorer son image ou pour faire diversion en reléguant à l’arrière-plan les vrais problèmes du quotidien. De fait, il ne sert à rien de dire que « ce n’est que du foot ». On le sait, et c’est ainsi, le sport-roi n’est pas que cela. Comme l’a dit, non sans exagération, Bill Shankly, l’ancien entraîneur écossais de Liverpool, « le football n’est pas une question de vie ou de mort. C’est bien plus ».
Mardi matin, tout aussi concerné par le match de l’Algérie que celui de la France, j’étais habité par l’inquiétude justement en raison de l’importance extra-sportive de ces rencontres. Je voulais, j’espérais la qualification française même si cela me paraissait impossible. Bien sûr, cela fait plus de six ans que cette équipe me déçoit en raison du mauvais comportement de ses joueurs (je n’oublie pas non plus les dégâts occasionnés par le « management » particulier de l’ex-entraîneur Domenech). Mais, dans le même temps, il était évident que ce pays où je vis avait un besoin urgent d’une bonne nouvelle.
Il fallait aussi une qualification des Bleus pour déjouer, non pas un complot, mais la sinistre machinerie qui commençait déjà à se mettre en place. De l’extrême-droite à la droite dure en passant par quelques chroniqueurs aigris payés pour jeter de l’huile sur le feu, on voulait une élimination de l’équipe de Deschamps pour ressortir le discours, désormais bien rodé, à propos d’une équipe composée de joueurs ne respectant pas le drapeau français. Plus insidieux encore, ce marigot nauséabond espérait aussi une qualification de l’équipe algérienne. Non pas par algérophilie soudaine mais par calcul politique : on imagine aisément la nature des commentaires et des analyses des experts appointés si jamais seuls des drapeaux algériens avaient été brandis sur l’avenue des Champs-Elysées par de jeunes binationaux… Voilà pourquoi la qualification française a été critiquée par Lionnel Lucas, ce député-dépité (UMP) ne supportant visiblement pas que des joueurs aux origines (et confessions) diverses puissent être enfin soudés et faire chavirer de bonheur un pays tout entier.
Concernant l’Algérie, je ne pouvais, là-aussi, que souhaiter la victoire des Verts (de grâce, cessons de désigner nos joueurs par ce surnom stupide de fennecs). Je fais partie de cette génération qui continue de rêver aux exploits des Belloumi, Madjer, Assad et autres Dahleb, Merzekane ou Fergani mais je ne demande pas mieux que de vibrer encore grâce à du beau jeu à l’algérienne (ce qui, il faut être honnête, est loin d’être le cas depuis le début des années 1990). Et j’espère que l’Equipe nationale (EN) nous transportera de joie en juin 2014 et qu’elle nous fera oublier sa triste et insipide prestation sud-africaine.
Mais ce qui me pose problème, c’est l’inévitable récupération politique de cette qualification. Je vais donc être clair à ce sujet : oui, et mille fois oui, à cette quatrième qualification à une Coupe du monde de football de l'EN. Non, et mille fois non à un quatrième mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika. Sur le terrain, c’est la jeunesse algérienne qui a fait la différence. C’est à elle, à son talent, à son engagement (et à son coach Vahid Halilhodzic) que l’on doit la qualification. Et c’est aussi à la jeunesse algérienne de faire enfin entrer notre pays dans le 21ème siècle. Il y a quelques temps, l’actuel président avait déclaré – à la grande satisfaction de nombre d’Algériens – qu’il était temps que sa génération passe la main. Ce n’est pas parce qu’une cour de flagorneurs (et de calculateurs) est prête à tout avaler – et un quatrième mandat serait une platée bien indigeste - qu’il faut remiser la revendication du changement et de la rupture.
A dire vrai, et à bien y réfléchir, le foot, ce n’est que du foot. On prépare un match, on le joue, on le perd ou on le gagne et on passe au suivant. Les supporters les plus passionnés finissent eux-mêmes par tourner la page. Cela ne change pas la donne, cela ne garantit pas le développement et la croissance économique. Cela ne rénove pas les hôpitaux, cela ne réduit pas la pauvreté, cela ne protège pas l’environnement. Par contre, la politique, la vie d’un pays et des ses institutions, tout cela est bien plus sérieux, plus fondamental. Heureux à la perspective de suivre le mondial brésilien, les Algériens (mais aussi les Algériennes) ne doivent pas perdre de vue l’essentiel. Et l’essentiel, l’urgent, c’est la Refondation d’un pays bien mal en point. Un pays dont les inquiétants déséquilibres, qu’ils soient sociaux, économiques ou même politiques, méritent bien plus de passion et d’engagements qu’une compétition sportive, fut-elle aussi prestigieuse que la Coupe du monde de football.
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vendredi 28 décembre 2012
La chronique économique : L’ECONOMIE DU QATAR VA RALENTIR
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Le Qatar est donc engagé dans un effet de rattrapage par rapport à ses voisins et concurrents. Reste que les chantiers annoncés tardent à démarrer. La principale raison est que l’Emirat ne sait plus où donner de la tête en matière de projets d’infrastructures et qu’il est gagné par la congestion tant en terme de force de travail que d’équipements. Comme Dubaï, il y a une dizaine d’années, Doha est l’un des lieux au monde où l’on compte le plus grand nombre de grues et d’engins de chantier. A cela s’ajoute le fait que les autorités sont de plus en plus, inquiètes quant à la formation d’une bulle immobilière. Certes, en 2012, le nombre de crédits pour la construction a fléchi de 7% (il avait bondi de 40% en 2011) mais de nombreux indices font craindre un scénario à la Dubaï pour les prochaines années. On se souvient qu’en 2010, l’immobilier aux Emirats avait perdu près des deux tiers de sa valeur et entraîné de nombreuses faillites.
