Lignes quotidiennes

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samedi 14 juillet 2018

Au fil du mondial (30) : Petite finale pour grands battus

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C’est le match qui nous signifie que la Coupe du monde de football est bientôt terminée. On l’appelle la « petite finale » ou encore la « finale pour la troisième place ». C’est une sorte d’apéritif pour la grande finale, la vraie, la seule qui compte. Cette rencontre nous fait donc patienter mais il est trop souvent difficile de se passionner pour elle. Après plusieurs jours de matchs couperet, on se retrouve soudain avec une opposition entre les deux grands perdants des demi-finales. L’enjeu n’est guère important, le rythme n’est pas le même. Souvent, c’est l’occasion pour les remplaçants qu’on a peu vu de tout le tournoi de jouer. On dirait presque un match amical…

De manière récurrente, on lit et entend que ce match pour la troisième place devrait disparaître, qu’il ne sert à rien, qu’il est responsable d’une soudaine baisse d’intensité qui crée une sorte de trou d’air avant la finale. D’ailleurs, remarque-t-on, l’UEFA a supprimé le match pour la troisième place de l’euro depuis 1984 (c’est la seule grande compétition qui ne désigne donc pas de troisième et de quatrième). Les arguments en faveur de la suppression de la petite finale tiennent la route mais la Coupe du monde de football ne serait tout de même pas ce qu’elle est sans ce match, aussi insipide soit-il.

Aujourd’hui, la victoire de la Belgique contre l’Angleterre (2-0) confirme que les « Diables rouges » étaient peut-être l’équipe la plus forte de ce tournoi. Un jeu offensif agréable à suivre, des joueurs tournés vers l’avant, une capacité rare à mener des contre-attaques : la médaille remportée par Hazard et les siens est un petit baume sur la blessure de mardi dernier. Mais, avouons-le, on s’est presque endormi devant l’écran (les spectateurs dans le stade aussi, la preuve, ils ont fait la ola…). Bien sûr, on a apprécié les deux buts, les offensives et combinaisons belges mais il y a fort à parier que ce match sera vite oublié d’ici quelques semaines (qui se souvient que les Pays-Bas ont battu le Brésil par trois buts à zéro lors de la petite finale de 2014 ou que les Croates ont battu les Néerlandais par 2 buts à 1 en 1998 ?).


En fait, ce match pour la troisième place est juste une occasion offerte aux éliminés des demi-finales de passer à autre chose. Se retrouver sur une pelouse permet de se concentrer de nouveau, de se dire que, finalement, la vie continue. Je regarde toujours avec attention le visage des joueurs dans le tunnel, avant qu’ils ne rentrent sur le terrain. Et je suis toujours étonné de les retrouver là même si certains visages restent marqués par la déception. Perdre une demi-finale de Coupe du monde n’est pas rien. C’est se dire qu’une occasion immense de jouer une finale (et de l’emporter) a été perdue. Et pourtant, il faut continuer. Le troisième obtient une médaille et un satisfecit. Le quatrième se dit que ce n’était pas son année mais que, tout de même, il y a une petite ligne inscrite à son palmarès (n’est pas quatrième de la Coupe du monde qui veut). Quant aux spectateurs, ils regardent le match d’un œil discret en pensant déjà au match du lendemain.
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