Lignes quotidiennes

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Dernier ouvrage paru : Chroniques du ramadan. Voyage intimiste au coeur du jeûne (Tallandier, 2026).
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mercredi 23 janvier 2019

Les gérontocrates et le dilettante

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Le Monde diplomatique, décembre 2018
Akram Belkaïd

En Algérie comme au Maroc ou en Tunisie, la santé du chef de l’État est un sujet de préoccupation qui alimente rumeurs et spéculations quant à l’identité réelle des détenteurs du pouvoir. L’âge de M. Béji Caïd Essebsi, les maladies de M. Abdelaziz Bouteflika et du roi Mohammed VI ainsi que les absences de ce dernier affaiblissent des régimes qui craignent d’être délogés par la force.

samedi 22 décembre 2012

Amis Marocains, la France vous aime aussi

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SlateAfrique, samedi 22 décembre 2012

François Hollande a certes choisi l'Algérie pour sa première halte maghrébine, mais le Maroc demeure le préféré.

Bain de foule de François Hollande à Alger le 20 décembre 2012. Philippe Wojazer / Reuters
l'auteur
                                           
Alors, on boude? On râle et on s’inquiète? Tout cela parce que François Hollande, président de la bonne vieille République française, jadis mère patrie pour nous et mère protectrice pour vous, s’en est venu faire un petit tour par chez nous?
C’est vrai, a priori, il y a de quoi être un peu vexé. L’Histoire retiendra que l’Algérie aura été la première sortie maghrébine du président français (ce qui, au passage, fait une belle jambe aux Algériens, mais passons). Cette prééminence, on vous l’agitera sous les yeux, une manière comme une autre de vous faire bisquer sans avoir à parler du Sahara… Vous savez, la fameuse smata algérienne…

Espoir d'une nouvelle dynamique franco-algérienne

Ajoutez à cela que l’on peut décemment considérer cette visite officielle comme une réussite prometteuse. Bien sûr, tout n’est pas réglé mais l’espoir existe de voir naître une nouvelle dynamique franco-algérienne. Bref, c’est nous les Algériens «qu’on a» les faveurs de la France en ce moment.
Enfin, c’est une (double) façon de parler. En réalité, nous n’avons que les faveurs de l’emballement médiatique. Dans quelques jours, que dis-je, dans quelques heures, tout sera oublié, mes confrères journalistes de l’Hexagone s’intéresseront à autre chose (comme l’imminence de la fin du monde, par exemple) et l’Algérie et la France se réinstalleront dans leur train-train habituel en attendant la prochaine polémique ou le prochain bras d’honneur.
Car, c’est ainsi, on ne peut s’empêcher de se chamailler et de continuer à vouloir régler des comptes vieux d’un demi-siècle et plus.

Le Maroc demeure le préféré


Amis Marocains, si parmi vous, certains craignent que la France officielle ne se détourne de votre pays au profit du notre, empressez-vous de les rassurer. Le Royaume restera el-moufadal (le préféré). Dites-leur d’abord qu’on aura du mal à nous défaire de notre vilaine image. Que nous avons encore beaucoup de chemin à faire avant qu’un homme politique français n’ose dire qu’il aime l’Algérie et les Algériens.

L’Algérie attend encore son Jean-René Fourtou, grand patron déterminé à faire augmenter les investissements français au Maroc. Nous n’avons pas non plus l’équivalent en France de ce cercle d’influence pro-marocain dont vous disposez à droite comme à gauche.
Les femmes et les hommes politiques français nés au Maroc sont nombreux, fiers de le dire, contents d’y revenir et prompts à le soutenir en toute occasion. Ceux qui sont nés ou qui ont vécu en Algérie, sont tout aussi nombreux mais ils préfèrent parler d’autre chose. On sent leur gêne, leur envie de se dire d’ailleurs, à l’image de Jean-François Copé à qui il faut parler d’Algérie si l’on cherche à plus que le taquiner…

Il faut dire aussi qu’on y met du notre. Il y a dix ou vingt ans, on aurait pu essayer d’user du passé commun, même s’il a été en grande partie douloureux, pour faire naître de nouvelles connivences. Au lieu de cela, on continue à se dresser sur nos ergots dès lors qu’il s’agit de la France…

Le Maroc, une Algérie rêvée

Vous avez d’excellents lobbyistes, nous avons des spécialistes du nif (fierté) mal placé et chauvin. Vous savez éluder, on prend tout au premier degré surtout quand c’est Fafa (la France) qui parle. Il se passera encore beaucoup de temps avant que nous puissions accueillir des charters entiers de parlementaires, de chefs d’entreprises, d’acteurs ou de journalistes à la recherche d’un douillet dépaysement.
Vous avez La Mamounia et d’autres palaces, des riads à vendre ou à louer, les tagines et la pastilla, bref, un tout-plein d’avantages que même la victoire électorale de vos barbus ne remettra pas en cause.
Nous, c’est différent. Nos hôtels Pouillon tombent en ruine faute d’entretien et de touristes, l’ombre des promoteurs immobiliers plane sur nos Casbah sinistrées et, plus les années passent, et plus l’art de faire un bon méchoui se perd.
A bien des égards, de nombreux Français, vous savez ces officiels et officieux un brin paternalistes, voient dans le Maroc une sorte d’Algérie rêvée et vous avez l’intelligence et l’habilité de ne pas les contredire…

Votre tour, c'est royal

Viendra donc le temps de la visite de François Hollande chez vous. Vous sortirez le grand jeu et l’apparat. A Paris, on se battra comme des chiffonniers pour faire partie de la délégation présidentielle.
Il y aura des patrons du CAC 40 -des vrais, par leurs chargés des affaires publiques ou quelques autres seconds rangs -, des artistes, des journalistes, des modistes, des stars de la chanson et du sport. En clair: la totale royale.
Arrivé chez vous, le président normal, mais impressionné, vous dira à quel point les relations franco-marocaines sont solides, intenses, durables, denses et tout le tintouin. Il tombera amoureux du Maroc comme Chirac et Sarkozy avant lui.
A Alger, quelques moustaches frémiront, des mâchoires se serreront et il s’y dira que, décidément, vous savez y faire…

Akram Belkaïd
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mercredi 19 janvier 2011

Quand Libération épargne Mohammed VI

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La une du quotidien Libération du lundi 17 janvier 2011 a pour titre : Monde arabe, à qui le tour ? Six portraits de grands "amis de la démocratie" sont affichés :
- il y celui de Zine el-Abidine Ben Ali (photo barrée)
- Hosni Moubarak
- Abdelaziz Bouteflika
- Mouammar Kadhafi
- Bachar al-Assad
- le roi Abdallah II de Jordanie.

On ressent une certaine jubilation à contempler cette une et ses tristes mines. Mais il y a tout de même une gêne. Dans cette galerie, il manque un portrait, celui du roi Mohammed VI du Maroc. Pourquoi pas lui aussi ? Parce que c'est un roi ? Alors pourquoi la présence du bien discret Abdallah II ?

La raison est simple. L'exemple de la Tunisie n'a pas encore été suffisamment médité. Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération fait partie de ces journalistes qui nous expliquent que le "Maroc, ce n'est pas la même chose que la Tunisie ou l'Algérie". Il faut dire que les lobbyistes du royaume savent y faire. Dans quelques années, on se souviendra de cette une et on demandera à Joffrin pourquoi il avait ménagé MVI...
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