DES CHANTIERS POUR QUEL USAGE ?
Mais la question qui reste posée concerne l’avenir de toutes ces infrastructures. Concernant les stades de la Coupe du Monde, le Qatar a annoncé qu’ils seraient démontés et offerts à des pays en voie de développement (aucune précision n’a été donnée sur cette question ni sur les modalités financières d’un tel transfert). Mais, les routes, les hôtels, les centres commerciaux ainsi que les divers sites industriels n’ont pas vocation à être revendus à l’étranger. Vont-ils continuer à servir ? Et pour qui ? Ne seront-ils pas en surcapacité ? La dynamique économique continuera-t-elle à justifier autant d’investissements pour un pays dont la population ne dépasse pas les 200.000 individus (pour les seuls nationaux) et dont la superficie est comparable à celle de la Corse ? En tout état de cause, la décennie en cours devrait apporter de précieux éléments de réponse à ces questions.
Le Quotidien d'Oran, mercredi 26 décembre 2012
par Akram Belkaid, Paris
En 2013, le Produit intérieur brut (PIB) du Qatar devrait progresser de 4,8% (contre 6,3% en 2012) soit le plus faible taux de croissance depuis 2002. Bien entendu, la liste des pays qui aimeraient connaître une telle expansion de leur économie est longue. On pense notamment aux membres de l’Union européenne (UE) qui resteront menacés par la récession au cours des prochains mois. Mais, pour un pays comme le Qatar, habitué à des progressions élevées et proches du duo Chine-Inde, ce léger ralentissement mérite d’être signalé. En effet, cela traduit la fin d’un cycle de quinze ans au cours duquel l’Emirat a consenti près d’une centaine de milliards de dollars d’investissements pour augmenter ses capacités de production de gaz naturel et de pétrole.
CAP SUR LES INFRASTRUCTURES
Durant les prochaines années, la croissance de l’économie du Qatar devrait donc dépendre du développement des infrastructures avec comme ligne de mire l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2022. Usines de traitement d’eau, production d’électricité verte grâce à l’énergie solaire, métro et train, routes et bases logistiques : le Qatar présente un réel retard en la matière en comparaison des Emirats arabes unis (EAU) et de l’Arabie Saoudite. Doha devrait ainsi dépenser près de 10 milliards de dollars d’ici 2020 pour être capable d’accueillir la Coupe du Monde de football et loger au mieux les millions de visiteurs qui se déplaceront à cette occasion. Un chiffre à comparer avec les «seuls» 4 milliards de dollars que la ville émiratie de Dubaï devrait dépenser au cas où sa candidature serait retenue pour l’Exposition universelle de 2020 (il s’agit du troisième événement planétaire après la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques).
CAP SUR LES INFRASTRUCTURES
Durant les prochaines années, la croissance de l’économie du Qatar devrait donc dépendre du développement des infrastructures avec comme ligne de mire l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2022. Usines de traitement d’eau, production d’électricité verte grâce à l’énergie solaire, métro et train, routes et bases logistiques : le Qatar présente un réel retard en la matière en comparaison des Emirats arabes unis (EAU) et de l’Arabie Saoudite. Doha devrait ainsi dépenser près de 10 milliards de dollars d’ici 2020 pour être capable d’accueillir la Coupe du Monde de football et loger au mieux les millions de visiteurs qui se déplaceront à cette occasion. Un chiffre à comparer avec les «seuls» 4 milliards de dollars que la ville émiratie de Dubaï devrait dépenser au cas où sa candidature serait retenue pour l’Exposition universelle de 2020 (il s’agit du troisième événement planétaire après la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques).
Le Qatar est donc engagé dans un effet de rattrapage par rapport à ses voisins et concurrents. Reste que les chantiers annoncés tardent à démarrer. La principale raison est que l’Emirat ne sait plus où donner de la tête en matière de projets d’infrastructures et qu’il est gagné par la congestion tant en terme de force de travail que d’équipements. Comme Dubaï, il y a une dizaine d’années, Doha est l’un des lieux au monde où l’on compte le plus grand nombre de grues et d’engins de chantier. A cela s’ajoute le fait que les autorités sont de plus en plus, inquiètes quant à la formation d’une bulle immobilière. Certes, en 2012, le nombre de crédits pour la construction a fléchi de 7% (il avait bondi de 40% en 2011) mais de nombreux indices font craindre un scénario à la Dubaï pour les prochaines années. On se souvient qu’en 2010, l’immobilier aux Emirats avait perdu près des deux tiers de sa valeur et entraîné de nombreuses faillites.
DES CHANTIERS POUR QUEL USAGE ?
Mais la question qui reste posée concerne l’avenir de toutes ces infrastructures. Concernant les stades de la Coupe du Monde, le Qatar a annoncé qu’ils seraient démontés et offerts à des pays en voie de développement (aucune précision n’a été donnée sur cette question ni sur les modalités financières d’un tel transfert). Mais, les routes, les hôtels, les centres commerciaux ainsi que les divers sites industriels n’ont pas vocation à être revendus à l’étranger. Vont-ils continuer à servir ? Et pour qui ? Ne seront-ils pas en surcapacité ? La dynamique économique continuera-t-elle à justifier autant d’investissements pour un pays dont la population ne dépasse pas les 200.000 individus (pour les seuls nationaux) et dont la superficie est comparable à celle de la Corse ? En tout état de cause, la décennie en cours devrait apporter de précieux éléments de réponse à ces questions.
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